Avec son rendu en pixel art magnifique et son gameplay qui tranche dans le vif, Blasphemous séduit dès les premières minutes. Attention, il faut aimer le sang.

Blasphemous n’est clairement pas un jeu vidéo à mettre entre toutes les mains. Développé par le studio espagnol The Game Kitchen, il dépeint un univers ô combien lugubre, nourri par une violence graphique assumée et peuplé d’horreurs inspirées de l’iconographie christique (dans ce qu’elle a de plus abject) et du folklore hispanique. On y incarne le Pénitent, un héros qui a fait vœu de silence et est rescapé d’une étrange malédiction baptisée ‘Le Miracle’ — ce qui constitue déjà un sacré blasphème pour les personnes croyantes.

Armée d’une narration volontairement cryptique (même s’il y a plein d’indices un peu partout), Blasphemous s’épanouit dans le genre Metroidvania, soit un jeu d’action et d’aventure à l’ancienne, multipliant les niveaux interconnectés et, surtout, les secrets à percer (comme un certain Hollow Knight). C’est simple, si vous et l’un de vos amis lancez le jeu, peut-être que vous ne verrez pas les mêmes choses — en raison de cheminements totalement différents. Là se trouve la richesse de Blasphemous : son monde suscite autant la fascination que l’effroi, voire le dégoût, un sentiment ambivalent qui pousse à en savoir plus.

Blasphemous
Le tout premier ennemi (oui un boss…) // Source : Capture PS5

Blasphemous est horriblement enivrant

Dans le PlayStation Plus Extra

Blasphemous est disponible dans le PlayStation Plus Extra. Il est autrement vendu sous les 30 €.

Blasphemous est d’abord un Metroidvania d’une efficacité redoutable, pour qui apprécie les expériences old-school. On sent que les développeurs ont appris leurs leçons par cœur, accouchant d’un gameplay réussi. Il faut aimer revenir plusieurs années en arrière, à une époque où sauts millimétrés et réflexes dans les combats étaient des conditions sine qua non au triomphe. Non pas que Blasphemous soit d’une difficulté rédhibitoire, mais il demande quand même un peu de doigté. Par exemple, une mauvaise chute peut être synonyme d’une mort assurée, avec tout ce que cela implique en termes de frustration.

Moins punitif qu’il n’en a l’air

Sinon, les — nombreux — combats sont loin d’être rebutants, à condition de bien gérer le placement des ennemis (qui sont là pour vous poser des problèmes, pour rappel). On pourrait d’ailleurs croire que Blasphemous assume un certain héritage des Dark Souls, ce qui est vrai quand on constate qu’il oblige à revenir sur son cadavre pour récupérer toute sa puissance. En revanche, les boss sont loin d’être insurmontables. En vérité, ils sont davantage impressionnants, visuellement, que suffisamment forts pour forcer à multiplier les tentatives. Une fois qu’on maîtrise la glissade et la parade, Blasphemous deviendrait presque un parcours de santé. En tout cas, il se révèle moins punitif qu’il n’en a l’air.

Blasphemous
Elle a l’air très lourde cette croix // Source : Capture PS5

D’autant que le Pénitent dispose de plusieurs outils pour s’améliorer, des fioles de potion (qui se régénèrent à chaque point de passage, à l’instar des ennemis de base) aux différents objets qu’il peut ramasser pour se faciliter la vie. D’ailleurs, il y a beaucoup, beaucoup de choses à récupérer dans Blasphemous — certaines étant plus ou moins utiles. De la même manière, il propose tout un tas de rencontres optionnelles, parfois liées à des quêtes. La plus mémorable est certainement celle qui consiste à ramasser des restes humains. On vous avait prévenus : Blasphemous peut vraiment être horrible à regarder.

Blasphemous
Une DA sublime // Source : Capture PS5

Comme dans les autres jeux vidéo inscrits dans le genre Metroidvania, Blasphemous impose de nombreux allers/retours — sachant que l’architecture des niveaux les encourage. Le héros reçoit régulièrement de nouvelles aptitudes qui lui permettent d’accéder à des endroits qui lui étaient interdits auparavant. Les adeptes du 100 % risquent d’être aux anges, tant Blasphemous offre une mine d’or en matière de découvertes. Il faut aimer le macabre, animé ici par une direction artistique en pixel art (sublime, détaillée et, bien sûr, gore, notamment pendant les exécutions). Bref, n’hésitez pas à succomber à Blasphemous, à moins d’être une âme très sensible.

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