Stellantis serait prêt à passer à l’étape suivante dans son partenariat avec le constructeur chinois Leapmotor. Les voitures européennes du groupe pourraient intégrer des technologies chinoises.

Stellantis n’a jamais caché son intérêt pour la vitesse d’exécution chinoise et sa technologie. Le transfert technologique est d’ailleurs l’une des raisons qui a motivé Carlos Tavares à signer le partenariat fin 2023. Le groupe Stellantis avait pris environ 21 % du capital de Leapmotor (mais ce chiffre a évolué à la baisse depuis, à la suite d’une dilution), et 51 % de la coentreprise dédiée à l’export. La première étape du partenariat consistait à faciliter l’implantation de Leapmotor hors de Chine, un développement en bonne voie en Europe.

Un peu plus de deux ans plus tard, des sources proches du dossier ont confié à Bloomberg le 26 février 2026 que Stellantis serait prêt à passer au niveau supérieur, en intégrant plusieurs technologies Leapmotor dans ses propres modèles européens : le passage de la théorie à la pratique.

Ce que dit la rumeur de Bloomberg sur Stellantis et Leapmotor

Stellantis étudierait l’utilisation de composants clés développés par Leapmotor pour équiper certains véhicules commercialisés en Europe. Il s’agirait notamment de groupes motopropulseurs électriques et de batteries, selon l’article de Bloomberg.

Carlos Tavares sur le Mondial de Paris 2024 // Source : Raphaelle Baut pour Numerama
Carlos Tavares présentant Leapmotor au Mondial de Paris 2024. // Source : Raphaelle Baut pour Numerama

Les discussions ne seraient qu’à leurs débuts, mais plusieurs éléments interpellent. La force de Leapmotor ne repose pas spécialement sur la qualité de ses moteurs ou de ses batteries, mais sur la manière d’intégrer le logiciel dès la conception de la plateforme entière. Des logiciels performants et des plateformes qui font plus que défaut à Stellantis, alors que les moteurs fabriqués en interne ne demandent qu’un coup de pouce pour s’améliorer.

Cette volonté d’approfondir la coopération avec Leapmotor intervient alors que Stellantis traverse une restructuration stratégique difficile et des pertes financières record. Le coup de frein sur des programmes R&D dédiés à l’électrique dans le groupe n’est probablement pas étranger à l’ouverture de ces négociations. C’est du moins ce que l’on aimerait croire.

Plutôt que de développer des technologies coûteuses en interne pour l’électrique, Stellantis aurait un intérêt certain à s’appuyer sur son partenaire, dont le développement de voitures électriques est le cœur même de l’activité.

Est-ce que cela changerait vraiment la donne ?

Leapmotor ne se contente pas de faire de simples voitures électriques : l’entreprise se concentre sur les véhicules dits SDV (Software-Defined Vehicle), comme Tesla, Xpeng et bien d’autres. La startup chinoise compte parmi les marques les plus avancées sur la question, et ses progrès rapides ont surpris les experts. Les plateformes développées par Leapmotor sont en plus conçues pour être compétitives en coût, notamment grâce à une forte intégration verticale logicielle et à l’usage de batteries LFP plus abordables.

Leapmotor B10 (2025) et B05 (2026) // Source : Leapmotor
Leapmotor B10 (2025) et B05 (2026). // Source : Leapmotor

Si l’accord porte sur l’adaptation de plateformes Leapmotor pour les marques européennes, cela pourrait faire la différence. En revanche, s’il ne s’agit que de picorer quelques pièces stratégiques à moindre coût pour baisser les tarifs de certains modèles Fiat, Opel ou Citroën, cela ne changera pas grand-chose à la gamme électrique Stellantis et à son manque d’attractivité sur le marché européen.

L’idée d’un partenariat poussé incluant plateforme et logiciel se heurte quand même à un problème de taille vis-à-vis du marché américain. Les voitures équipées de technologies chinoises ne sont pas les bienvenues. Et même si plusieurs acteurs, comme Ford, essayent de faire changer les choses, cela semble mal engagé. Cela signifierait que les plateformes, mises en commun sous l’ère Tavares, redeviendraient différentes entre les marchés européen et américain. Mais alors, est-ce que Stellantis ferait autant d’efforts juste pour quelques véhicules européens ? C’est peu probable.

Il est bien sûr trop tôt pour tirer des conclusions hâtives, mais lorsqu’on assemble les pièces disponibles, il semble que le projet ne soit pas aussi ambitieux que l’on pouvait l’espérer pour tirer Stellantis vers le haut sur l’électrique. Et s’il ne s’agit bien que de quelques moteurs et batteries installés sur des plateformes bancales et des logiciels datés, ce ne sera pas la révolution.

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