Tous les quatre ans a lieu un événement que les mineurs et les adeptes de bitcoin attendent : le halving. Protocole inscrit dans le code du bitcoin, il détermine en grande partie le futur de la cryptomonnaie – et participe à la fluctuation des prix.

Beaucoup de grands évènements ont lieu tous les quatre ans : que ce soit l’Euro de football, les années bissextiles, ou encore les Jeux olympiques d’été, beaucoup de fans attendent à chaque fois avec impatience la prochaine édition. Pour les mineurs et les adeptes de cryptomonnaies, il s’agit du halving du bitcoin.

Depuis la création du bitcoin, en 2008, il n’y a eu que 3 halvings, dont le dernier en mai 2020. Bien que ce soit une pratique assez nouvelle, le halving marque à chaque fois le monde des cryptomonnaies, et les périodes qui les précèdent sont l’occasion de spéculer et de se questionner. Parce que chaque halving est un évènement d’une signification particulière, qui rappelle que les mineurs se rapprochent chaque jour un peu plus de la fin des bitcoins.

Qu’est-ce que le halving ?

Halving, en anglais, veut dire la division par deux. Et c’est exactement ce qu’il se passe.

Les mineurs reçoivent un nombre déterminé de bitcoin en récompense de leur travail sur la blockchain et du minage d’un nouveau bloc. Cette somme a été fixée dès la conception du bitcoin par Satoshi Nakamoto. Au tout début du bitcoin, un mineur recevait 50 bitcoins pour chaque nouveau bloc. Mais cette situation a depuis changé :  lors du premier halving, en 2012, la recompense accordée aux mineurs est passée à 25 bitcoins. En 2016, lors du deuxième halving, elle est passée à 12,5.

Depuis le dernier halving de 2020, les mineurs ne reçoivent « que » 6,25 bitcoins pour chaque nouveau bloc. Lors du prochain halving, qui doit avoir lieu en 2024, la rémunération passera à 3,125 bitcoins, et ainsi de suite.

Pourquoi avoir mis ce système de halving en place ?

Contrairement à la monnaie classique, le bitcoin a un nombre fixe d’unités : il a été décidé qu’il n’y aurait que 21 millions de bitcoins produits. C’est cette particularité qui en fait une denrée rare, comme l’or : il y a une limite. Et une fois qu’elle sera atteinte, il n’y aura plus jamais de nouveau bitcoin miné.

C’est cette notion de rareté qui confère à un produit ou à un métal sa valeur. C’est pour réussir à conférer cet aspect au bitcoin que Satoshi Nakamoto a décidé d’instaurer une limite au bitcoin, pour créer de la valeur. Cette limite de bitcoin a été insérée dans le code de la blockchain, et ne pourra jamais être transgressée.

Il a été calculé que cette limite devrait être atteinte en 2140, mais la date exacte à laquelle le dernier bitcoin sera produit n’a pas encore été définie. Pour l’instant, un peu plus de 18 millions de bitcoins ont été minés, soit plus de 88,3% du total. Et à chaque halving, il va devenir plus difficile de produire un bitcoin, ce qui entretient la longévité de la blockchain — au moins jusqu’en 2140.

Pourquoi 21 millions ?

La somme de 21 millions de bitcoins a été choisie par Satoshi Nakamoto – et il n’a jamais expliqué pourquoi ce nombre avait été choisi. Cependant, des experts ont conclu qu’il y avait deux hypothèses très probables.

La première suppose que Satoshi Nakamoto a choisi ce nombre car, en 2009, le nombre d’argent total en circulation dans le monde était de 21 trilliards de dollars. En espérant que le bitcoin devienne un jour la monnaie de base pour le monde, un bitcoin aurait alors une valeur fixe, correspondant à 1 million de dollars.

L’autre hypothèse se base sur le temps nécessaire pour miner un bloc. Les paramètres du bitcoin font aujourd’hui qu’un bloc est miné approximativement toutes les dix minutes, grâce à un protocole qui ajuste la difficulté. Le nombre de 21 millions correspondrait du coup à une logique mathématique, appliquée simplement pour une question de commodité.

