On sait bien que l’écoconduite, ce n’est pas drôle. C’est pourtant la solution la plus efficace pour faire baisser les consommations. Cela peut s’appliquer à l’ensemble des véhicules thermiques, hybrides comme électriques : les voitures, les utilitaires, et même les deux-roues.

Face aux carburants chers, nous pourrions très bien vous inviter à laisser votre véhicule au garage pour favoriser d’autres modes de transport. Nous sommes parfaitement conscients que ce n’est pas la solution pour bon nombre d’automobilistes. Par contre, face à la hausse des coûts de l’énergie, changer vos (mauvaises) habitudes de conduite pourrait bien vous permettre de réaliser quelques économies.  

Sur les réseaux sociaux, beaucoup semblent se plaindre de la hausse des carburants, mais sur la route, les comportements n’ont pas, ou peu, évolué. Un rappel de quelques bonnes pratiques nous semble opportun, et c’est certainement plus utile que de vous conseiller d’investir dans une nouvelle voiture électrique, par exemple.

Avant la conduite : quelques vérifications du véhicule

On n’y prête pas toujours attention, mais certaines surconsommations le sont par négligence. La vérification de la pression des pneus est un incontournable de la sécurité routière, mais c’est aussi un moyen d’éviter de gaspiller du carburant avec une pression des pneumatiques inadaptée. Si vous êtes amenés à changer vos pneumatiques, n’hésitez pas à porter une attention particulière aux modèles affichant un bon score (A ou B) pour la consommation de carburant. Ils sont parfois un peu plus chers à l’achat, mais vous pourriez vite vous y retrouver avec les tarifs des carburants actuels.

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Pneumatique automobile. // Source : Pixabay @AutoPhotography

On recommande aussi de retirer les barres de toit, coffres de toit, supports à vélo lorsqu’ils ne sont pas utilisés pendant une longue période. Tous ces éléments ont un impact direct sur les flux aérodynamiques du véhicule et entraînent donc une hausse de la consommation de carburant (ou d’électricité dans le cas d’un véhicule électrique). Dans la même lignée, on évite de transporter des charges lourdes dans le coffre, si ce n’est pas utile. Tout poids supplémentaire inutile représente vite quelques litres de carburants en plus au cumul.

Si vous avez remarqué une hausse anormale de votre consommation, sans avoir changé vos habitudes, n’hésitez pas à passer au garage pour vérifier qu’une panne mécanique n’en est pas à l’origine.

Dans la voiture : quelques bons réflexes

Normalement, vous savez tous que la climatisation, comme le chauffage, peut avoir un impact sur la consommation. Hélas, rouler avec la vitre ouverte pour éviter la clim n’est pas non plus la réponse la plus adaptée pour faire baisser vos consommations. L’idée est d’utiliser la clim ou le chauffage sans demander des différences de températures trop importantes, pour limiter l’impact sur la consommation, mais sans pour autant se priver de cet élément de confort.

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Climatisation et chauffage automobile. // Source : Pixabay @Mikes-Photography

L’hiver est terminé, mais pour économiser, on évite de laisser son moteur tourner inutilement pendant plusieurs minutes. Dans tous les cas, il vaut mieux couper son moteur et redémarrer que de laisser la voiture au ralenti. Les voitures récentes sont généralement équipées de la fonction « start & stop » pour éviter ce gaspillage à l’arrêt.

Au volant : on adopte la conduite zen

On parle de conduite apaisée, mais surtout de conduite anticipative. C’est souvent la manière la plus efficace de voir son compteur de consommation partir à la baisse, que l’on roule avec un moteur à essence, hybride ou électrique. Pour les conducteurs de véhicules électriques, cette méthode complète parfaitement l’utilisation du freinage régénératif pour économiser des kilomètres d’autonomie.

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Honda e et son freinage régénératif « one pedal ». // Source : Raphaelle Baut pour Numerama

Beaucoup sont très attachés à la conduite dynamique, sportive, voire agressive, mais si vous voulez faire des économies, il est peut-être temps de changer vos habitudes. Surtout, la baisse sera immédiatement répercutée.

Pour économiser du carburant, on anticipe la route, on projette loin son regard et on élimine les accélérations et freinages successifs, surtout lorsqu’ils ne sont pas nécessaires. Il est notamment souvent inutile :

  • D’attendre les derniers mètres pour lâcher l’accélérateur et freiner à l’approche d’un feu rouge, d’une intersection ou d’un rond-point. Il suffit de lever le pied en amont et de profiter de l’élan de la voiture,
  • De doubler sauvagement un cycliste circulant à 20 ou 30 km/h pour se retrouver à l’arrêt au bout de la rue,
  • D’accélérer rapidement pour revenir à 50 ou 80 km/h si la route se dégage, alors que l’on a un obstacle quelques centaines de mètres plus loin,
  • De coller la voiture/camion devant nous, car cela impose de jouer beaucoup plus avec le freinage et l’accélération,
  • De vouloir rester à 130 km/h parce que c’est autorisé. Baisser de 10 km/h sa vitesse sur autoroute fait gagner plusieurs dizaines de kilomètres au compteur.

Pour ceux qui roulent toujours avec un véhicule thermique et avec une boite mécanique, on évite aussi les surrégimes. Pour autant, le sous-régime n’est pas non plus l’idéal. Il faut rouler dans la plage recommandée, autour des 2 000 trs/min avec un diesel et 2 500 trs/min avec un moteur essence, mais tout ceci peut sensiblement varier d’un modèle à un autre.

Bref, plus on roule « propre » et sans à-coups, plus on peut gagner de l’autonomie. Selon l’Ademe, en ville on peut faire jusqu’à 15 % d’économie. Il faut pour cela trouver un moyen de lisser sa conduite et de jouer avec l’élan du véhicule.

Vous pouvez interroger les pilotes de sports automobiles, ils vous confirmeront que l’agressivité ne donne pas toujours les résultats escomptés pour arriver au but avant les autres. D’ailleurs, de nouvelles compétitions automobiles se développent autour de l’éco-conduite, le « e-rallye » de la FIA (Fédération Internationale Automobile) en est un parfait exemple.

Certains verront probablement des contraintes à ces changements, mais en adoptant une conduite plus anticipative, le stress généré par un trafic routier (de plus en plus dense) baissera sensiblement. Il n’y a pas que la consommation qui peut gagner à ce changement de philosophie de conduite, mais vos plaquettes, vos pneumatiques, votre voiture dans son ensemble, le conducteur et les passagers ne s’en porteront que mieux.

De plus en plus d’auto-écoles et d’entreprises spécialisées proposent des leçons d’écoconduite pour faire un point sur les améliorations possibles. Cela peut permettre de corriger quelques mauvaises habitudes prises au fil des ans. C’est d’autant plus intéressant, si vous êtes passés d’un véhicule thermique à un modèle hybride (ou électrique) pour pleinement profiter du potentiel de votre véhicule.

Notre recommandation, testez ces quelques gestes d’écoconduite, cela ne vous coute rien d’essayer, au contraire même, cela pourra vous faire économiser de précieux euros.