Les véhicules électriques à autonomie étendue (EREV/REEV) seront-ils la prochaine tendance 2026-2027 des annonces européennes ? Alors que l’on pensait le prolongateur d’autonomie mort et enterré avec les premiers modèles de voitures électriques, cette technologie pourrait tenter un retour gagnant. Le véhicule EREV intègre un moteur thermique, mais celui-ci sert de générateur pour remplir la batterie, à la différence d’autres motorisations hybrides.
En Chine, les véhicules électriques à prolongateur d’autonomie (EREV) connaissent une progression rapide. Ils gagnent même du terrain sur les hybrides rechargeables (PHEV). De plus en plus de constructeurs en ajoutent à leur gamme (Xiaomi, Xpeng, Zeekr…), alors même qu’ils ne se concentraient initialement que sur le développement de modèles 100 % électriques. Cette tendance n’a pas échappé aux constructeurs occidentaux qui s’y intéressent de plus en plus.
Renault, Stellantis, Volkswagen ou BMW pourraient céder à la tendance
L’EREV n’est plus perçu comme une « vieille techno » pour pallier l’absence d’infrastructure de recharge comme à l’époque de la BMW i3. C’est désormais une alternative qui lève les freins sur l’autonomie ou les conséquences du froid. C’est également un moyen pour éviter d’équiper certains modèles des segments supérieurs avec des batteries toujours plus grosses (de 100 kWh ou plus), puisque les modèles EREV se basent généralement sur des batteries moyennes de 30 à 50 kWh.

Avec sa coentreprise Horse Powertrain, en partenariat avec Geely, Renault aurait à disposition un moteur particulièrement adapté à l’EREV que la marque pourrait introduire dans ses modèles européens, comme le Scénic ou le Rafale de prochaine génération, selon des rumeurs. Il ne serait pas étonnant que l’on retrouve aussi cette solution chez Alpine qui va avoir du mal à maintenir une stratégie 100 % électrique. Ce sera probablement l’un des axes développés lors du Strategy Day du 10 mars prochain.
Chez Stellantis, ce sont les modèles américains qui accueillent d’abord la technologie EREV, notamment le gros pick-up RAM. On la retrouve également déjà en Europe, mais au travers du partenariat avec la marque chinoise Leapmotor. Là encore, il ne serait pas étonnant que le nouveau patron, Antonio Filosa, fasse des annonces pour les marques européennes lors de la présentation de son plan stratégique au mois de mai. Plusieurs modèles électriques haut de gamme qui devaient voir le jour dans les prochaines années (chez Alfa Romeo ou Lancia) pourraient disparaître du programme produit en tant que purs électriques.

Volkswagen s’intéresse aussi à l’EREV, d’une part pour ses modèles développés pour la Chine ou pour sa marque Scout aux États-Unis. Mais combien de temps faudra-t-il au groupe pour voir une opportunité pour cette solution en Europe ? Audi se pencherait déjà sur la question. Un autre constructeur premium allemand testerait aussi cette motorisation en vue d’une intégration dans sa gamme : il s’agit de BMW.
Un coûteux détour qui fait perdre l’objectif final ?
Les véhicules à prolongateur d’autonomie pourraient profiter du rétropédalage observé chez certains constructeurs sur leur stratégie électrique. Ils apparaissent comme une alternative pour tous ceux qui sont encore freinés par l’électrique et son autonomie, à tort ou à raison.
Dans un article d’Automotive News, le cabinet McKinsey avance que « les EREV pourraient apaiser les inquiétudes des consommateurs quant aux coûts, car leurs batteries plus petites peuvent permettre de réduire jusqu’à 6 000 $ les coûts de production ». Les constructeurs pourraient progressivement remplacer leurs vieilles plateformes thermiques par cette alternative.
Tous les constructeurs ne sont pas emballés par cette solution. Mercedes-Benz, par exemple, a abandonné ses essais EREV, car la technologie est trop coûteuse pour un avantage pas assez durable dans le temps. Cette motorisation amène une complexité accrue et des besoins d’entretien similaires à ceux d’un moteur thermique, ainsi qu’une consommation plus élevée. C’est une réassurance qui revient cher, alors que les progrès dans les batteries et les moteurs électriques pourraient rapidement effacer les derniers freins d’autonomie ou de recharge que l’on peut lui reprocher. Ce détour pourrait distraire les constructeurs de l’objectif de 2035 et diluer les investissements dans les technologies électriques. Est-ce vraiment le risque à prendre en 2026 ?
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