Les prochains iPhone seront un peu plus verts. C'est la promesse d'Apple qui se félicite que de plus en plus de ses fournisseurs tournent désormais à l'énergie renouvelable. Une bonne nouvelle qui souligne aussi le besoin de remonter encore plus haut dans la chaîne de production pour laisser respirer la planète.

Apple passe la seconde en termes d’écologie. Voire, la troisième. Après avoir converti tous ses bureaux, ses Apple Store et ses fermes de serveurs à l’énergie renouvelable, l’entreprise californienne va aider ses fournisseurs dans le monde entier à adopter des stratégies plus respectueuses de l’environnement. Le but étant toujours d’arriver à construire des produits écologiquement neutres d’ici à 2030.

Afin d’en arriver là, Apple veut donc transformer toute la chaîne de production et vient d’annoncer que 110 de ses fournisseurs vont basculer vers une production de produits Apple soutenue à 100 % par des énergies renouvelables. Cela permettra de réduire l’empreinte carbone de l’industrie de 15 millions de tonnes métriques de CO2 par an, soit l’équivalent de «  3,4 millions de voitures en moins sur les routes chaque année », se félicite la marque.

4,7 milliards de dollars d’investissement

Pour venir compléter l’immense parc éolien qu’Apple a construit au Danemark, l’entreprise va fournir à ses partenaires à travers le monde des ressources et des conseils de spécialistes pour adopter une stratégie zéro carbone, autrement plus efficace sur le papier qu’une « compensation  ». En Chine, Apple a créé un fonds d’investissement dédié qui a permis de produire 1 gigawatt d’énergie propre, et en Californie le fabricant d’iPhone s’est engagé à construire une immense ferme de batterie qui sera dédiée au stockage d’énergie renouvelable. Ce projet promet de fournir assez d’énergie pour alimenter les besoins quotidiens de « 7 000 foyers ».

Pour alimenter son siège social de Cupertino, Apple fait appel à des panneaux solaires // Source : Apple

Ces efforts sont le fruit des 4,7 milliards de dollars d’investissements « vert » promis par Apple en 2019. Avec une stratégie globale et des fonds virtuellement illimités, Apple semble se substituer au rôle des États pour encourager une économie plus verte. Mais reste encore une étape a améliorer avant d’atteindre la vraie neutralité carbone.

Le problème de terres rares

Cette étape, c’est le délicat sujet de l’exploitation des terres rares, phase indispensable à la production de nos gadgets électroniques. Apple recycle certes une partie des matériaux issus de ses anciens appareils, mais l’entreprise est loin d’avoir atteint « un approvisionnement composé à 100 % de matériaux recyclés » comme elle souhaite.

En témoigne la déclaration de Lisa Jackson, directrice des politiques du groupe qui affirmait simplement en octobre dernier à propos de l’iPhone que « pour la première fois, nous utilisons 100 % de terres rares recyclées dans tous les aimants, y compris la nouvelle caméra ». Le reste des matériaux n’a pas été mentionné, et pour cause : selon iFixit 99 % des terres rares employées dans nos appareils électroniques ne peuvent pas être recyclés pour le moment.

« Il n’est pas possible de produire un téléphone neuf à partir d’un ancien », assène sèchement le spécialiste de la réparation qui plaide pour une logique de réparation plutôt de recyclage. Et au vu des notes de réparabilité des iPhone, même quand elles sont plus hautes que la moyenne des smartphones d’après iFixit, on est encore loin de l’idéal écologique — bien plus difficile à atteindre que celui, tout aussi important et urgent, de la neutralité carbone.

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