Jiwa tué par les majors, NKM veut un remède (MAJ)
Julien L. -
publié le Jeudi 05 Août 2010 à 11h10 -
posté dans Musique Numérique
Après deux ans d'existence, Jiwa va bientôt disparaitre. Dernière grande plate-forme indépendante, Jiwa n'a pas réussi à survivre dans un contexte où les ayants droit réclamaient des minimums garantis particulièrement élevés. Une fuite en avant pour le service, condamné à faire des levées de fonds et à parier sur d'hypothétiques recettes. Mais la disparition de Jiwa pourrait relancer l'idée d'une licence de gestion collective. NKM évoque le rapport Zelnik et "ses bonnes réponses".
Pour l'heure, seules les "playlists restent accessibles [...] en mode radio" poursuit Jiwa. Quand à l'avenir, "sachez que nous recherchons activement des repreneurs afin que l'aventure Jiwa puisse se poursuivre". Mais si les minimums garantis ne sont pas revus à la baisse ou si des pistes comme la licence de gestion collective ne sont pas explorées, combien de temps une telle aventure pourrait tenir ? Article du 03 août - Il était parfois présenté comme le rival de Deezer dans le domaine des sites web proposant un service d'écoute légal de musique en ligne. Mais l'aventure commencée au printemps 2008 va prochainement s'arrêter. En liquidation judiciaire depuis le 29 juillet dernier, le service a finalement baissé les bras, selon une information de notre confrère ReadWriteWeb. Il y a deux ans pourtant, le projet s'annonçait prometteur. Sur le portail, les responsables nous expliquaient que le service se passait du format MP3 pour proposer une meilleure qualité d'écoute, grâce à la technologie Ogg Vorbis. L'encodage étant moins destructeur, le site assurait disposer d'une qualité sonore bien supérieure. Finalement, seul le catalogue était encore bien mince à l'époque, puisque Jiwa comptait 400 000 titres tandis que Deezer, sorti un an avant, en avait déjà 1,5 million. L'année suivante, en 2009, Jiwa annonçait non sans fierté avoir signé des accords avec les quatre grandes maisons de disques, à savoir Sony, EMI, Warner et Universal. Les labels indépendants ne furent pas non oubliés, et des noms comme Naïve et Pschent se sont également retrouvés légalement en ligne. Grâce à ce partenariat, Jiwa pouvait proposer pas moins de 4,8 millions de titres sur son service toujours accessible gratuitement et sans restriction. Mais la signature de tels accords a peut-être tué indirectement Jiwa, empêchant le service de se développer convenablement. Car en effet, le droit de diffuser le catalogue des quatre principales majors n'a pas été obtenu sans quelques concessions. Et au premier chef, nous retrouvons le mécanisme des minimums garantis qui a durablement hypothéqué l'avenir du service. Début février, le PDG de Jiwa avait dévoilé le détail des montants réclamés par chacune des majors pour avoir l'autorisation d'exploiter le catalogue. Si Universal Music se montrait le moins gourmand en réclamant 180 000 euros par an, tout comme Warner Music (100 000 euros par tranche de 18 mois), d'autres n'ont pas hésité à facturer à des prix très élevés : EMI réclamait 250 000 euros par an, tandis que Sony exigeait pas moins de 400 000 euros par an. Au total, Jiwa devait donc verser systématiquement 930 000 euros, indépendamment de la fréquence d'écoute des catalogues et des différents morceaux. Et évidemment, un tel mécanisme pousse les plates-formes comme Jiwa à se lancer dans des levées de fonds pour financer leurs activités et tenir leurs engagements avec les ayants droit. Impossible de faire autrement, puisque sans les musiques des majors, nul doute que le service aurait été déserté par les utilisateurs. Et Jiwa se serait alors effondré, faute de pouvoir fournir un service attrayant pour les internautes. À l'inverse, un mécanisme fonctionnant sur des avances élevées est un pari risqué sur les recettes espérées. Car cela conduit à fonctionner à pertes, si jamais les sommes réclamées sont trop élevées. En février dernier, Jiwa avait d'ailleurs perdu Warner Music. Malgré un montant minimum garanti moins élevé que les autres concurrents, Jiwa a été contraint de retirer les chansons du catalogue de la major. En effet, Warner Music avait saisi le juge des référés parce que la plate-forme n'avait pas réussi à honorer l'intégralité de ses engagements. Aucun terrain d'entente ne fut trouvé, au grand regret de la plate-forme. Et de rappeler que Jiwa était "un fantastique outil de lutte contre le piratage et un outil de promotion pour les artistes". Fantastique outil que les ayants droit se plaisent à détruire, à ainsi laissé entendre en