Elon Musk est attaqué en procès par des actionnaires de Tesla, qui l’accusent de fraude. Pour se défendre, l’homme d’affaires a indiqué qu’il pensait que ses tweets n’avaient pas de conséquences sur le prix des actions de Tesla.

Ancien homme le plus riche du monde et deuxième compte le plus suivi sur Twitter, avec plus 125 millions de followers : Elon Musk est ce qu’on pourrait appeler quelqu’un d’influent. Ses messages sur le réseau social sont toujours partagés par des milliers de personnes, et il peut, à lui tout seul, faire bondir la valeur d’une crypto-monnaie comme le Dogecoin.

Il semblerait pourtant que l’homme d’affaires ne soit pas conscient de son pouvoir, comme il l’a déclaré lors d’une audience le 20 janvier 2023. Actuellement en procès avec des actionnaires de Tesla, qui l’accusent de fraude et de leur avoir fait perdre des millions de dollars à cause d’un tweet, Elon Musk s’est justifié de manière surprenante : pour lui, personne ne l’écoute sur Twitter.

Un procès pour fraude

Le tweet en question date de 2018. À l’époque, Elon Musk expliquait « penser à racheter Tesla », qui est une entreprise publique cotée en bourse, en rachetant les actions à 420 dollars l’unité. Le rachat représentait une somme considérable à débloquer, mais le milliardaire avait précisé que les « financements étaient assurés ».

Immédiatement après la publication de ce message, les prix des actions de Tesla ont augmenté, et tout aurait pu bien se finir. Seulement, il a été plus tard révélé que les financements d’Elon Musk n’étaient pas du tout assurés — et les stocks de Tesla ont, par la suite, sérieusement baissé. Le gendarme financier américain l’a condamné à une amende de plusieurs millions de dollars pour ce tweet, et l’a forcé à céder sa place de président du conseil d’administration de Tesla (il en reste cependant le PDG).

Mais l’histoire de ce tweet n’est pas finie. Le procès d’Elon Musk, qui est accusé de fraude par des actionnaires de l’entreprise, a commencé le vendredi 20 janvier à San Francisco, et pourrait avoir de nouvelles conséquences pour l’homme d’affaires.

« Juste parce que je tweete quelque chose ne veut pas dire que les gens vont me croire »

Lors du premier jour du procès, Elon Musk a pris la parole pendant près d’une demi-heure, selon Gizmodo, se défendant en expliquant qu’il était « absurde » de suggérer que ses tweets pouvaient avoir un impact sur le prix des actions de Tesla. « Juste parce que je tweete quelque chose ne veut pas dire que les gens vont me croire, ou faire ce que je dis », a-t-il déclaré.

Selon lui, le meilleur exemple de cela serait la publication d’un tweet, dans lequel il disait qu’il pensait que le prix des actions de Tesla était trop haut. À la suite de ce message, le prix des actions de l’entreprise a augmenté, et n’est pas descendu. Pour lui, il n’y aurait donc pas de « lien de causalité » entre ses tweets et le cours en bourse de Tesla — même si d’autres observateurs pourraient noter qu’il a bien eu un impact sur le prix des actions.

Elon Musk se retrouve en procès à cause d'un tweet // Source : Numerama
Elon Musk se retrouve en procès à cause d’un tweet // Source : Numerama

Autre information importante à retenir de cette première audience : Elon Musk a continué à publier des messages sur Twitter, malgré les conseils de ses conseillers. The Verge rapporte qu’Antonio Gracias, un ancien membre du conseil de direction de Tesla, l’investisseur Ron Baron, et Sam Teller, un très proche de Musk, lui auraient tous demandé d’arrêter de tweeter. « Je suppose que j’ai continué à tweeter, oui », a déclaré Elon Musk, interrogé pour savoir s’il avait ignoré leur suggestion.

Malgré les avertissements, et le procès en cours, il semblerait qu’Elon Musk n’ait toujours pas appris de ses erreurs. Le 28 décembre, Elon Musk a fait perdre à Tesla 11% de sa valeur en un seul tweet, après avoir répondu à Dimitri Medvedev, l’ancien président russe, qu’il trouvait ses tweets « épiques ». Sa passion pour Twitter pourrait continuer de lui couter cher.


On a besoin de vous pour construire l’avenir de Numerama : participez à notre enquête !