Comment se déroule le halving en pratique ?

Le halving est inscrit dans le code. Il a été prévu qu’il intervienne tous les 210 000 blocs. Un bloc étant créé toutes les 10 minutes, les experts ont calculé que le prochain halving devrait avoir lieu au printemps 2024 – mais personne n’a de date exacte pour l’instant.

Concrètement, le halving ne change rien à la production en elle-même de bitcoin. La différence sera pour le mineur qui produit le 210 001ème bloc et les suivants, qui recevront seulement 3,125 bitcoins en récompense au lieu des 6,25 bitcoins habituels.

Le halving étant inscrit dans le code du bitcoin, il n’y a rien de particulier à faire ou à organiser : il se déroule tout seul.

Quelles conséquences sur le bitcoin ?

Les conséquences du halving sur le cours du bitcoin ne se font pas nécessairement sentir immédiatement après, mais elles sont bien réelles. Le site spécialisé Investopedia explique que les halvings ont toujours correspondu à des moments de forte hausse dans le prix du bitcoin. Cette tendance est d’ailleurs assez logique : le nombre de bitcoins produits devient plus rare, ce qui ne fait qu’augmenter sa valeur.

« Le premier halving, qui a eu lieu en novembre 2012, a entrainé le cours du bitcoin, qui est passé de 12 dollars à 1 207 dollars en un an. Le deuxième halving s’est produit en juillet 2016, lors que le cours stagnait autour de 650 dollars, et un an plus tard, le bitcoin connaissait son premier pic et atteignait le prix record de 16 000 dollars ». Et le dernier halving a eu lieu en mai 2020, quelque mois seulement avant que le bitcoin ne batte son précédent record et se hisse à plus de 63 000 dollars.

Qu’est-ce que le halving du bitcoin, et pourquoi est-ce si important ?

Le changement dans le cours du bitcoin après les halving

Source : CoinMarketCap

Que se passera-t-il quand il n’y aura plus de bitcoin ?

Si le seul intérêt des mineurs à produire de nouveaux blocs et à s’assurer de l’intégrité de la blockchain est de recevoir une rémunération en bitcoin, que va-t-il se passer lorsque plus aucun bitcoin ne sera produit ?

Bien que cet évènement ne soit pas attendu avant 2140, de nombreuses personnes se sont déjà penchés sur le sujet, car c’est un enjeu capital. La solution envisagée, pour l’instant, sera de rémunérer les mineurs pour s’assurer du bon fonctionnement de la blockchain. Comme des frais de maintenance, en quelque sorte.

Pour l’instant, les mineurs touchent d’ores et déjà des frais de transactions à chaque fois qu’une opération est inscrite sur la blockchain. Ces frais ne correspondent qu’à une toute petite partie de leurs revenus, mais dans le futur, ils pourraient très bien en représenter la totalité, ce qui ne manquerait pas de faire gonfler les prix.

Est-ce que les autres cryptomonnaies ont des halvings ?

Qu’en est-il des autres cryptomonnaies ? La situation est variée.

L’Ethereum, la deuxième cryptomonnaie la plus populaire derrière le bitcoin, n’a pas de nombre d’unités fixé. Pour l’instant, il n’y a donc pas vraiment besoin d’instaurer un halving – mais cela veut aussi dire que les récompenses pour les mineurs fluctuent. Leur valeur varie généralement entre 2 ETH et 2,5 ETH, mais cela n’a pas toujours été le cas. Jusqu’en 2018, la création d’un bloc était récompensée par 3 ETH, avant que des mineurs ne décident de baisser volontairement la rémunération – afin de faire augmenter le prix de l’ethereum. Depuis, sur la plateforme Ethereum Improvment Proposals, un utilisateur a même suggéré de faire baisser graduellement le prix jusqu’à 1 ETH.

Mais d’autres cryptomonnaies ont un nombre d’unités fixé. Pour le Monero, la limite est fixée à 18,9 millions; et la monnaie a mis en place un système de réduction graduelle de la rémunération au fil du temps – un changement moins brutal que celui du bitcoin.