filigrane les responsables du service web. Au risque de relancer le piratage de la musique sur les réseaux peer-to-peer. Plus généralement, la a mort programmée de Jiwa pose la question de l'avenir des services de musique en ligne indépendants dans l'Hexagone. Le 21 juillet dernier, nous évoquions d'ailleurs l'association entre Orange et Deezer. Dans le communiqué de presse, les deux sociétés se félicitaient d'un accord mutuellement bénéfique : Deezer allait profiter de la puissance financière du géant des télécoms, afin de soutenir son développement, tandis qu'Orange allait pouvoir mettre en avant cette association comme une véritable plus-value pour les abonnés au FAI. Quel destin pour Jiwa, maintenant ? Selon une information de Rue89, Jiwa va progressivement "basculer vers un site en mode dégradé : les membres auront encore accès à leurs playslits, mais l'écoute à la demande sera coupée", selon des propos tenus par Jean-Marc Plueger, cofondateur et PDG. À l'heure où la loi Hadopi se met progressivement en marche, c'est un coup dur pour l'offre légale. En effet, les débats animés sur la loi Hadopi avaient été l'occasion pour les promoteurs du projet de loi sur la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet de mettre en avant à plusieurs reprises le succès des services légaux comme Deezer ou Jiwa (surtout Deezer d'ailleurs). Souvent présentés comme la solution pour limiter le téléchargement illicite, ces sites sont malheureusement dans une très grande difficulté. De là à dire que le gouvernement n'a rien fait pour aider les offres légales à émerger et à tenir face aux ayants droit, il n'y a qu'un pas. En février dernier, le rapport Zelnik proposait un axe original pour renforcer et améliorer l'offre légale sur Internet : une licence de gestion collective. Une idée qui a malheureusement fait son temps, puisque lors d'une table ronde, Patrick Zelnik avait nettement reculé sur ce dossier. Faut-il néanmoins conserver un espoir ? Réagissant à l'interpellation d'un internaute, Nathalie Kosciusko-Morizet, l'actuelle secrétaire d'État chargée de la Prospective et du Développement de l'économie numérique, a déclaré sur Twitter il y a deux heures vouloir "accélérer la mise en oeuvre du rapport Zelnik injustement réduit a la taxe Google". Et de préciser "qu'il y a les bonnes réponses". Comme la licence de gestion collective ? à lire aussi
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Commentaires à propos de «Jiwa tué par les majors, NKM veut un remède (MAJ)»
C'est là qu'on voit la grande hypocrisie des majors.
La seule chose qui les interessent c'est de se faire plus de fric. Et si le public ne suit plus c'est pas grave, on raquette les sites qui essayent de proposer un nouveau modèle alternatif pour écouter de la musique ! Bah le modele Jiwa deezer & co est de toute facon super borderline:
on a affaire a des gens qui veulent gagner de l'argent en diffusant de la musique, mais en en reversant le moins possible... y a quelques mois, un producteur independant expliquait que ce que lui avait reversé deezer était ridicule (de l'ordre de 0.003centime/ecoute je crois, pas etonnant que ca craque. Si y a de l'argent en jeu, c'est plutot normal que toutes les parties veulent leur part. Ca risque d'etre dur de trouver un equilibre Une licence de gestion collective qui serait payée in fine par les internautes, à savoir nous ? Alors qu'il y a HADOPI, DADVSI et la taxe sur les supports vierges en prime ? Hors de question ! Ils ont merdé de A à Z, HADOPI va droit dans le mur, c'est le moment d'assumer les gars.
Il était facile de prévoir qu'ils allaient venir pleurer pour une variante amochée de la licence globale, par contre ils veulent garder tout pour eux : HADOPI, aucun droit accordé aux internautes, taxes diverses et variées. Ce n'est pas la bonne réponse. La bonne réponse, c'est couic HADOPI et DADVSI et la mise en place du Mécénat Global qui a l'avantage de rémunérer aussi les artistes qui diffusent leurs ?uvres sous une licence libre. Nicobi, le 03/08/2010 - 15:34 0.003centime/ecoute Bon aller je fais environ 2h de voiture par jour. En 2h j'entends au moins 2 fois la même chanson si j'écoute la radio. Suposons que 10 000 personne ecoute cette radio en même temps... 0,003 * 2 ecoutes * 10 000 personnes -> 600 € les 2 heures On fait vite dire ce que l'on veux au chiffre par rapport au contexte... il faut se mefier Jiwa a fait une erreur, celle de n'avoir pas voulu négocier les MG à la base et de refuser de jouer le jeu des négociations habituelles; et en sachant pertinent qu'ils allaient mourir à la fin.
