Tesla a lancé son Model Y en France. On a pu essayer le SUV 100 % électrique dérivé de la Model 3. Et on le préfère à la berline pour deux points essentiels : le coffre à hayon et le confort en plus.

Les livraisons du Tesla Model Y ont enfin débuté en France. Pour la société d’Elon Musk, il s’agit d’une nouvelle étape de développement importante. Le Model Y est dérivé de la Model 3, la plus abordable de la gamme (voir notre guide du catalogue Tesla). Lui aussi est donc pensé pour offrir un rapport qualité/prix compétitif — là où la Model S et le Model X visent un public (beaucoup) plus fortuné. Le Model Y vient par ailleurs élargir la clientèle de Tesla, en se positionnant dans une catégorie très prisée en ce moment : celle des SUV.

La commercialisation du Model Y a débuté en Europe (grâce à des exemplaires importés de Chine, en attendant l’inauguration de l’usine en Allemagne).  À cette occasion, Numerama a pu essayer le SUV pendant toute une journée. Voilà nos premières impressions sur cette voiture 100 % électrique, dont l’aspect plus familial n’inhibe pas le plaisir de la conduite. Un vrai tour de force.

Un gros Model 3 ou un petit Model X ?

Le Model Y et la Model 3 partagent leur architecture à 75 %. SUV oblige, le Model Y est plus massif que la berline. Et si on a l’habitude de le ranger dans les véhicules compacts, en réalité, il est plus long qu’un Peugeot 2008 (4,75 contre 4,3 mètres). C’est en quelque sorte un « petit Model X ». Le véhicule est plus musclé que la Model 3 — en témoigne le diffuseur arrière plus sculpté — et doté de jantes de 20 pouces. Des caractéristiques qui lui confèrent plus de caractère et de prestance.

Si les lignes sont similaires, Tesla a relevé plusieurs éléments pour appuyer le côté SUV. L’arrière paraît également plus court, mais c’est une illusion d’optique. En hauteur, le Model Y gagne 18 centimètres en tout (avec une garde au sol relevée de 2 centimètres). Des finitions en noir mat ont remplacé le chromé plus tape-à-l’œil.

Model Y Model 3

Surtout, le Model Y est équipé d’un coffre avec un hayon, ce qui change absolument tout en termes d’espace de rangement. Les chiffres sont sans équivoque : quand la Model 3 se contente d’un volume de 425 litres, le SUV grimpe à 854 litres (volume qui peut encore grimper en baissant les sièges). Avec cette polyvalence, on imagine sans problème une famille avec des enfants en bas âge se tourner vers le Model Y. Le SUV n’aura aucun mal à accueillir des courses, une poussette, et tous les sacs dont on a besoin quand on doit transporter un ou plusieurs bébés. Même le coffre à l’avant est plus grand, avec une capacité quasi doublée — suffisante pour accueillir un petit bagage.

À l’intérieur, la partie avant ne change quasiment pas. Les sièges ont été relevés d’une dizaine de centimètres (ce qui renforce l’impression de hauteur derrière le volant). La planche de bord, épurée, affiche un écran regroupant les informations liées à la conduite (vitesse…) et à l’infodivertissement. Et comme le Model Y est voiture une Tesla, il hérite de toutes les fonctionnalités qu’on avait saluées sur la Model 3. À l’arrière, le confort est excellent : malgré mon 1m80, mes genoux ne touchent pas le siège avant. La surélévation me permet même d’allonger un peu les jambes, en glissant les pieds en dessous. Et le toit panoramique intégral en verre du Model Y (coupé sur la Model 3) offre une luminosité très agréable.

Tesla Model Y // Source : Louise Audry pour Numerama
Tesla Model Y // Source : Louise Audry pour Numerama
Tesla Model Y // Source : Louise Audry pour Numerama
Tesla Model Y // Source : Louise Audry pour Numerama
Tesla Model Y // Source : Louise Audry pour Numerama

Une conduite vraiment plus confortable à bord du Model Y ?

Tesla nous a confié un Tesla Model Y Grande Autonomie, qui est loin d’être le plus véloce de la gamme (le 0 à 100 km/h est englouti en 5 secondes). On le ressent dès les premiers mètres : plus lourd de 150 kilogrammes (par rapport à la Model 3), le SUV a un peu plus de mal à s’élancer. Rien de très gênant, la nature 100 % électrique du véhicule lui assurant tout de même une disponibilité du couple immédiate et une accélération fluide. Le Model Y fait donc vite oublier ses départs plus poussifs, d’autant qu’il s’appuie sur de belles reprises à des vitesses plus élevées (un vrai point fort lors des dépassements sur les voies rapides).

Tesla Model Y // Source : Louise Audry pour Numerama

Les conditions étaient loin d’être idéales pendant notre essai. Il a plu beaucoup à certains moments, et le trajet a  été rythmé de plusieurs fortes rafales de vent. Malgré cela, ce Model Y de 2 tonnes était à son aise. Ce comportement très stable est non seulement agréable, mais il renforce la sécurité du modèle.

Ne croyez pas pour autant que ce SUV manque de dynamisme. Une fois la direction réglée sur l’option confort (au-dessus, c’est un peu trop rigide, presque caricatural), on a l’impression de flotter dans les airs — le centre de gravité est forcément un peu plus haut. On note par ailleurs une belle inscription dans les virages, ce qui plaira à celles et ceux qui aiment accélérer en prenant la corde. En termes d’agilité, le Model Y ne déçoit pas.

Tesla Model Y // Source : Louise Audry pour Numerama

Sur la consommation, le Model Y s’en sort très bien pour un véhicule à la fois lourd et imposant. Au terme de notre trajet reliant Chambourcy à Fontainebleau (une centaine de kilomètres, avec une majorité de voies rapides), le SUV a consommé entre 17 et 18 kW pour 100 kilomètres. L’autonomie est donnée pour 507 kilomètres selon le cycle WLTP. On l’évalue plutôt à 400/450 kilomètres, ce qui ne sera jamais un problème avec le réseau de bornes de Tesla. La Model 3 fait mieux (moins de 16), mais la signature aérodynamique est différente et plus favorable à l’efficience. En prime, notre Model Y était chaussé de jantes moins économes (les 20 pouces).

Tesla Model Y // Source : Louise Audry pour Numerama

Comparaison entre la Model 3 et la Model Y (Grande Autonomie) :

Model 3 Model Y
Autonomie (WLTP) 614 km 507 km
Accélération (0-100 km/h) 4,4 s 5 s
Vitesse maximale 233 km/h 217 km/h
Prix (hors bonus) 52 990 € 59 990 €

Reste quelques bémols, notamment la visibilité extérieure, réduite par ce pare-brise arrière trop plongeant. Tesla a privilégié la beauté du design, à l’ergonomie. Il s’en défend en vantant les caméras situées à l’arrière, mais leur usage n’est pas évident pour tout le monde. Il y a aussi la question du prix. Tesla ne propose chez nous de version plus entrée de gamme, comme il le fait en Chine. On se retrouve donc avec un tarif de départ à 59 990 €, qui permet de bénéficier du bonus écologique (si on ne prend aucune option) mais reste loin des 43 800 € de la Model 3. Sur des prestations équivalentes, selon le dessin de la gamme Tesla, 7 000 € séparent les deux voitures.

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