Une affaire judiciaire opposant un ancien salarié de Tesla et le constructeur automobile s'est achevée sur un accord obligeant le premier à verser 400 000 euros au second. L'ex-employé avait fait des révélations à la presse sur le fonctionnement d'une usine de production au Nevada.

Ce n’est certainement pas l’issue qu’espérait Martin Tripp lorsqu’il s’est lancé dans la divulgation d’informations confidentielles sur les soucis de production de Tesla. Son initiative, démarrée en 2018, s’est en effet terminée devant les tribunaux, avec à la clé un accord relayé par Bloomberg le 1er décembre, l’obligeant à dédommager le constructeur automobile à hauteur de 400 000 dollars, plus 25 000 dollars pour une affaire semblable.

Martin Tripp avait rejoint l’usine de Tesla située dans le Nevada en octobre 2017 en tant que technicien industriel. Déplacé en mai 2018 à un autre poste, car il aurait rencontré des problèmes relationnels avec ses collègues et n’aurait pas été suffisamment performant, l’intéressé a par la suite confié à des journalistes des problèmes de production sur l’un des modèles de Tesla, le Model 3.

Détail de l’avant de la Tesla Model 3. // Source : Louise Audry et Julien Cadot

Deux ans de procès

Si l’intéressé s’est présenté plutôt comme un lanceur d’alerte, Tesla l’a perçu au contraire comme un saboteur. Car en plus d’affirmer que Tesla ne serait pas capable de tenir les seuils de production annoncés publiquement par Elon Musk, il a aussi été accusé d’avoir dérobé des données confidentielles et de multiplier les confidences et les critiques, sur la fiabilité des batteries ou la quantité de déchets issus des usines.

Une action en justice a été enclenchée en juin 2018 contre lui, suivie quelques semaines plus tard par la contre-attaque judiciaire de Martin Tripp. S’il a revendiqué les alertes sur les batteries ou les déchets, il a rejeté les reproches de piratage d’ordinateurs pour collecter des informations sensibles et d’en avoir exagéré ou falsifié certaines. Il a aussi rejeté le fait qu’il soit soumis à des clauses de confidentialité.

Plus de deux ans après les faits, l’affaire touche manifestement à sa fin. Licencié dès 2018, Martin Tripp a fini par reconnaitre, dans le cadre de l’accord, avoir enfreint la législation en matière de secrets commerciaux et d’accords de confidentialité. Quant aux tentatives de riposte judiciaire de Martin Tripp, elles n’ont pas eu d’effet, à l’image du rejet de la plainte visant Elon Musk, le fondateur de Tesla, pour diffamation.

Crédit photo de la une : Louise Audry et Julien Cadot

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