Depuis la sortie de Flight Simulator 2020, les internautes participent à une traque aux bugs surréaliste et hilarante.

Flight Simulator 2020 n’est plus réservé à la presse et aux bêta-testeurs : le simulateur de vol d’Asobo est désormais entre les mains de nombreux joueurs et joueuses. Le titre est à n’en pas douter l’une des révolutions techniques de ces dernières années, car à la simulation, Asobo a ajouté une reconstitution réaliste de la Terre parfaitement sublime. Et dans cet océan de générosité et de plaisir, quelques petits bugs et autres glitches ont subsisté. À tel point que la découverte de ces erreurs dans le paysage est devenue un jeu dans le jeu, qui passionne les pilotes virtuels.

Les glitchs et la propriété intellectuelle

Certains sont d’authentiques bugs que seule une armée de joueurs pouvait repérer dans un jeu qui sait reproduire la totalité de la surface du monde. On pense par exemple à cette tour gigantesque, de 212 étages, repérée dans la banlieue de nord de Melbourne en Australie. Aussi improbable physiquement qu’inexistant, ce trait gigantesque n’est même pas un glitch, c’est-à-dire un bug visuel du moteur : il s’agit d’un véritable objet physique dans lequel on peut se crasher ou sur lequel on peut se poser.

Son histoire est tout aussi absurde : un internaute a remonté la piste jusqu’à une erreur dans OpenStreetMaps, service de cartographie open source édité par des particuliers et dont les données sont interprétées par Bing Maps, le service de cartographie de Microsoft — celui qui a servi à créer la base réaliste du terrain de Flight Simulator. Le contributeur à OpenStreetMaps avait alors indiqué que cette tour de 2 étages en faisait 212, dans ce qui semble être une erreur de frappe plus qu’une volonté de nuire. Et même si ce problème a été corrigé dans le logiciel de cartographie, l’export de la carte par Asobo était antérieur à la correction. Résultat, le moteur du jeu a compris qu’il fallait créer à cet endroit un immeuble de 212 étages.

D’autres bugs visuels nous rappellent les heures sombres de la propriété intellectuelle. Ainsi, les pilotes s’amusent depuis la sortie du jeu de l’allure du célèbre Buckingham Palace à Londres ou du Washington Monument dans la capitale américaine. Certains monuments sont en effet protégés par des droits d’auteur exclusifs — celui de l’architecte, par exemple. Cela signifie qu’il faut une autorisation expresse, souvent payante, pour les représenter. Si des exceptions peuvent être faites parfois pour des usages non lucratifs, ce n’est pas le cas d’un produit commercial comme Flight Simulator.

En vrai En vol

Crédits photos : à droite, kraven420 sur Reddit, à gauche, Dilif sur Wikimedia Commons.

Les erreurs de streaming

Et si le jeu est jouable hors ligne, il est fortement recommandé de jouer avec une bonne connexion à Internet, capable de streamer en temps réel les données correspondant aux surfaces ou à la météo. Le média américain The Verge a par exemple noté qu’un internaute a repéré une construction improbable d’un stade américain, avec des bureaux creusés dans le sol, qui n’apparaissait pas avec une bonne connexion. C’est peut-être ces mêmes algorithmes qui ont estimé qu’un avion qui passait dans le ciel était un bout du sol, repéré par un joueur français.

Quoi qu’il en soit, cette quête du bug dans Flight Simulator ne gâche en rien le plaisir que semblent prendre les joueuses et les joueurs à arpenter le ciel. Au contraire, la recherche de ces anomalies pourrait bien devenir une manière de jouer au jeu comme une autre.

Crédit photo de la une : Alexander Muscat sur Twitter

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