Certains superchargeurs Tesla situés en France rejoignent un programme pilote. Il ouvre les bornes de Tesla à tous les véhicules électriques, sans distinction de marque. Une bonne nouvelle pour les électromobilistes français, mais l’accueil est plus mitigé pour les propriétaires de Tesla.

Pendant que les propriétaires de véhicules électriques autres que Tesla se réjouissent de l’annonce, faite le 31 janvier 2022, de l’ouverture de superchargeurs français à tous, une forme d’inquiétude légitime s’élève chez les possesseurs de Tesla. Est-ce la fin de l’avantage concurrentiel qui séduisait tant les clients Tesla ?

Le constructeur américain ne brûle pour autant pas les étapes, car l’expérimentation n’est pour le moment limitée qu’à une quinzaine de stations de charge sur le réseau français. Cela reste une bonne manière pour vérifier que la cohabitation se passe bien, sans dégrader l’expérience de ses propres clients.

Où se déroule ce programme pilote ?

L’expérimentation a débuté aux Pays-Bas en novembre dernier. La Norvège et la France viennent juste de rejoindre ce programme de test. Pour la France, seules 16 stations superchargeurs, sur les plus de 100 disponibles sur le territoire, sont concernées par cette ouverture aux autres véhicules électriques :

  • Angoulême
  • Blois
  • Buchelay
  • Labouheyre
  • Laxou
  • Le Mans – Saint-Saturnin
  • Les Herbiers
  • Lorient
  • Montélimar
  • Montluçon
  • Perigueux
  • Rivesaltes
  • Salaise-sur-Sanne
  • Valenciennes
  • Vélizy
  • Vierzon
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Liste des superchargeurs ouverts aux non-Tesla. // Source : Tesla

Les stations sont réparties pour offrir un assez bon maillage sur le territoire. L’accès aux autres marques a été imaginé pour ne pas perturber les clients Tesla. Certaines stations semblent être suffisamment dimensionnées pour cela :

  • Vierzon : 36 bornes
  • Laxou : 28 bornes
  • Salaise et Vélizy : 20 bornes

Cependant, d’autres superchargeurs listés sont eux de taille plus modeste, avec parfois seulement 8 bornes à disposition. Un choix qui soulève l’inquiétude des habitués de ces points de charge, avec le risque de voir ces stations engorgées, et d’y trouver des véhicules tiers bloquant plusieurs places pour s’y recharger.

Le casse-tête du positionnement des trappes de recharge

Toutes les Tesla disposent du même emplacement pour la prise de recharge, les bornes et stationnements des superchargeurs ont donc été pensés pour répondre au besoin spécifique de la marque américaine.

En ouvrant les superchargeurs aux autres véhicules, se pose la question de l’adaptabilité de ces bornes aux autres modèles, dont la prise de recharge peut aussi bien se situer : à l’avant (sur un côté de la calandre, sur le capot, sous le logo du constructeur), à l’arrière (à droite ou gauche du pare-chocs), sur les ailes avant (gauche ou droite), ou ailes arrières (gauche ou droite).

Avec ces multiples combinaisons, le constat est simple : les bornes Tesla ne sont pas adaptées à l’ensemble des véhicules. Le positionnement de la borne et surtout la longueur du câble vont poser problème pour certains véhicules qui pourraient être tentés d’immobiliser deux places de stationnement pour charger.

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Recharge sur borne Ionity. // Source : Raphaelle Baut pour Numerama

Les conditions d’utilisation mentionnent pourtant ceci : « L’architecture de certaines stations Superchargeur peut ne pas convenir à certains véhicules. Veuillez ne pas gêner les autres véhicules en vous garant sur les lignes si le câble ne peut pas atteindre aisément votre véhicule. » Il faudra attendre pour voir si les utilisateurs d’autres marques sauront être disciplinés pour ne pas déranger les autres usagers. C’est en tout cas la crainte des conducteurs de Tesla à l’heure actuelle.

Le temps d’occupation des bornes en question

D’autres clients Tesla soulèvent également la question de la durée de charge de ces véhicules électriques. L’expérimentation est réservée aux véhicules se branchant en combo CSS, mais les vitesses de charge sont inégales en fonction des modèles. Les possesseurs de Tesla s’inquiètent donc de voir les bornes occupées plus longtemps par des véhicules tiers.

C’est une préoccupation légitime, quand on sait que sur certains axes, lors des grands départs, la multiplication des Tesla (Model 3 et Model Y) arrive à saturer certains superchargeurs avec des attentes dépassant parfois une demi-heure avant de se brancher. Imaginez alors si d’autres marques de véhicules électriques viennent s’ajouter sur ces points de congestion.

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Un superchargeur de Tesla. // Source : Wikimedia Commons

Un avantage concurrentiel qui disparaît

Les Tesla ont de nombreuses qualités (et défauts), mais une des forces de la marque a toujours résidé dans son réseau de recharge exclusif. Certains clients désabusés par la marque et son SAV pourraient être tentés de revenir vers des constructeurs traditionnels s’ils peuvent, à terme, espérer bénéficier du réseau de superchargeurs Tesla.

Surtout que le tarif proposé sur le réseau Tesla est plus concurrentiel dans certaines situations que ceux de réseaux concurrents (Ionity, Fastned ou Total), et ce, malgré un abonnement mensuel à 12,99 €. Pas de carte RFID à présenter, tout se passe alors par l’application smartphone Tesla, un autre atout qui pourrait faire du tort aux opérateurs concurrents et ramener alors trop de nouveaux véhicules vers le réseau Tesla.

Il sera intéressant de connaître les résultats de ce programme pilote dans quelques mois, en attendant Frandroid a synthétisé les informations à connaître sur cette expérimentation Tesla.