Les agences spatiales française et japonaise ont signé un accord lançant la première étape d'une future mission d'exploration de Phobos, une lune de Mars. Objectif : ramener un échantillon sur Terre.

Si Mars occupe une place prépondérante dans l’actualité depuis quelques années, du fait des ambitions croissantes d’un certain nombre d’acteurs, étatiques ou non, déterminés à mettre sur pied une mission habitée vers la planète rouge, il ne faudrait pas pour autant oublier ses satellites naturels.

Car en effet, il y a aussi une actualité pour Phobos et Deimos et cela devrait ravir tous les amoureux d’astronomie : les deux lunes martiennes intriguant toujours autant les agences spatiales, une mission d’exploration est en train d’être concoctée au niveau international entre le Japon et la France.

CC G. Neukum

Pour l’instant, nous n’en sommes qu’aux balbutiements du projet. Le centre national d’études spatiales (Cnes) et l’agence d’exploration aérospatiale japonaise (Jaxa) n’ont signé pour l’instant qu’un accord donnant le coup d’envoi d’une phase d’étude consacrée au projet Martian Moons Exploration (MMX).

« L’accord signé porte sur la phase A du projet, à laquelle le Cnes va contribuer par des études de faisabilité préalables à l’engagement de la mission, ce qui devrait être fait par le Japon à la fin 2017 pour un lancement en 2024 », explique l’agence dans un court communiqué.

Mais de quoi parle-t-on exactement ?

C’est simple : il s’agit d’envoyer une sonde en direction de Phobos, d’y déployer un petit atterrisseur à la surface pour récolter des échantillons de la surface et de envoyer le tout sur Terre. « Le but est de rechercher l’origine de ces lunes et de contribuer ainsi à mieux comprendre la formation et l’évolution du système solaire », explique le Cnes.

Rechercher l’origine de ces lunes et mieux comprendre la formation et l’évolution du système solaire

Sur le papier, c’est facile. Mais dans la pratique, poser quelque chose ailleurs que sur Terre est extraordinairement complexe. L’atterrissage imparfait de Philae sur la comète Tchouri et le crash de l’atterrisseur Schiaparelli sur Mars sont là pour nous le rappeler. Mais c’est aussi en forgeant que l’on devient forgeron.

Le projet MMX n’est pas la seule coopération qui existe entre la France et le Japon dans le domaine spatial.

Rappelons en effet qu’à bord de la sonde spatiale japonaise Hayabusa 2 (faucon pèlerin, dans la langue de Mishima) se trouve Mascot, un petit atterrisseur conçu principalement par l’agence spatiale allemande, DLR, avec une participation du Cnes. L’objectif ? Se placer autour de l’astéroïde Ryugu, entre juillet 2018 à février 2019 et ramener un échantillon sur Terre en décembre 2020.

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