Avec Freebox OS, qui n'est pour le moment qu'une interface web donnant accès à toute une série de services gérés par la Freebox Révolution, Free met en oeuvre une stratégie globale visant à pousser ses abonnés à utiliser ses services de cloud, plutôt que ceux de Microsoft, Google, Facebook et autres Yahoo.

Free a déployé jeudi une mise à jour de sa Freebox Révolution pour le boîtier Server, importante moins pour son contenu à proprement parler que pour la vision marketing qu'elle confirme. En effet, cette mise à jour officialise le lancement de "Freebox OS", un pseudo système d'exploitation (en fait une interface graphique dans un navigateur web) qui démontre la volonté de Free de permettre à terme à ses abonnés de ne plus avoir d'ordinateur chez eux, et d'utiliser des services dans un environnement contrôlé par Free, où Internet ne serait plus qu'un accessoire aux côtés des services gérés de l'opérateur. Il suffira d'une tablette ou d'un ordinateur, pour accéder à un OS fonctionnel où seront étroitement intégrés les services en cloud de Free.

Disponible avec la mise à jour 2.0.0 du Freebox Server, qui est appliquée automatiquement après redémarrage du boîtier, Freebox OS est pour l'instant accessible uniquement par le navigateur en réseau local sur l'adresse mafreebox.freebox.fr. Plus qu'une refonte graphique de l'interface web, l'environnement apporte toute une série de fonctionnalités qui doivent suffire aux tâches quotidiennes : explorateur de fichiers, navigateur internet, téléchargement et upload de fichiers, gestion des contacts, applications développées par des tiers, etc.

Le temps aidant, Freebox OS s'enrichira de nombreuses fonctionnalités. Pourquoi pas, demain, un moteur de recherche, un réseau social, un gestionnaire de photos, des outils de bureautique,… seule l'imagination, et les moyens de Free, limiteront les possibilités. Et il pourra, bien sûr, vendre de la publicité ciblée pour accroître ses revenus.

Et demain, Freebox OS Mobile ?

Plus que jamais, Free se trouve donc en concurrence frontale avec les Google, Apple ou Microsoft, qui espèrent eux aussi imposer leurs services en ligne, mais qui ne disposent pas du même lien direct avec l'abonné à Internet. D'où les tensions énormes, lorsque Free décide de brider YouTube, ou de bloquer les publicités de Google. Plus la stratégie de Free se dessinera au grand jour, plus il apparaîtra évident que ça n'est pas juste une entreprise qui "abuse" de la bande passante qu'il sanctionne, mais bien un concurrent.

Par ailleurs, Freebox OS est accompagné par Freebox Compagnon, une application mobile pour iOS et Android, qui permet d'accéder à certaines fonctionnalités de la Freebox. Ce n'est, selon nous, qu'une première étape en attendant la probable vente de mobiles Free équipés d'une version personnalisée d'Android ou autre Firefox OS — nous en faisons le pari depuis longtemps. Elle permettra à Free de trouver un levier de croissance à Free Mobile, en proposant un mobile à peu cher, capable d'exécuter des applications "Freebox OS", qui seront distribuées sur le modèle des App Store et autres Google Play.

Cette stratégie n'est d'ailleurs pas propre à Free. Orange aussi y réfléchit, et a annoncé dès 2010 son souhait de disposer de son propres OS Orange.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés