Nouvelle annonce, même confusion : le gouvernement finit par embrouiller tout le monde sur les aides pour les voitures électriques. La dernière intervention publique du Ministre de l’Économie nous a inspiré cet éditorial Watt Else du 27 novembre.

Le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, a annoncé le 26 novembre sur France Inter que le « bonus » allait augmenter en 2026 jusqu’à atteindre 5 700 €. Pour qui ? Quand ? Le ministre n’a rien dit de plus sur le moment, pas même une date à laquelle se raccrocher pour connaître la suite de ce teaser. Et puis, rien que de continuer à appeler cela « bonus » en direct à la radio, alors que l’appellation a changé depuis le mois de juin, mérite bien le bonnet d’âne.

Vous allez probablement dire que l’on n’est jamais content, mais ma réaction a été de lever les yeux au ciel en écoutant le ministre : les apprentis sorciers du gouvernement ont-ils encore frappé ? Ils ont réussi à transformer une apparente bonne nouvelle pour les ventes de voitures électriques en exaspération. Heureusement, l’explication est tombée quelques heures plus tard par un communiqué du ministère, et cela permet d’y voir un peu plus clair dans ce dispositif au fonctionnement opaque.

On n’y comprend plus rien (épisode 53)

Cette déclaration va certainement faire bondir ceux qui s’opposent au subventionnement de la voiture électrique à travers des aides à l’achat, et pour une fois, ils n’auraient pas tort. Depuis que l’argent des aides ne sort plus des poches du gouvernement, l’État s’est montré particulièrement généreux. Néanmoins, dans le cas présent, il s’agit juste d’une illusion. C’est la valeur des certificats d’économie d’énergie (CEE) qui augmente mécaniquement celle des subventions jusqu’à 5 700 €. Si cette bulle éclate, les aides retomberont aussitôt. 

Au moins, il ne s’agit pas de créer une nouvelle niche destinée à 0,05 % de la population française pour trois modèles et demi éligibles. C’est un peu ce que le gouvernement a inventé avec sa surprime de 1 000 € annoncée en septembre dernier pour les voitures électriques dont la batterie est européenne. Les différentes catégories d’acheteurs ne changent pas, mais tous bénéficieront d’une aide gonflée de quelques centaines d’euros (par exemple, 3 500 € au lieu de 3 100 € pour les ménages les plus aisés).  

Malgré tout, cela fait des années que la filière automobile réclame un peu de visibilité à long terme et surtout un message clair à destination du grand public. Plus les constructeurs automobiles le réclament, plus les aides changent rapidement et se compliquent. À croire que tout est fait pour créer la potion la plus indigeste. Et le ministre ose, en plus, reprocher aux industriels leur manque de gratitude envers le gouvernement. Comme si l’État n’était pas lui-même l’un des premiers artisans du décrochage de compétitivité. 

Roland Lescure à la journée de la filière automobile 2025 demande de la gratiude // Source : Raphaelle Baut pour Numerama
Roland Lescure à la journée de la filière automobile 2025 demande de la gratitude // Source : Raphaelle Baut pour Numerama

Les prémices d’un remplacement du leasing social ? 

Avec un coup de pouce CEE revu à la hausse, j’en viens à me demander si le leasing social a encore du sens. Ce dispositif semble dans une impasse. Même si certains acheteurs se sont rués dès les deux premiers jours sur l’offre, la voiture à 100 € par mois (et plus, cette année) n’a pas atteint son quota de dossiers. Le dernier chiffre officiel faisait état de 44 000 demandes après plus d’un mois et demi. Le leasing social n’est valable que jusqu’au 31 décembre (ou l’atteinte des 50 000 dossiers).

Offres Stellantis du leasing social 2025 // Source : Stellantis
Offres Stellantis du leasing social 2025 // Source : Stellantis

Dans ce contexte, augmenter le « bonus » — pardon, le coup de pouce CEE — pourrait attirer davantage d’acheteurs vers des modèles moins contraints et plus variés. Dans tous les cas, on sait que cela ne concernera toujours que les voitures électriques ayant obtenu l’éco-score, donc des modèles produits en France ou en Europe. S’il y a un point sur lequel le gouvernement refuse de rétropédaler, c’est bien celui-là. Pour le reste, c’est au gré des explosions des potions bancales que le gouvernement adapte la recette en espérant trouver la bonne. Dommage qu’il ne prenne pas forcément le problème par le bon bout : faire baisser les coûts en amont (électricité et taxes) et pas seulement arroser en aval. 

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