Des tests de connectivité entre des avions et le réseau satellitaire Starlink ont lieu aux États-Unis. Objectif à long terme : fournir un service d’accès à Internet par Wi-Fi dans les avions.

À quoi peut bien servir Starlink ? À fournir un accès à Internet dans des endroits du monde où les réseaux de télécommunications sont absents ou insuffisants. C’est la réponse la plus évidente et c’est sur ce segment que le service conçu par SpaceX se positionne en priorité. Au lieu d’avoir une box classique, on utilise le kit de connexion Starlink, avec une parabole sur le toit.

Starlink veut fournir de l’Internet en déplacement

Mais il y a tout un autre créneau que désire manifestement occuper SpaceX avec son service d’accès à Internet par satellite : la connectivité en déplacement. On a ainsi entendu parler d’un service de Wi-Fi pour les camions, les bateaux, mais aussi sans doute les trains et les avions. Le secteur aérien, en particulier, intéresse fortement la compagnie américaine.

Aujourd’hui, les lignes aériennes fournissent déjà des prestations à bord des avions pour permettre aux voyageurs et voyageuses de se connecter au net. C’est le cas d’Air France par exemple. C’est ainsi très pratique pour tuer le temps sur des vols long-courriers, si on a terminé son roman ou si l’on a fait le tour du catalogue vidéo.

Malgré des compagnies aériennes qui sont déjà équipées et ont établi des accords avec certains opérateurs de satellites, comme Viasat, SpaceX entend faire son trou. À l’été 2021, on apprenait ainsi que des discussions étaient engagées avec plusieurs acteurs du secteur aérien. Ceux-ci n’étaient alors pas nommés. Aujourd’hui, il apparaît que l’un d’eux s’appelle Delta Air Lines.

avion delta aviation
La compagnie Delta Air Lines participe aux tests. // Source : Glenn Beltz

Le Wall Street Journal a rapporté dans son édition du 18 avril 2022 que Starlink a fait l’objet de tests en conditions réelles à bord d’une fraction de la flotte de l’avionneur américain. Le régulateur aux États-Unis a autorisé ces essais, mais il faudra que SpaceX obtienne un feu vert spécifique pour ouvrir commercialement le service outre-Atlantique.

Dans le cas où SpaceX et certaines compagnies aériennes souhaiteraient proposer un service Wi-Fi sur des liaisons internationales, il faudrait que toutes les parties concernées vérifient les dispositions réglementaires des pays d’arrivée et de destination, et, selon les cas de figure, obtiennent les autorisations nécessaires.

Apporter une connexion Internet dans un transport se déplaçant à haute vitesse est une prouesse technique et un sacré défi : c’est un chantier déjà significatif dans le ferroviaire, y compris pour des trains qui ne circulent « que » à 200 km/h : il faut que toute la voie soit couverte avec des antennes-relais réparties à intervalles réguliers afin d’avoir une liaison continue.

C’est au même type de challenge que fait face le transport aérien : des avions se déplaçant à près de 10 000 mètres d’altitude, entre 800 et 950 km/h en vitesse de croisière, parfois au-dessus de vastes étendues océaniques. Il faut alors pouvoir compter sur un fort maillage de satellites pour que l’on puisse garder le signal en accrochant un satellite, puis un autre, et ainsi de suite.

Outre la stabilité du signal, qu’il faut parvenir à conserver tout au long du vol, il y a la question de la capacité permise par le service : il sera plus difficile de proposer un débit de qualité si tous les passagers se connectent à Netflix en plein vol au lieu de faire de la simple navigation sur le web. Les prétentions de Starlink en matière de débit risquent alors d’être fortement challengées.