Difficile de trouver au MWC 2019 un concept moins bien fini que les gestes sans contact du LG G8.

Avec l’habitude, l’expérience, les années à arpenter les salons de la tech et les centaines (milliers ?) de tests de produits, on développe une sorte de sixième sens qui nous dit, avec un bon taux de réussite, si une technologie va fonctionner. On ne parle même pas d’un carton commercial, qui surprend souvent tout le monde, mais simplement de fonctionner au sens le plus strict du terme. Quand LG a annoncé son G8 ThinQ avec une fonction de « gestes sans contact  » pour utiliser l’appareil, on s’est tout de suite dit que c’était une idée complexe à mettre en place, pour un résultat probablement quelconque.

Cela ne marche pas

Parfois, la technologie surprend — comme avec l’HoloLens 2 ce matin. D’autres fois, elle fait exactement ce qu’on attend d’elle. Malheureusement pour LG, les mouvements sans contact du G8 ThinQ ne sont pas au point. Pour les activer, il faut d’abord présenter la paume de sa main à 6 à 10 cm de la caméra avant. C’est elle qui va déverrouiller l’appareil, par lecture des sillons de la paume. Évidemment, lors de la démonstration, c’est la seule étape qui fonctionne : pour les besoins du salon, LG n’a pas verrouillé ses appareils et n’importe quelle main peut faire l’affaire. On ne sait donc pas si le verrouillage biométrique a bien été réquisitionné.

Tout le reste oscille entre le pénible, le difficile ou l’infaisable. D’emblée, le geste demandé par LG demande un effort et une précision qui nous échappent. Il faut approcher sa main légèrement en biais, entre 6 et 10 cm, pour qu’une petite barre apparaisse sous l’encoche de l’appareil. Ensuite, il faut reculer la main en serrant les doigts entre 15 et 20 cm. Attention, il faut être précis : trop près ou trop loin, cela ne fonctionne pas. Enfin, comme le système est déjà perdu, il faut bouger les doigts pour qu’il repère la main.

Une fois ces trois étapes effectuées, vous n’avez encore rien fait : il faut maintenant tenter une commande et espérer qu’elle fonctionne. Pincer pour faire un screenshot, aller à droite ou à gauche pour déclencher des raccourcis, tourner la main pour monter le volume… autant d’étapes qui, si elles se passent mal, risquent d’imposer un retour à la case départ. Ce qui nous est arrivé… de très nombreuses fois.

Et à voir la demi-douzaine de personnes que nous avons observées sur les stands autour de nous, nous n’étions pas les seuls à être incapables de gérer ce système. Le tout, dans des conditions idéales, avec un environnement éclairé, un smartphone parfaitement fixe et droit et un utilisateur concentré. On a du mal à imaginer l’usage au volant que LG évoque, ni en quoi il serait plus efficace ou plus sécuritaire qu’une pression sur un gros bouton tactile — qui, au moins, fonctionnerait du premier coup.

Le pire, c’est que peut-être que le reste du smartphone est loin d’être mauvais. On retrouve une certaine qualité à l’interface, une fluidité appréciable sous les doigts et des appareils photo fort satisfaisants. Peut-être que la gamme ThinQ aurait mérité, cette année, autre chose qu’un gimmick. Surtout venant d’un constructeur qui a estimé que les écrans pliables n’étaient pas un projet mature. Mais peut-être est-ce pour LG un dernier échec sur le marché de la mobilité ? Autant de ressources, on l’espère, à attribuer à leurs magnifiques écrans et téléviseurs.

LG G8, le chant du cygne ? // Source : Numerama

Crédit photo de la une : Numerama

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