En 2020, il y a fort à parier que les simulateurs de vols attireront de nouveaux adeptes avec la sortie du nouveau Flight Simulator. Généralement, quand on prend goût à ce type de jeux, on souhaite renforcer l'immersion par des accessoires « HOTAS ». Chance : pour les avions, le choix ne manque pas. Ce guide vous permettra de faire vos premiers pas dans cet univers, sans forcément payer trop cher.

La licence Flight Simulator de Microsoft a traditionnellement réussi à joindre deux idées assez éloignées : son utilisation par des professionnels et pilotes et un accès grand public. Des titres comme X-Plane 11 ou P3D n’ont, pour leur part, que travaillé la simu. La prochaine version du jeu, éblouissante dans ses premières vidéos de gameplay, n’échappera pas à cette règle — son intégration dans le Game Pass, forfait grand public pour accéder à un catalogue de jeux vidéo, en témoigne. On peut donc compter sur Flight Simulator 2020 pour offrir du plaisir aux amatrices et amateurs souhaitant s’envoler à la manette Xbox tout comme aux pilotes et formateurs qui retrouveront toute la subtilité et la complexité du pilotage des avions.

Pour ces derniers, et toute personne souhaitant se rapprocher de l’aspect simulation, une expérience totale passe par un investissement dans du matériel adéquat. En 2020, le format joystick, ou HOTAS pour « hands on throttle-and-stick », se retrouve dans de très nombreuses gammes, pour des budgets différents. Vous trouverez les meilleurs dans ce guide. Notez que les simulateurs de vol étant des outils pensés pour les professionnels, l’intercompatibilité des différentes marques et accessoires est souvent possible. N’hésitez pas à combiner les produits pour créer le système qui vous convient le mieux.

Les valeurs sûres

Logitech G Saitek Pro Flight Yoke System

Yoke & Throttle // Source : Logitech

Le manche à volant (yoke dans le jargon très anglais de l’aéronautique) et la manette des gaz de Logitech, qui a racheté Saitek il y a peu, sont une référence. Vous la trouverez dans des écoles de pilotage et chez de nombreux particuliers pratiquant la simulation de vol. Pour un prix mesuré (150 € au moment où ces lignes sont écrites), vous aurez un manche complet, reproduisant assez fidèlement ce que l’on trouve dans de nombreux avions, des petits biplaces de formation aux classiques Cessna, jusqu’aux Boeing. Quelques boutons en façade vous permettront d’assigner les commandes de vol principales.

La manette des gaz en trois sticks est aussi particulièrement réaliste. Elle vous permettra de gérer individuellement la puissance des réacteurs et le mélange, composant souvent oublié des systèmes HOTAS plus typés science-fiction. Elle ajoute en plus 6 boutons paramétrables, ce qui devrait vous permettre de faire la plupart des fonctions de la checklist  de décollage ou d’atterrissage sans avoir à toucher le clavier ou la souris.

C’est un système que l’on recommande pour toutes les simulations de vol et qui conviendra à quiconque souhaite se lancer pour la sortie de Flight Simulator.

Thrustmaster T.16000M

Thrustmaster T.16000M // Source : Thrustmaster

Le concurrent Thrustmaster propose quasiment la même formule que Logitech, mais avec un joystick à la place du volant. Contrairement à l’imagerie populaire, ce format n’est pas majoritairement répandu dans les avions civils. Sans être pour autant absent : un Airbus se pilote au joystick, placé à gauche du pilote et de petits avions ont un joystick central. La proposition de Thrustmaster conviendra également tout à fait aux simulations d’avions militaires et aux jeux de vaisseaux spatiaux, qui utilisent tous ce type de commande.

En plastique, donc nécessairement un peu légers, comme les Logitech déjà cités, le joystick et la commande des gaz sont toutefois très robustes et d’excellente facture. On regrette peut-être la commande en un seul bloc qui ne permettra pas de gérer finement les différents composants liés à la poussée d’un avion civil. En revanche, à l’arrière de la commande, Thrustmaster a ajouté un simili-palonnier qui pourra agir sommairement sur la gouverne — ce que l’on fait aux pieds d’habitude.

Pour marquer le coup d’une année bénite avec un Flight Simulator au programme, Thrustmaster s’est associé à Airbus pour créer une version officielle de son HOTAS. Elle coûte un peu plus cher, mais est un poil plus réaliste que la version classique, plus typée science-fiction.

