Depuis juillet 2016, les smartphones Android sont compatibles avec la technologie de géolocalisation d'urgence AML. Une ONG demande à Apple de l'activer sur les iPhone.

Dans un communiqué de presse, l’EENA (European Emergency Number Association) a demandé à Apple d’activer la géolocalisation des appels d’urgence sur les iPhone. Cette ONG qui cherche à améliorer le temps de réponse des services d’urgence milite pour l’activation par défaut de cette technologie.

L’AML, pour Advanced Mobile Location, est une technique de localisation (protocole open source) développée à l’origine par British Telecom, EE Limited et HTC et qui doit permettre de localiser un appel avec une grande précision dans le cas d’une urgence. En pratique, quand vous appelez un numéro d’urgence, AML active les outils de votre smartphone pour vous géolocaliser : il peut être question de géolocalisation par Wi-Fi ou par GPS. La position calculée par le protocole est directement envoyée au service d’urgence par SMS que vous avez au téléphone.

CC Flickr Yanki01

La précision de la localisation a été démontrée dans plusieurs situations d’urgence. L’exemple le plus éloquent est celui d’un enfant lituanien qui avait retrouvé son père inconscient a pu le sauver en étant localisé à 6 mètres près grâce à son appel, contre 14 km avec la technique employée précédemment par le pays.

En juillet 2016, Google a choisi d’activer cette technologie sur Android et de la déployer sur les smartphones équipés au moins de Gingerbread : la fonctionnalité a été nommée pour l’occasion ELS, soit Emergency Location Service. Du côté des services d’urgence, AML est déployé en Grande-Bretagne, en Estonie, en Lituanie, en Islande, en Nouvelle-Zélande et dans une partie de l’Autriche — d’après l’EENA toujours, 10 pays européens seraient en train de tester la méthode pour un déploiement d’ici la fin de l’année 2017. La Belgique avancerait sur le sujet.

Apple ne s’est pas encore positionné sur la technologie qui tend à s’imposer petit à petit comme un standard. Du côté de l’EENA, c’est la grogne : d’après l’ONG, cela fait plusieurs mois qu’elle tente de sensibiliser Apple à ce sujet, sans succès. La société de Cupertino s’est plutôt concentrée ces dernières années sur deux axes pour que les secours soient plus efficaces dans une situation d’urgence : la mise à disposition d’une fiche de santé sur l’écran d’accueil des iPhone (au choix de l’utilisateur) et une fonction « urgence » qui a été évoquée dans un brevet et qui pourrait envoyer les coordonnées géographiques de l’utilisateur à un proche désigné au préalable.

Pour l’ONG, ces avancées ne suffisent pas. Du côté d’Apple, on attend peut-être que l’AML soit mieux déployé chez les services d’urgence pour se prononcer, ou que la confidentialité des données soit garantie. On imagine également que la disponibilité aux USA compte pour le Californien. Les urgences britanniques estiment aujourd’hui qu’elles reçoivent jusqu’à 12 000 localisations AML par jour.

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