Depuis octobre 2020, je suis propriétaire d'une Mini Cooper SE, première voiture 100 % électrique de la marque anglaise. Que m'ont appris ces premiers mois d'utilisation ?

Quand j’ai essayé la Mini Cooper SE pour la première fois, à l’occasion d’un essai organisé dans le sud de la France juste avant le premier confinement, j’en suis tout de suite tombé amoureux. L’autonomie ne fait pas rêver mais, pour mon usage au quotidien (qui consiste à aller à la salle de sport), elle s’avère amplement suffisante. En dehors de ce défaut qui n’en est pas forcément un, la Mini Cooper SE a tout pour plaire : design séduisant (c’est le même que la thermique), équipement premium, conduite fun…

De fait, à peine rentré du voyage de presse, j’ai contacté la concession Mini près de chez moi pour troquer ma Mini One thermique contre cette Mini Cooper SE. Après une longue attente, prolongée en raison du coronavirus, j’ai pu aller chercher cette voiture 100 % électrique — louée pendant deux ans — en octobre 2020. Si je ne regrette pas ce choix (un peu parfois dans certaines situations), j’ai pu tirer plusieurs enseignements de ces premiers mois d’utilisation.

Ne pas se fier à l’affichage de l’autonomie

Comme stipulé sur le site officiel, la Mini Cooper SE offrirait une autonomie comprise entre 235 et 270 kilomètres selon le cycle WLTP. Depuis que nous avons fait l’acquisition de notre modèle, jamais l’écran de bord n’a affiché plus de 190 kilomètres. L’algorithme de calcul serait-il un peu pessimiste ? Ou bien Mini serait-il trop optimiste dans les chiffres qu’il avance ? La vérité doit se trouver entre les deux. On a par exemple pu effectuer un trajet de 55 kilomètres, surtout composé de voies rapides, en n’utilisant que 23 % de la batterie. Un rapide produit en croix donne une idée de l’autonomie réelle dans ces conditions : 240 kilomètres environ. Au départ de ce trajet, l’écran de bord n’annonçait pourtant qu’une autonomie de 163 kilomètres.

D’une manière générale, les kilomètres affichés par l’écran de bord sont surtout une source de stress : à mesure qu’on voit le chiffre baisser, on peut paniquer. Il ne faut néanmoins pas le prendre pour argent comptant. Il se base sur les derniers kilomètres parcourus. Si vous avez eu le pied un peu lourd sur la pédale d’accélération, ou s’il a fait très froid, l’autonomie affichée ne représentera pas la réalité. Pour mieux s’y retrouver, il est préférable de se fier au pourcentage restant affiché dans l’application riche en informations pertinentes (consommation électrique…).

Autre preuve qu’il ne faut pas toujours se fier à l’écran de bord : l’autonomie peut parfois grimper ou rester fixe pendant plusieurs kilomètres. Il s’agit d’un ajustement en temps réel, qui dépend de l’allure, des conditions extérieures, du mode de conduite et de votre pilotage. Sur notre parcours habituel, qui rallie Lille à Fressain dans le Nord de la France, les quelques kilomètres parcourus à 130 km/h font drastiquement baisser l’autonomie. En revanche, la dernière portion, limitée à 90 km/h, fait constamment regagner quelques kilomètres. Si vous pensez que l’autonomie baisse un peu trop vite, n’hésitez pas à ralentir un peu — d’autant qu’une citadine comme la Mini Cooper SE n’est pas taillée pour l’autoroute. Comprendre : ne comptez pas trop sur elle pour enchaîner les kilomètres le temps d’un week-end.

