Comment les majors tuent dans l'oeuf la musique en ligne légale en France
Guillaume Champeau -
publié le Jeudi 04 Février 2010 à 19h49 -
posté dans Musique Numérique
![]() Alors que tout le monde s'attendait à une taxation du revenu des fournisseurs d'accès à Internet, le rapport Zelnik a pensé qu'obliger les majors du disque à ouvrir l'accès à leur catalogue via une licence de gestion collective obligatoire serait un meilleur remède à la crise de l'industrie. La faute à un mécanisme de minimums garantis que les majors ne veulent surtout pas abandonner.
Dans quelques mois devraient être envoyés en France par la Hadopi les premiers messages d'avertissements à l'encontre des internautes qui téléchargent de la musique illégalement. L'industrie du disque attend ces messages avec l'impatience de celui qui croit que son avenir tout entier en dépend. Et en attendant, elle croise les bras et tape du pied. Comme si le premier responsable de l'extrême difficulté du marché numérique à décoller en France était le pirate, plutôt que la gourmandise aveugle des majors du disque. Notre confrère Philippe Astor a publié à cet égard une enquête essentielle sur l'insoutenable fardeau des minimums garantis imposés par les majors aux plateformes de musique en ligne qui souhaitent faire le pas de la légalité. Ces avances sur recettes exigées par les grandes maisons de disques font reposer l'intégralité du risque d'exploitation des catalogues sur les éditeurs de plateformes. Ils doivent réunir des sommes astronomiques et miser sur d'improbables recettes simplement pour avoir une chance d'exister. Si l'avance à verser est trop lourde, l'exploitation du catalogue se fait à pertes. Chez MusicMe, les minimums garantis vont ainsi de 200 000
Sachant que ces montants sont déterminés en fonction de la part de marché attendue, on imagine les millions d'euros que doit verser Deezer, le grand leader du marché français de la musique en ligne. Et l'on comprend pourquoi la plateforme est aux abois. Philippe Astor explique très bien le mécanisme : les "start-up du secteur, soit s'engagent dans une fuite en avant qui consiste à multiplier les levées de fonds pour faire face aux échéances, soit envisagent sérieusement de jeter l'éponge". Christophe Lameignère, le président du SNEP et de Sony Music qui comparait les anti-Hadopi à des collabos nazis, énonce ainsi sa façon de voir les choses : "On ne va quand même pas offrir les six millions de titres disponibles sans aucune garantie à n'importe quel péquin qui arrive". Lameignère préfère miser sur une poignée de plateformes à l'économie aussi lourde que fragile que sur une armée de petites plateformes indépendantes. Avec ce raisonnement très éloigné de la théorie économique de la longue traîne, Google n'aurait jamais fait fortune en vendant de la publicité très peu cher à énormément de monde. Pour se faire payer des minima garantis, les majors de l'industrie musicale semblent employer des méthodes que ne renieraient pas certains dealers de drogue. La première dose est gratuite pour favoriser l'accoutumance, la seconde est chère mais la maison fait crédit et propose d'étaler la dette. Il faut lire à cet effet les droits de réponse invraisemblables publiés contre Jiwa par Thierry Chassagne, Pdg de Warner Music France, et par Christophe Lameignère. Tous les deux ont le même réflexe de rappeler que Jiwa avait commencé dans l'illégalité, et que les deux maisons de disques ont fermé les yeux en négociant un minimum garanti pour permettre à la plateforme d'éviter des ennuis judiciaires. "Mise en demeure de s'exécuter, Jiwa, a, à l'automne 2009, renouvelé ses engagements envers Sony Music Entertainment France, en concluant un protocole, échelonnant sa dette", raconte ainsi Lameignère. Il est vrai qu'à lire les droits de réponse Jiwa n'apparaît pas très sérieux dans sa gestion, mais les méthodes font tout de même froid dans le dos. C'est pour toutes ces raisons que nous avions accueilli favorablement la proposition du rapport Zelnik d'instituer une licence de gestion collective qui retire aux majors la faculté de monnayer le simple accès à leur catalogue. Nous avions même écrit alors qu'il s'agissait d'une "grande et bonne surprise" réservée par Patrick Zelnik, Jacques Toubon et Guillaume Cerruti. On était encore plus surpris lorsque Nicolas Sarkozy l'a fait sienne. Mais malheureusement, la licence de gestion collective a déjà fait pshiiit. Et les majors continueront d'accuser les pirates lorsque l'offre légale continuera à ne pas décoller, malgré les Cartes Musique Jeune vendues 200 euros. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Comment les majors tuent dans l'oeuf la musique en ligne légale en France»
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colonel freedoman
le 04/02/2010 à 20:04
L'enquète menée par Philippe Astor est très interessante, mais surtout très inquiétante. Certes on peut trouver normal une avnce sur les droits, (a la rigueur hien ) mais la c'est vraiment une volonté de décourager le possesseur de site de musique légal.On ressent bien la volonté de concentration à l'extrème, toujours soutenu par les majors (moins on est nombreux plus il y a de gateau c'est bien connu).J'avoue que je ne connaissais pas cette réalité à fond mais ca me dégoute encore plus que les députés aient voté hadopi.C'est un véritable racket et la comparaison avec le dealer de drogue n'est pas éloigné de la vérité.Triste France, cen'est pas sous les applaudissements que mourra la démocratie mais sous le vote des députés...
