Le Mustang Mach-E est un véhicule avec beaucoup d'atouts, mais les tests de l'EPA montrent qu'elle ne rivalisera pas avec Tesla sur le plan de l'autonomie.

En misant sur l’électrique il y a une dizaine d’années, Tesla a pris de l’avance et les constructeurs automobiles réalisent petit à petit le chemin qu’il leur reste à parcourir pour rivaliser avec l’entreprise d’Elon Musk. Et si l’on évoque souvent la conduite autonome, qui restera un mirage tant qu’elle ne sera pas légale, on oublie souvent que Tesla a raffiné la conception de ses voitures pour les rendre extrêmement performantes en termes d’autonomie des batteries.

C’est ce qu’on lit en creux, à la publication des résultats d’autonomie du Mustang Mach-E par l’Agence pour la Protection de l’Environnement américaine (EPA). La première voiture électrique de Ford ne semble pas armée pour faire aussi bien que les derniers véhicules de Tesla — et notamment le Model Y, concurrent direct.

Mustang Mach-E eAWD Mustang Mach-E RWD Tesla Model Y AWD Tesla Model S AWD
Batterie standard 211 miles (339 km) 230 miles (370 km) 303 miles (487 km) 387 miles (622 km)
Batterie longue distance 270 miles (434 km) 300 miles (482 km) 326 miles (524 km) 402 miles (646 km)

Tableaux des mesures EPA de l’autonomie des véhicules électriques. Les Mustang n’ont pas encore été testés sur autoroute, ce qui signifie que leur autonomie globale peut encore baisser.

On s’aperçoit très rapidement avec ce comparatif que Ford n’arrive pas à atteindre les performances du Model Y de Tesla ou de l’inépuisable Model S. En plus, si l’on compare les véhicules sur leur motorisation, les Model Y et Model S sont désormais tous les deux en « All Wheel Drive », ce qui signifie que la transmission est intégrale (sur les 4 roues). Le modèle RWD du Mustang, qui est le plus autonome sur route de la gamme selon l’EPA, n’est que « Rear Wheel Drive », ce qui définit sa motorisation électrique par les roues arrière uniquement (propulsion). De fait, le tableau laisse peu de place au doute : sur le papier, la moins endurante des Tesla parvient à être plus endurante que la plus endurante des Mustang Mach-E.

L’arrière de la Ford Mustang Mach-E GT // Source : Ford

L’autonomie des Tesla, la fierté d’Elon Musk

Il faut garder à l’esprit que le cycle EPA est un parcours théorique d’un véhicule et que l’autonomie réelle, réalisée par un conducteur au volant, est souvent moindre. Mais comme tout barème, il permet de comparer les véhicules à partir d’un test neutre. En pratique, les constructeurs peuvent un peu retoucher leurs véhicules pour aller au-delà des mesures EPA, mais ces changements ne feront pas gagner des dizaines de kilomètres aux conducteurs. À moins d’un miracle, Ford ne parviendra pas à battre Tesla et ses nombreuses années d’optimisation de la consommation sur le terrain de l’autonomie.

Car Tesla, conscient qu’il s’agit d’un des problèmes des clients pour passer à l’électrique, a toujours souhaité être le meilleur sur ce point de la fiche technique. Quand Lucid Air a annoncé avoir dépassé la startup californienne sur le cycle EPA (406 miles contre 402), Tesla n’a pas tardé à réagir : une Model S a été repérée avec une autonomie certifiée par l’EPA à 409 miles en une charge. Ces améliorations sont de petits ajustements, qui viennent tout à la fois du matériel que du logiciel. En effet, un meilleur contrôle de la puissance et de la récupération d’énergie par l’ordinateur de bord permet parfois de gagner quelques kilomètres.

Cette expérience de terrain, c’est tout ce que les grandes marques de l’automobile devront rattraper à marche forcée si elles espèrent affronter Tesla sur son territoire. Certes, Ford n’y est pas encore, mais aucun constructeur n’y parvient vraiment aujourd’hui.

Crédit photo de la une : Ford

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