L’application Mini Cooper SE note chacun de vos trajets pour apprendre à rouler de manière plus efficiente // Source : Maxime Claudel pour Numerama

Quelques chiffres sur la consommation :

Mode de conduite Autonomie au départ Autonomie à l’arrivée Kilomètres parcourus  Capacité utilisée
Parcours 1 (11 degrés) Green 163 km 142 km 55 km 23 %
Parcours 2 (0 degré) Sport 108 km 45 km 55 km 37 %
Parcours 3 (- 7 degrés) Green 160 km 147 km 15 km 8 %
Parcours 4 (- 3 degrés) Green 147 km 119 km 15 km 11 %
Parcours 5 (4 degrés) Green 162 km 127 km 55 km 27 %
Parcours 6 (16 degrés) Green 179 km 150 km 55 km 20 %

La voiture électrique n’aime vraiment pas le froid

Vous ne le savez peut-être pas : les voitures électriques n’aiment vraiment pas le froid. L’hiver, l’autonomie estimée est au plus bas, en raison de la batterie qui a besoin de chauffer plus pour atteindre une température optimale (un processus qui réclame de l’énergie). Dès lors, il ne faut pas s’étonner de faire moins de kilomètres quand les températures extérieures sont froides. D’autant qu’on aura tendance à davantage utiliser les options de confort (sièges chauffants par exemple) qui tirent sur la batterie.

Nos multiples parcours effectués cet hiver peuvent appuyer ce constat : plus il fait froid, plus l’autonomie fond comme neige au soleil sur des trajet similaires (entre 20 et 33 % pour 55 kilomètres).

Source : Louise Audry pour Numerama

Le mode green est ton ami

Les voitures électriques disposent généralement de plusieurs modes de conduite. La Mini Cooper SE en a quatre : normal, sport, Green et Green+. Sauf à vouloir profiter d’une accélération plus franche, il est préférable de rouler en Green. La perte de puissance est compensée par une consommation énergétique moindre, ce qui se traduit par un léger gain d’autonomie. Dans le cas de la Mini Cooper SE, il  est important de noter que le mode Green reste très plaisant. Il en offre suffisamment sous la pédale pour ne pas nous donner l’impression de rouler dans une voiture lente. On pourra quand même trouver dommage d’avoir l’opportunité de passer de 0 à 100 km/h en 7,3 secondes, et de ne pas pouvoir raisonnablement en profiter.

Source : Louise Audry pour Numerama

Abuser du limitateur de vitesse

Avec une voiture électrique, on peut vite se retrouver en situation d’excès de vitesse. L’accélération, franche, et le manque de retour sonore font que l’on se rend moins compte de son allure. Pour éviter d’accumuler bêtement les amendes, on ne peut qu’encourager à activer le limitateur de vitesse, qui évite facilement d’être hors-la-loi. Il y a un autre avantage à s’en servir : une fois atteinte la vitesse maximale autorisée, il n’est plus nécessaire de donner des coups d’accélérateur, ce qui est bénéfique pour la batterie et, par ricochet, l’autonomie.

Source : Louise Audry pour Numerama

Se brancher à la moindre occasion

Quand on est propriétaire d’une voiture électrique dotée d’une autonomie qui peine à offrir les 200 kilomètres, il faut la voir comme un vieux smartphone qui a besoin d’être branchée régulièrement pour tenir la charge. C’est un réflexe à adopter : dès que l’on se trouve à proximité d’une borne gratuite (en faisant ses courses par exemple) ou d’une prise (quand on visite un ami par exemple), il est utile de se brancher — même pour regagner cinq kilomètres. Cela ne coûte pas grand-chose et permet d’optimiser au mieux son autonomie. On le rappelle quand même : une voiture 100 % électrique peut se brancher sur une prise domestique — comme votre smartphone. Bien sûr, sa batterie se rechargera plus vite sur une borne rapide.

Les bornes à Lille (source Chargemap) // Source : Capture d’écran

Brancher la voiture dès que cela est possible est d’autant plus utile que les infrastructures sont encore loin de répondre aux besoins, selon les zones géographiques. À Lille, qui est une ville de belle taille, les bornes sont plus rares qu’on pourrait le croire. Le meilleur conseil qu’on puisse vous donner serait de trouver un centre commercial équipé de bornes. Normalement gratuites, elles permettent de faire d’une pierre deux coups : on recharge sa voiture pendant qu’on fait ses courses. Attention, néanmoins, certaines zones ne sont pas suffisamment équipées en nombre, pour contenter tout le monde. Il peut donc y avoir embouteillage.

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