On a pu essayer la Cooper SE, première voiture 100 % électrique de la marque Mini, à une dizaine de jours de son lancement. Et on l'adore.

Après le Countryman hybride qui remporte un franc succès (20 % des ventes de Countryman dans le monde en 2019), Mini continue l’électrification de son catalogue en s’attaquant à son modèle ultra plébiscité : la Cooper S. Annoncée au mois de juillet dernier, la Cooper SE s’apprête à envahir les rues avec la promesse d’assurer sportivité et conduite plus propre tout en conservant le look qui confère à la voiture son charme inégalé.

Quelques jours avant son lancement attendu pour le début du mois de mars, nous avons pu essayer la Mini Cooper SE dans Marseille et ses alentours. Dès les premiers kilomètres, elle a su nous conquérir : pour qui souhaite une citadine vive au design affirmé, elle a tout pour plaire. Il faudra simplement ne pas être regardant sur l’autonomie limitée, qui réserve cette Cooper SE à de courts trajets du quotidien.

Avant de la Mini Cooper SE // Source : Maxime Claudel pour Numerama

L’icône préservée

Mini n’a pas voulu réinventer son icône. Certains pourront y voir un manque d’audace, d’autres une fidélité à toute épreuve. Après tout, la Mini possède un design tellement mythique que les aficionados ne veulent pas qu’elle change. Ont-ils raison ? Ont-ils tort ? Qu’importe. Car force est de reconnaître que la Cooper SE est tout simplement… jolie. Sa plus grande qualité est de ressembler à son homologue thermique, ce qui peut paraître paradoxal quand on change la motorisation. À quelques millimètres près en hauteur (à cause de la batterie en T placée sous le plancher), le gabarit est le même. Ce look rondouillard que tout le monde connaît aussi. Celles et ceux qui adorent déjà la Mini tomberont amoureux au premier regard de cette édition 100 % électrique. Au fond, c’est tout ce qui compte.

Celles et ceux qui adorent déjà la Mini tomberont amoureux au premier regard de cette édition 100 % électrique

Il y a bien quelques distinctions esthétiques à souligner çà et là. La calandre est volontairement fermée pour marquer la rupture avec la motorisation thermique tandis que des logos « E » habillés de jaune prennent place un peu partout pour symboliser le tout électrique — le sens du détail. Mini est parvenu à placer le port servant à la recharge au même endroit que le bouchon du réservoir à essence. Cette position a une double utilité : une simplification dans la ligne de production et une habitude gardée du côté de l’utilisateur. C’est astucieux. Mini oblige, la Cooper SE peut être personnalisée sans surcoût. On peut même l’équiper de jantes aérodynamiques plus jolies en vrai que sur les photos.

Bref, on adore vraiment le look de cette Cooper SE — surtout en rouge, couleur qui s’associe à merveille avec les phares arrières Union Jack (de série). Dans l’habitacle, les finitions respirent le premium et l’assise basse assure un confort très, très appréciable.

Arrière de la Mini Cooper SE // Source : Maxime Claudel pour Numerama

Un vrai mode sport

La Cooper SE partage beaucoup avec la BMW i3s, dont elle emprunte le moteur développant une puissance équivalente à 184 chevaux. En pratique, cela donne un 0 à 100 km/h atteint en 7,3 secondes (contre 6,7 pour la Cooper S thermique équivalente). Cette accélération, associée au couple de 270 nm disponible tout de suite, permet à la Mini de profiter d’un comportement hyper dynamique et franc. Le moteur électrique garantit une conduite silencieuse et agréable, sachant que la Cooper SE en garde toujours sous la pédale — même à une vitesse de 130 km/h (où on commence généralement à perdre en reprise). La vitesse maximale est bridée à 150 km/h, ce qui évitera de perdre son permis bêtement.

La voiture est littéralement collée à la route et c’est un bonheur à manier

Bonne nouvelle, le mode Sport de la Cooper SE n’est pas là que pour faire beau. Une fois enclenché, la direction se durcit (on le sent tout de suite dans le volant) et on profite d’une meilleure réponse à l’accélération — pour une agressivité dans le bon sens du terme, couplée à la fluidité de l’électrique. Il y a aussi des modes plus économiques : Green voire Green+, qui coupe toutes les fonctionnalités gourmandes (ce qui peut être utile en cas d’urgence). Pour sa part, le frein régénératif dispose de deux paramètres. Par défaut, il est très ferme et brusque dès qu’on lâche la pédale d’accélération. Mais on peut l’adoucir pour le rapprocher un peu plus d’un équivalent hybride (au détriment de l’énergie récupérée). En revanche, il n’y a pas de mode roues libres.

Connaissant le châssis des Mini, dont la philosophie est d’offrir un feeling karting, on s’attendait à ce que la Cooper SE pousse le concept encore plus loin en raison du centre de gravité plus bas. Le constat s’est vite vérifié : la voiture est littéralement collée à la route et c’est un bonheur à manier.

