La situation actuelle dans les télécoms ne justifie en aucune façon une consolidation entre opérateurs, estime le patron de l'Arcep, le gendarme des télécoms.

C’est un sujet qui revient périodiquement dans l’actualité : le marché français, qui compte actuellement quatre gros opérateurs téléphoniques, à savoir Orange, SFR, Free Mobile et Bouygues Telecom, va-t-il ou doit-il se consolider à trois acteurs ? La dernière fois que cette éventualité était évoquée, c’était à la mi-mars.

Les rumeurs étaient d’ailleurs si insistantes que Bouygues Telecom avait dû prendre la parole. Dans un communiqué, l’opérateur avait ainsi démenti «  catégoriquement l’existence de discussions avec d’autres opérateurs en vue d’une consolidation du marché français des télécoms ».

Orange et Bouygues Telecom ont failli être mariés.

Bouygues Telecom apparaît aujourd’hui le plus susceptible de faire les frais d’un passage du marché à trois opérateurs.

D’ailleurs, il était question à une époque que Bouygues cède sa filiale à Orange contre une prise de participation dans son capital. Les actifs du groupe fréquences, installations, salariés, clients, boutiques) auraient été répartis entre Free et SFR de façon à limiter le poids d’Orange dans les télécoms.

Mais pour l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes, une concentration du secteur n’est pas justifiée aujourd’hui. Son président, Sébastien Soriano, qui a déjà eu l’occasion de s’exprimer à ce sujet, a estimé qu’un marché à quatre reste préférable, surtout au regard des indicateurs actuels.

S-Soriano
Sébastien Soriano, patron de l’Arcep.

« Lorsque sur un marché à quatre, deux avaient un handicap, la consolidation pouvait avoir du sens », explique-t-il dans un entretien au Figaro. Mais aujourd’hui, « il y a deux acteurs forts qui investissent beaucoup : Orange va bien, SFR tend à se renforcer ». Quant à Free et Bouygues, leur faiblesse tend à se résorber.

« La part de marché de Bouygues Telecom a dépassé les 10 % dans le fixe et Free Mobile affirme avoir atteint ses objectifs de déploiement de la 3G avec un an d’avance et poursuit ses efforts dans la 4G », poursuit le patron de l’Arcep. « Alors que le marché trouve enfin sa dynamique à quatre, j’ai du mal à comprendre ce que les Français auraient à gagner d’une consolidation . »

Le seul intérêt des actionnaires n’est pas suffisant

« Le seul intérêt des actionnaires n’est pas suffisant. Et un tel cas de figure pourrait être très dangereux pour l’investissement. Un nouveau cycle de négociations entre opérateurs ferait à nouveau perdre deux ans au secteur. Or c’est le moment d’investir dans la fibre. Si des négociations devaient reprendre, l’Arcep serait très vigilante et exigeante », continue-il.

Il ajoute : « en dépit de la guerre des promotions, les prix moyens sont stabilisés. Clairement, la machine à investissement est en train de repartir […] grâce à un très net réveil de SFR et une mobilisation toujours forte chez Orange. Les opérateurs ont fait de gros efforts et sont aujourd’hui en situation d’affronter le marché à quatre ».

Dans ces conditions, pourquoi vouloir une consolidation du marché ? « Une fenêtre se referme », juge le patron de l’Arcep.

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