Deezer est dans le même bateau. > Comme la licence de gestion collective ?
Tiens, Julien, comment on gère la licence de gestion collective ? bronto, le 03/08/2010 - 15:35 La bonne réponse, c'est couic HADOPI et DADVSI et la mise en place du Mécénat Global qui a l'avantage de rémunérer aussi les artistes qui diffusent leurs ?uvres sous une licence libre.La bonne réponse c'est ne plus payer pour des oeuvres et les arts, parce qu'on a mieux à faire de notre argent. Le seul site de musique légal que j'appréciai...
Retour sur Spotify, mais jamais je retournerais chez Deezer qaruk.zurack, le 03/08/2010 - 15:46 La bonne réponse c'est ne plus payer pour des oeuvres et les arts, parce qu'on a mieux à faire de notre argent.... quand on a de l'argent, cela va sans dire qaruk.zurack, le 03/08/2010 - 15:46 bronto, le 03/08/2010 - 15:35 La bonne réponse, c'est couic HADOPI et DADVSI et la mise en place du Mécénat Global qui a l'avantage de rémunérer aussi les artistes qui diffusent leurs ?uvres sous une licence libre.La bonne réponse c'est ne plus payer pour des oeuvres et les arts, parce qu'on a mieux à faire de notre argent. bronto, le 03/08/2010 - 15:50 qaruk.zurack, le 03/08/2010 - 15:46 bronto, le 03/08/2010 - 15:35 La bonne réponse, c'est couic HADOPI et DADVSI et la mise en place du Mécénat Global qui a l'avantage de rémunérer aussi les artistes qui diffusent leurs ?uvres sous une licence libre.La bonne réponse c'est ne plus payer pour des oeuvres et les arts, parce qu'on a mieux à faire de notre argent. Oui, il fatigue la... Les vacances pour bientot peut être... En février dernier, le rapport Zelnik proposait un axe original pour renforcer et améliorer l'offre légale sur Internet
l'offre légale ET payante. Forcément pour le gouvernement c'est implicite pas la peine de le mettre sous peine d'effrayer le client (heu citoyen pardon). Les auteurs/chanteurs sont avec leurs Majors comme les cocus avec leurs femmes : ils ne savent jamais ce qui se passe.
Mais ils n'en ont rien de bon à attendre.... librement adapté de François Marie Arouet qui n'a jamais rien du toucher sous ce nom là ! bronto, le 03/08/2010 - 15:35 La bonne réponse, c'est couic HADOPI et DADVSI et la mise en place du Mécénat Global qui a l'avantage de rémunérer aussi les artistes qui diffusent leurs ?uvres sous une licence libre.La bonne réponse c'est ne plus payer pour des oeuvres et les arts, parce qu'on a mieux à faire de notre argent. Matth, le 03/08/2010 - 15:40 Nicobi, le 03/08/2010 - 15:34 0.003centime/ecoute Bon aller je fais environ 2h de voiture par jour. En 2h j'entends au moins 2 fois la même chanson si j'écoute la radio. Suposons que 10 000 personne ecoute cette radio en même temps... 0,003 * 2 ecoutes * 10 000 personnes -> 600 € les 2 heures On fait vite dire ce que l'on veux au chiffre par rapport au contexte... il faut se mefier parceque 0.003 centimes * 2 * 10000 ca donne 60 centimes les 2 heures. on est bien loin des 600 euros. Les gars c'est le moment de migrer massivement vers Jamendo, dogmazic, boxon.net et d'écouter des radios comme Oxyradio
Matth, le 03/08/2010 - 15:40 Nicobi, le 03/08/2010 - 15:34 0.003centime/ecoute Bon aller je fais environ 2h de voiture par jour. En 2h j'entends au moins 2 fois la même chanson si j'écoute la radio. Suposons que 10 000 personne ecoute cette radio en même temps... 0,003 * 2 ecoutes * 10 000 personnes -> 600 € les 2 heures On fait vite dire ce que l'on veux au chiffre par rapport au contexte... il faut se mefier Au final, si l'album vaut vraiment le coup, mes écoutes rapporteront plus à l'artiste que l'achat d'un unique CD.
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