Dans un rapport publié mercredi, l'Agence européenne pour l'environnement demande des mesures immédiates pour atténuer le risque de développer une tumeur au cerveau. Si l'agence reconnaît que les scientifiques sont divisés sur l'impact réel des ondes téléphoniques sur la santé humaine, elle estime que le principe de précaution doit prévaloir.

L'usage du mobile peut-il accroître le risque de développer une tumeur au cerveau ? Jusqu'à présent, les études scientifiques sur le sujet n'ont pas réussi à s'accorder. Si certaines enquêtes affirment qu'il n'y a pas de lien évident de causalité, d'autres en revanche écrivent que les ondes du téléphone ont bien un effet sur le cerveau, sans se prononcer sur leur caractère nocif ou bénin.

Le principe de précaution

Mais le principe de précaution doit primer. L'Agence européenne pour l'environnement a publié un rapport, baptisé "leçons tardives d'avertissements précoces", dans lequel elle fait le point sur de nombreuses innovations technologiques pouvant avoir un effet négatif sur la santé ou l'environnement. Et parmi les sujets abordés se trouve le cas du téléphone portable.

Consciente que la nocivité des ondes sur la santé est discutée au sein de la communauté scientifique, l'Agence européenne pour l'environnement estime néanmoins que des mesures de précaution doivent être prises dès maintenant pour réduire les risques potentiels de sorte que, si la communauté scientifique s'accorde en définitive sur un lien de causalité, il ne soit pas trop tard pour agir.

Si l'agence ne nie pas les avantages des télécommunications mobiles, elle estime que leur emploi doit s'accompagner d'une prise de conscience : les bénéfices du téléphone sans fil pourront peut-être entraîner des dégâts à grande échelle. D'où la nécessité de prendre des mesures immédiates pour réduire l'exposition du cerveau et réduire ainsi le risque de développer une tumeur au cerveau.

Quelques mesures simples

Comment réduire l'exposition du cerveau aux ondes ? Sans aller jusqu'à modifier profondément ses habitudes en téléphonant moins souvent, des solutions assez simples peuvent être suivies par les usagers. Ils peuvent par exemple utiliser un kit mains-libres avec écouteur. Le téléphone peut alors rester dans la poche et les communications passent par des écouteurs (avec ou sans fil).

Bien entendu, cela ne met pas fin à la propagation des ondes. Une autre partie du corps sera alors exposée (au niveau des parties génitales). Mais en alternant entre un appel téléphonique classique et un appel téléphonique via le kit mains-libres, le mobinaute évite d'exposer systématiquement la même zone avec les ondes du téléphone. Changer de temps en temps d'oreille au cours d'un appel est aussi  recommandé.

Succession d'études… et de doutes

Les recommandations de l'Agence européenne pour l'environnement surviennent quelques mois après le verdict de la Cour de cassation italienne, qui a jugé que la tumeur au cerveau dont est victime un ancien cadre d'entreprise peut avoir été causée par l'utilisation excessive (plus de six heures par jour pendant douze ans) du téléphone mobile dans le cadre de son travail.

En juin 2011, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), créé par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), a classé les ondes électromagnétiques utilisées dans la téléphonie mobile dans la catégorie des "cancérogènes possibles pour l’homme". Un an auparavant, une autre étude estimait que l'usage du mobile pouvait potentiellement accroître le risque de développer une tumeur.

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