Le museau de la Mini Cooper SE // Source : Maxime Claudel pour Numerama

Autonomie limitée mais…

On ne vous cachera pas que l’autonomie de la Cooper SE a de prime abord tout pour décevoir : sur le papier, elle ne peut avaler que 230 kilomètres selon le cycle WLTP. Cette caractéristique est pleinement assumée par le groupe BMW, qui estime que les voitures électriques doivent pour l’heure être des citadines — le temps que les technologies de batterie s’améliorent et puissent en offrir plus. Ce positionnement s’appuie sur un programme d’étude réalisé en 2008 avec une Mini E, lequel fut utile pour développer l’i3. À l’époque, la multinationale avait découvert que les Français roulent en moyenne 44 kilomètres par jour. Autant dire que la Cooper SE répond aux besoins dans la majorité des usages journaliers. En revanche, on ne pourra pas la conseiller pour partir très loin, sinon à bien planifier son voyage avec les bornes installées un peu partout en Europe. À nos yeux, la Cooper SE est parfaite pour un usage quotidien à tendance urbain — et elle n’est pas commercialisée pour autre chose. Si vous avez besoin de plus pour rouler, portez votre choix sur une autre voiture.

Durant notre essai, nous avons pu nous faire une idée de l’efficience de la Cooper SE. Sur des voies rapides, la voiture consomme entre 19 et 20 kWh tous les 100 kilomètres, un chiffre qui tombe aux alentours des 16 kWh en ville. Sachant que la capacité de la batterie atteint les 32,6 kWh, le calcul est vite fait : en conditions réelles, on navigue entre 160 et 200 kilomètres d’autonomie — hors facteurs externes qui peuvent l’influencer positivement ou négativement (température, utilisation des fonctionnalités comme la climatisation…).

Mini Cooper SE sur une borne Ionity // Source : Maxime Claudel pour Numerama

La Mini Cooper est compatible avec la charge à 50 kW sur les bornes rapides. On a pu le vérifier sur une station Ionity qui a mis moins de 20 minutes pour recharger 40 % de l’autonomie.

Un équipement de série très copieux

Mini a voulu simplifier sa gamme électrique au maximum. Au lancement, il n’y a que deux finitions disponibles — Greenwich (37 600 euros) et Yours (40 800 euros) — et très peu d’options proposées. Il faut dire que, de série, la Mini Cooper SE est très, très bien équipée : accoudoir central avant avec chargeur à induction (pour ranger et recharger son smartphone), caméra et radar de recul, rétroviseurs extérieurs électriques, volant sport en cuir, climatisation automatique bi-zone, GPS, CarPlay (y compris en Bluetooth), projecteurs Full LED, sièges avant chauffants ou encore toit ouvrant panoramique en verre. 

La Cooper SE introduit un écran de bord entièrement numérique doté d’une interface claire, qu’il est possible de coupler à un affichage tête haute peu convaincant (on a vu mieux). Il dispose d’un filtre anti-reflet très performant, qui donne un rendu mat du plus bel effet, et fournit en temps réel les informations sur la consommation électrique (l’algorithme d’autonomie paraît très pessimiste).

CarPlay dans la Mini Cooper SE // Source : Maxime Claudel pour Numerama

Cependant, Mini fait l’impasse sur les aides à la conduite poussées et, pour le moment, ne veut pas entendre parler des assistances qui autoriseraient des fonctionnalités de conduite semi-autonome. Sur ce point, la Cooper SE fait le strict minimum. Même son de cloche en matière de connectivité, qui repose sur l’application compagnon MINI Connected (préclimatisation,  verrouillage/déverrouillage à distance, consultation de l’état de la batterie, programmation de la recharge).

En bref

Mini Cooper SE

Note indicative : 5/5

La Cooper SE est un véritable coup de cœur. Mini est parvenu à associer le design iconique de sa voiture avec la mobilité de demain. En résulte un mariage idéal, dont la lune de miel prend la forme d’un voyage, court certes, mais terriblement enivrant. Vous n’irez pas très, très loin avec cette Cooper SE mais la citadine n’est pas faite pour les longs trips. Elle est plutôt taillée pour se faufiler avec style dans les environnements urbains.

Nantie d’une conduite ô combien agréable, avec un vrai mode sport au programme pour se faire plaisir, la Mini Cooper SE profite en outre d’un équipement de série bien garni et de finitions premium chères à la marque. Vous l’aurez compris, on adore et le divorce n’est clairement pas envisagé.

Top

  • Un look indémodable
  • Un plaisir de conduite
  • Équipement de série à la pointe

Bof

  • Oui, l'autonomie pourra être un peu juste
  • Affichage tête haute
  • Frein régénératif imposé

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