Le Financial Times a conçu un petit jeu qui vous glisse dans la peau d'un chauffeur Uber. L'occasion de mieux saisir les défis auxquels font face ceux et celles qui choisissent de passer leur journée derrière le volant.

Les services permettant d’appeler une voiture de transport avec chauffeur sont assez courants de nos jours. Peut-être même avez-vous déjà eu l’opportunité de passer par l’une de ces plateformes pour vous rendre quelque part. Uber, LeCab Heetch ou Chauffeur Privé… ce ne sont pas les sociétés qui manquent. Mais cette expérience de VTC, vous ne la connaissez sans doute que du point du vue du passager.

Que savez-vous de la situation des chauffeurs qui conduisent ces voitures à longueur de journée ? Certainement quelques généralités, rarement le détail.

Aussi, pour aider le public à mieux saisir la réalité des chauffeurs de VTC, et plus particulièrement ceux d’Uber, qui est le plus gros acteur de ce secteur, le Financial Times a eu la bonne idée de lancer une sorte de « serious game » baptisé The Uber Game.

Une quête Uber est lancée ; à vous de jouer !

Le journal précise que ce jeu est totalement ancré dans le réel : toutes les situations qui vous seront proposées sont basées sur des reportages, des enquêtes et des témoignages de chauffeurs Uber. Pour les besoins de l’histoire, vous êtes considéré comme un chauffeur à temps plein, avec deux enfants à charge et ayant à assumer des remboursements à hauteur de 1 000 dollars par semaine.

Bien qu’en anglais, le jeu est relativement accessible. Deux modes sont proposés : facile ou difficile. Chaque choix que vous ferez pourra avoir une incidence sur votre note (elle débute à 5 étoiles sur 5) et vos gains. Et d’ailleurs, quel modèle de voiture allez-vous louer ? Allez-vous prendre un abonnement téléphonique illimité ? Un support pour votre smartphone ? Un pass pour aller à la gym et avoir l’air présentable ?

Une heure, deux courses, 20 dollars.

Parfois, certains choix compliqués vous seront soumis : allez-vous circuler dans ce quartier où le prix de la course est réévalué à la hausse mais où le trafic est perturbé ? Ou bien opterez-vous plutôt pour une zone plus classique mais où la circulation est fluide ? Et cette soirée entre amis qui est prévue ce soir : allez-vous en être ou bien allez-vous y renoncer pour faire quelques trajets de plus ?

Avec ce jeu, il ne s’agit pas fondamentalement de remettre en cause le principe du VTC mais plutôt d’attirer l’attention sur les conditions de travail des chauffeurs qui passent par ces plateformes pour gagner leur vie et les sommes bien minces qu’ils gagnent parfois — un problème que l’on retrouve dans d’autres secteurs, comme celui de la livraison de plats à domicile ou au bureau).

Plutôt la Prius ou le Minivan ?

C’est là tout l’intérêt des « serious games » ou jeux sérieux, qui servent, à sensibiliser un public à une problématique à travers un concept ludique plus ou moins élaboré. Ici, le Financial Times a choisi de vous mettre dans la peau d’un chauffeur Uber ; peut-être qu’à l’issue de votre partie, les problèmes de l’ubérisation vous préoccuperont davantage.

Si l’idée des « serious games » vous plaît, sachez qu’il en existe sur bien des sujets : l’affaire des Panama Papers, le handicap et la sécurité routière, la chasse au gaspillage énergétique,  les gestes de premiers secours, la corruption en politique, l’utilisation de l’article 49-3 par le gouvernement ou encore la protection des données personnelles.

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