L’équipement pour se perfectionner

Honeycomb Aeronautical Alpha Yoke

Honeycomb Aeronautical Alpha Yoke // Source : Honeycomb

Si vous cherchez du luxe, Honeycomb en a à revendre. Le volant sur le manche avec un jeu de boutons est incroyablement agréable à utiliser. Son retour de force est très réaliste et donne vraiment l’impression de piloter un avion. La conception est robuste et le panneau rétroéclairé permet de jouer dans le noir en ayant les références visuelles à portée d’œil. La forme des deux sticks tient très bien en main et vous pourrez sans problème lâcher l’un des deux pour utiliser d’autres commandes.

Lourd et plutôt large, le volant de Honeycomb vous demandera un peu d’espace sur votre bureau. Il vient avec un système de fixation double : un film plastifié collé au-dessous du bloc crée une succion, que vous pouvez renforcer avec des cales en métal à visser. C’est clair, il ne bougera pas. Si vous vous prenez de passion pour la simulation de vol, l’Aeronautical Alpha possède des attaches standards pour ajouter des accessoires, de la plupart des marques. Comme cet ensemble d’instruments.

Peut-on regretter une chose ? Oui, que la commande des gaz ne soit pas encore disponible. Il faudra attendre décembre pour la Bravo Throttle Quadrant, mais si elle suit la qualité du manche, on saura quoi s’offrir en fin d’année.

Thrustmaster Warthog Dual Throttle

Thrustmaster Dual Throttle // Source : Thrustmaster

Si vous ne pouvez pas attendre la sortie de la commande des gaz Honeycomb, mais que vous souhaitez tout de même avoir des finitions haut de gamme sous les doigts, vous pouvez vous tourner vers la gamme Warthog de Thrustmaster. Certes, on se retrouve avec des composants inspirés des avions militaires, mais difficile de faire mieux dans cette gamme de produits de luxe qui restent adaptés à un usage grand public. Si le joystick vous plaît plus que le yoke, vous pourrez y associer celui de la même gamme, en économisant un peu sur le prix total.

Le problème avec la simulation de vol, c’est que si vous y prenez goût et souhaitez monter en gamme, les budgets flambent. On ne peut pas décemment vous conseiller une commande des gaz de Virtual Fly à plus de 1 000 € pour un premier achat, ou la mentionner dans un tel guide. Si vous tombez un jour sur un modèle de ce genre, c’est que vous n’aurez déjà plus besoin de nous pour vous faire votre avis.

Thrustmaster TPR

Thrustmaster TPR // Source : Thrustmaster

Bien sûr qu’il vous faut un palonnier si vous souhaitez monter en gamme dans la simulation de vol. Après le joystick et la manette des gaz qui suffiront amplement pour découvrir les joies de la pratique, les commandes aux pieds sont idéales pour parfaire l’expérience. Le Thrustmaster TPR est à la limite du caprice, car son prix est déjà élevé, mais vous aurez sans aucun doute l’un des meilleurs palonniers du moment.

Réglable à souhait et tout en métal, il reproduit assez fidèlement les pédales d’un avion, qui servent aussi bien à orienter la gouverne qu’à freiner. Les deux mouvements sont possibles et l’intensité que vous aurez à mettre dans vos gestes est réglable, tout comme l’inclinaison des pédales. Les 7 kg de l’engin vous permettront de l’utiliser sans trop le faire bouger, ce qui est chouette. Les plus pointilleux, qui ont évidemment construit un cockpit dans leur sim room, pourront le fixer au sol.

Pour compléter un équipement s’il ne vous reste plus trop d’argent après les commandes principales, vous pourrez idéalement vous rabattre vers le modèle TFRP du même constructeur, moins robuste et moins réaliste, mais suffisant pour commencer un pilotage haut de gamme. Il ne coûte qu’une centaine d’euros.

Vous avez des questions ? On a des réponses

Joystick HOTAS ou manette pour un simulateur de vol ?

Quand Flight Simulator sortira en août, de nombreux joueurs et joueuses découvriront peut-être pour la première fois un jeu de simulation spatiale. Car depuis Flight Simulator X, sorti en 2016, il fallait déjà a priori apprécier le genre pour se lancer dans des titres forts complexes comme X-Plane ou P3D. Et de nombreuses personnes n’auront donc pas tout l’attirail détaillé dans ce guide.

