Dans un contexte où la circulation épidémique reste très forte, continuer à porter le masque est une pratique importante de santé publique, qu’importe que ce soit obligatoire ou non.

Une mesure phare de la lutte contre le covid ne sera plus obligatoire, dès le lundi 14 mars 2022 : le port du masque dans les lieux clos, que ce soit dans les cinémas, musées ou encore dans les entreprises. Il demeure obligatoire seulement dans les transports et lieux de santé.

Cette décision d’allègement, qui intervient maintenant tous les 15 jours, aurait été prise par Emmanuel Macron lors d’un conseil de défense sanitaire. Pourtant, lorsque le ministre de la Santé Olivier Véran avait évoqué la possible levée de cette mesure (et du pass vaccinal), il avait dressé les contours de quelques conditions — des indicateurs épidémiologiques et hospitaliers. La décision finale de l’exécutif ne semble pas reposer sur ces indicateurs.

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Les masques sont efficaces. // Source : Pexels

Cette décision est prise alors que la circulation épidémique ne semble plus être dans une dynamique de réduction. Au contraire, bien que cela reste stable dans les hôpitaux, les chiffres de dépistage suggèrent une tendance au rebond en France. Dans ce contexte, la responsabilité individuelle a un rôle à jouer.

Porter son masque : un geste collectif

L’absence d’une obligation du port du masque, c’est-à-dire d’une sanction lorsqu’il n’est pas porté, ne signifie pas qu’il ne faut plus le porter. Vous pouvez décider de le conserver même s’il n’est plus imposé et il s’agirait là d’un geste essentiel de santé publique à cette date. Il n’est pas impossible que la situation génère un poids social : on pourrait craindre le regard quasi moqueur d’autrui sur la décision individuelle de conserver le masque. Une telle configuration du « regard social » ne doit pas advenir, tant le port du masque obéit à une mécanique collective de protection mutuelle, essentielle en période pandémique.

Là où l’efficacité du pass vaccinal reste très nuancée, l’efficacité du port du masque est incontestable tant les études sont nombreuses (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10…). Par exemple, le masque généralisé réduirait au moins de moitié les contaminations. « Nous concluons que les masques chirurgicaux sont particulièrement efficaces pour réduire la séroprévalence symptomatique du SARS-CoV-2 », concluait une autre étude dans Science en décembre 2021. Et aucun danger à son port n’a été rapporté dans la moindre étude sérieuse.

Avec l’aération, dont le rôle est absolument déterminant face à un virus dont la transmission est aéroportée, le masque est un frein démontré aux contaminations.

SARS-CoV-2 Covid FFP2 Aération Transmission Tableau
Projection des risques de transmission du covid (base de prévalence d’Omicron : 1%). // Source : Z.Peng & al. / Environmental Science & Technology (2022) // Traduction Numerama

Compte tenu des indicateurs épidémiologiques actuels et des solides connaissances scientifiques sur le masque, il semble judicieux d’opter pour un FFP2 ou un chirurgical même à partir du lundi 14 mars, que ce soit en entreprise ou encore au cinéma ou encore à l’école — comme y appellent des associations ainsi que de nombreux médecins. Cet appel généralisé à garder le masque, de la part des scientifiques, s’étend bien au-delà de la France, comme aux États-Unis, où là aussi la mesure est peu à peu abandonnée.

Pour ces médecins, retirer le port du masque est d’autant plus étrange que cette mesure est l’une des plus simples et des moins restrictives à généraliser — comme elle affaiblit la circulation épidémique, elle peut éviter d’en revenir à des mesures plus restrictives. Enfin, le masque constitue aussi un geste de solidarité collective, notamment envers les personnes fragiles et immunodéprimées. Bien que le variant Omicron soit bien moins sévère que ses prédécesseurs, le covid reste une maladie qui peut avoir des formes très graves, du covid long au décès. Le meilleur moyen de voir la pandémie s’amoindrir reste de ne pas prendre de mesures prématurées.