Peuvent toujours vendre des cartes musique à 200 Euros, le plus dur sera de trouver des acheteurs....
fourden, le 04/02/2010 - 20:35 Peuvent toujours vendre des cartes musique à 200 Euros, le plus dur sera de trouver des acheteurs....Ensuite, les racailles, au prix que va coûter, l'imachin, plein de musiques drmisées, je ne t'explique même pas l'ambiance! De toute façon les majors ne produisent plus rien de correct ou presque depuis des lustres et pour ce qu'ils ont fait de bien dans le passé tout le monde l'a déjà en MP3 non ??
et on peut très bien se le passer entre potes y compris sans passer par le Peer to Peer ..... Alors je ne vois pas bien ce qu'ils ont à vendre........et à qui ..... Il faudrait qu'ils arrêtent de croire au Père Noel...ils vont vers de nouvelles lourdes désillusions et c'est bien fait pour leur gueule d'ailleurs Qu'ils coulent !!!! - Comment voulez-vous discuter de commerce honnête face aux maffias de la Cabale du Copyright ? On le voit bien avec Jiwa & Deezer, qui accuse les Majors de surestimer leurs catalogues !
- Leurs fonds de catalogue...Denis Ettighoffer n'y va pas par 4 chemins : "La protection de la propriété intellectuelle et la sauvegarde des intérêts économiques des parties intéressées ne doit pas aboutir à un monopole des patrimoines immatériels au seul bénéfice d'intérêts privés. D'où mon insistance à ce que le « copyleft » devienne la règle, le référent juridique...l'iniquité du régime de protection des brevets comparé à celui du copyright. Il est souvent considéré comme moins noble et moins protecteur que le brevet, pourtant un laboratoire pharmaceutique qui investit des dizaines de millions d'euros en recherches avant une mise sur le marché tardive, compte tenu des contraintes de santé publique, bénéficie d'une protection de ses investissements en durée (20 ans) bien moindre que l'industrie du cinéma (70ans). Est-ce normal ? ....Il faut nationaliser la propriété intellectuelle...et redéfinir ses limites...en dissociant le paiement des droits d'auteur avec leur exploitation...préserver énergiquement les biens communs immatériels de la même façon qu'ils préservent le littoral en danger ou d'autres ressources matérielles en situation de risques spéculatifs." http://www.neteco.co...ttighoffer.html --------------------- - La solution reste la Licence Globale et Zelnik rejoint Jacques Attali pour le Copyright : http://www.ecrans.fr...a-une-guerre-de,7753.html Et si la négociation se passe mal, dans dix ans, les sociétés d'auteurs n'existeront plus. Tout sera réparti entre les majors et les FAI. Avec des fournisseurs d'accès qui deviendront peut-être aussi des majors, via des fusions déjà amorcées. On sera donc dans un monopole FAI/majors dans lequel les artistes n'auront qu'un infime pourcentage. C'est déjà le cas d'ailleurs, les artistes touchent très peu sur le nombre de titres vendus. Mais ce sera encore pire. Sauf si les sociétés d'auteurs de toutes natures †la Sacem, l'Adami et les autres †se donnent les moyens pour bien négocier. Une part importante du gâteau musical, cinématographique, audiovisuel, etc. pourrait alors aller aux artistes. C'est la négociation actuelle, et elle est très importante." ( Attali ) Là; le problème reste entier...Il faudrait court-circuiter ces intermédiaires parasitaires et ônéreux mais ....il faudra être patient encore....malgré que le vent a tourné en leur défaveur ! Les Majors ne veulent pas du Net, pas plus que les politiques et ceux qui en veulent encore moins, c'est le reste des industries.
Tout le système repose sur leurs moyens de communiquer/promouvoir/vendre. Le net, en permettant une autre approche, une autre possibilité de consommer, une capacité à exposer leurs travers, leur pose tant de problèmes qu'ils ne peuvent qu'essayer de préserver leur système. Et ce, par tous les moyens à leur disposition, qu'ils soient anticonstitutionnels, liberticides et antisociaux. Très intéressant. Nous avons une plate-forme de video en ligne et nous nous heurtons au mêmes problèmes. Soit il faut minima garantis vraiment importants, soit des DRMs, soit les deux ! Tout d'abord, tous les films sont déjà sur les réseaux pirates, et ensuite, ces Minima garantis ET/ou DRMs coutent chers, ce qui exclue du marché les start-ups. Restent juste les gros opérateurs, comme Orange, qui peuvent se permettre de payer des centaines de milliers d'euros, ou bien les réseaux pirates.
On les laisse faire ces gars des majors, alors pourquoi s'arrêteraient-ils puisqu'ils ne craignent rien...
Quand je pense qu'avec cette carte musique, une part de mes impots va se retrouver dans la poche de Sony ou d'Universal, ça me file la nausée !
Les Majors étranglent tout le monde, le créateur, le vendeur, le consommateur. En plus, elles nous imposent un flicage de nos connections et le couvre-feu sur internet (ACTA). Il ne faut plus nous laisser faire ! Sortez leurs noms de votre vocabulaire.
Meme s'il pouvait empecher le piratage c'est pas ça qui me ferai acheter leurs album ou aller au cinema ou bien encore acheter des dvd.
Quand on voit les prix.....
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