Ce n’est pas si grave. Un simulateur de vol peut être joué entièrement au clavier et à la souris, tout comme il peut être pris en main avec une manette de console traditionnelle. La réponse vaut aussi pour les jeux d’exploration ou de combat spatiaux. L’équipement pour profiter d’un de ces titres de manière réaliste apporte un confort de jeu et une recherche de sensation proches de ce que l’écran affiche. C’est particulièrement le cas pour les simulateurs de vol, où les accessoires reproduisent ce qui se passe vraiment dans un avion.

Vous pouvez donc commencer à la manette sans investir, pour voir si le style vous plaît.

Est-ce qu’il faut de la place pour installer un joystick ?

Ce serait mentir que de dire non. Une installation complète avec un volant sur manche, un palonnier, une manette des gaz et quelques accessoires prend beaucoup de place. Si vous avez un petit bureau, cela sacrifiera la place du clavier et de la souris. Vous pouvez considérer l’achat d’un stand pour installer tous vos objets.

Est-ce que l’on peut jouer sur un canapé ?

On aimerait avoir un simulateur de vol sur un immense écran de télé et tout l’attirail pour en profiter dans les meilleures conditions. Malheureusement, tous ces objets fonctionnent s’ils sont solidement fixés à une surface plane — il faut par exemple tirer assez fort sur le manche relié à un volant pour le faire bouger. Même chose pour les joysticks ou les manettes des gaz : ils ne seront pas confortables à utiliser sur vos genoux ou sur un canapé.

Si vous tenez absolument à jouer sur une télé, mieux vaut encore investir dans un stand déjà évoqué.

Comment calibrer un joystick ?

Nous utilisons des joystick sur Windows depuis plus de 15 ans et il est fort appréciable de voir que le système d’exploitation de Microsoft a énormément progressé depuis ces temps reculés. Tous les accessoires de ce guide ont été reconnus et installés immédiatement par Windows 10. La plupart d’entre eux ont eu des profils assignés automatiquement par les jeux que nous avons testés (l’alpha de Flight Simulator 2020, Elite Dangerous, X-Plane 11).

Si cela ne se passe pas comme vous le souhaitez, le mieux est d’installer le pilote complet disponible sur le site du constructeur. Ce petit logiciel présente toujours un processus de calibration, qui, grosso modo, fonctionne à chaque fois de la même manière : vous faites des mouvements très amples avec les accessoires pour que l’outil détecte les positions maximales et minimales. Ensuite, il s’occupera de trouver le centre qui est la position de repos où, théoriquement, votre avion ou votre vaisseau spatial ne doit pas bouger.

Les joysticks se revendent-ils d’occasion ?

Ce qui est chouette avec un marché de niche, c’est que les modèles évoluent peu. Pas question d’ajouter un gadget ici ou là pour revendre un exemplaire une année sur l’autre aux passionnés. Corollaire : les prix ne bougent pas beaucoup et si vous vous lassez, vous pourrez très probablement récupérer une bonne partie de la somme investie en revendant votre matériel d’occasion.

Est-ce que les écoles de pilotage utilisent ces accessoires ?

Les petites écoles privées se fournissent avec des accessoires grand public, qui figurent parfois dans ce guide. Cela permet de compléter les heures réelles par des heures en simulateur, pour les pilotes débutants.

Mais si l’on peut reproduire chez soi un cockpit assez complet en empilant les éléments, les simulateurs professionnels sont montés sur des vérins hydrauliques pour simuler l’intégralité des mouvements de l’appareil. À l’intérieur de ces grosses boîtes, tout le cockpit d’un modèle est reproduit. Nous avons eu la chance de tester l’un de ces engins chez Airbus à Toulouse, utilisé pour la formation des pilotes, et il faut reconnaître que les sensations sont hallucinantes.

Certaines entreprises proposent l’expérience au grand public : une recherche Google avec « simulateur de vol » et votre ville vous donnera quelques liens. À Lyon, I-Way s’est notamment fait connaître pour ses simulateurs complets d’avions de chasse.

Certains liens de cet article sont affiliés. On vous explique tout ici. 

Crédit photo de la une : Honeycomb

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