Death Stranding bénéficie d'une nouvelle sortie sur PlayStation 5, à la faveur d'une version Director's Cut. Mais relancer le jeu près de deux ans après l'avoir terminé confirme qu'il s'agit d'une expérience à ne vivre qu'une fois.

Je me souviens si bien des heures passées sur Death Stranding. Plaisir, ébahissement, frustration, le titre provoque un sacré cocktail d’émotions. Développé par Hideo Kojima, ce jeu est un vrai ovni qu’on peut détester ou adorer — voire un peu des deux, selon les moments. C’est aussi une expérience qui ne se vit qu’une seule fois, ce qui questionne l’intérêt de la version Director’s Cut, exclusive à la PS5, pour celles et ceux qui auraient déjà terminé le jeu sur PS4 (ou PC).

Sorti à l’origine sur PS4, puis lancé sur PC quelques mois plus tard, Death Stranding revient en édition Director’s Cut sur PlayStation 5. Il n’est pas le premier à bénéficier d’un tel portage. Il y a quelques semaines, les propriétaires de la console la plus récente de Sony ont pu (re)découvrir Ghost of Tsushima, qui a reçu pour sa part un nouvel environnement à explorer. De son côté, Death Stranding récupère des contenus très anecdotiques (qui ne semblent d’ailleurs pas convaincre Hideo Kojima non plus).

Après avoir relancé cette mouture PS5 de Death Stranding, mon point de vue n’a pas changé : je n’ai pas envie de me relancer dans plusieurs dizaines de livraisons de colis, au sein d’environnements hostiles.

Death Stranding sur PS5 // Source : Capture PS5

Pourquoi je n’ai pas envie de rejouer à Death Stranding sur PS5

Cela ne veut pas dire que Death Stranding est un mauvais jeu. Il reste une proposition unique en son genre, qui offre un autre regard sur les jeux en monde ouvert. Il porte aussi, en lui, les obsessions d’Hideo Kojima, un auteur un peu rockstar, à la personnalité très affirmée. Il y a des moments agaçants dans Death Stranding, mais aussi des scènes qu’on n’a pas l’habitude de voir — en prime brillamment réalisées.

Le récit est parfois cryptique et sait situer au bon moment de vrais moments de grâce et d’émotion. Mais cette expérience ne se vivra pas deux fois, même plusieurs années après. Le gameplay est, qui plus est, exigeant au point d’en être parfois assommant. Si l’on connait déjà la séquence d’après, qu’est-ce qui nous motiverait à livrer des colis pendant des heures ?

Death Stranding sur PS5 // Source : Capture PS5

Cette Director’s Cut est avant tout réservée à celles et ceux qui seraient passés à côté de la version originale. Je les envie : ils vont découvrir la quête de Sam Porter — un super-livreur dans un univers au bord de l’implosion — dans des conditions quasi idéales. Déjà très beau sur PS4 Pro, Death Stranding gagne encore en fidélité visuelle avec son passage sur PS5 (la modélisation des visages est bluffante). On peut notamment profiter d’un framerate à 60 fps qui fait un bien fou à nos yeux (et souligne le gros travail réalisé sur les décors). Rappelons qu’Hideo Kojima a frappé à la porte de Guerrilla Games, studio derrière le flamboyant Horizon Zero Dawn, pour profiter de ses technologies.

Death Stranding sur PS5 // Source : Capture PS5

Au-delà des améliorations graphiques évidentes, on attendait beaucoup de l’exploitation de la DualSense — manette de la PS5 qui mérite les éloges, quand ses caractéristiques exclusives sont utilisées avec intelligence. Sur ce point, force est de constater que Kojima Productions ne propose rien de renversant. Il y a certes des vibrations un peu plus fines, grâce au retour haptique. Mais on espérait beaucoup mieux des gâchettes — très sollicitées quand on joue, mais dont le caractère adaptatif reste très sommaire. Cela aurait été l’occasion de mieux accentuer la résistance, pour matérialiser les difficultés susceptibles d’apparaitre, quand le héros doit avancer sur des terrains dangereux avec une grosse charge sur le dos. C’était peut-être même le seul élément qui pouvait donner envie de se replonger dans Death Stranding : une immersion encore plus grande.

Au final, l’arrivée de Death Stranding sur PS5 constitue une excellente nouvelle pour les néophytes. Mais les joueuses et les joueurs qui ont déjà vu le générique de fin n’y verront qu’un portage paresseux, dont les quelques apports ne méritent pas qu’on s’y penche de nouveau.

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