Les deux marques françaises Hopium et NamX misent sur l’hydrogène comme solution d’avenir pour la mobilité. Elles ont choisi d’exposer leur vision sur le salon automobile du Mondial de Paris.

Cette édition 2022 du Mondial de Paris peut être une belle tribune pour de nombreuses marques encore méconnues. Comme de nombreux grands constructeurs ont décidé de ne pas exposer sur l’événement, cela laisse plus de visibilité à tous les autres exposants. Si les constructeurs chinois attirent beaucoup l’attention sur ce salon automobile, deux stands de marques françaises intriguent aussi les visiteurs : Hopium au hall 4 et NamX au hall 6.

Au milieu d’un salon dans lequel le véhicule électrique est roi, les deux constructeurs, qui font la promotion de l’hydrogène, détonnent un peu.

Hopium : un grand stand ultra-minimaliste

Pour les visiteurs qui entrent dans le pavillon 4 du Mondial de Paris, le stand Hopium se démarque immédiatement des autres stands. Plus minimaliste que le stand d’Hopium, vous ne trouverez probablement pas. La marque a opté pour une grande surface dénuée de tout mobilier, elle n’expose en son centre qu’un podium rond avec son Hopium Machina Vision dessus, sans aucun autre artifice. Tout le reste est blanc, à l’exception de quelques écritures projetées au mur. Cela laisse une drôle d’impression, surtout comparé avec l’opulence des stands du groupe Stellantis et de BYD situés à proximité.

Hopium Machina Vision // Source : Raphaelle Baut
Hopium Machina Vision. // Source : Raphaelle Baut

Cette mise en scène est loin d’être anodine. Son effet fait mouche sur les visiteurs. En observant les mouvements sur le stand lors des journées publiques, on remarque que les visiteurs sont d’autant plus intrigués par cet espace vide. Les personnes s’approchent de la berline haut de gamme, qui trône en son centre, pour comprendre de quoi il retourne.

Hopium et son stand épuré au Mondial de Paris // Source : Raphaelle Baut
Hopium et son stand minimaliste au Mondial de Paris. // Source : Raphaelle Baut

La berline Hopium Machina Vision a un design aussi épuré que celui de son écrin, les deux sont parfaitement raccords. En écoutant discrètement les visiteurs présents, on remarque que l’esthétique de la voiture plait. Toutefois, les passants ne comprennent pas toujours immédiatement qu’il s’agit d’un futur modèle fonctionnant à l’hydrogène.

La berline haut de gamme conçue par la marque française doit voir le jour en 2025. L’objectif d’Hopium est d’offrir un véhicule capable de proposer 500 ch et 1 000 km d’autonomie grâce à son moteur à hydrogène. Hopium vise le segment du haut de gamme avec un intérieur particulièrement bien agencé et avec des matériaux de qualité.

Olivier Lombard - CEO d'Hopium sur le Mondial de Paris // Source : Raphaelle Baut
Olivier Lombard, le CEO d’Hopium sur le Mondial de Paris. // Source : Raphaelle Baut

Le projet d’Hopium, d’une berline haute performance à hydrogène, a été lancé en 2019 par Olivier Lombard, ancien pilote devenu CEO. Après l’annonce du concept en août 2021, la jeune marque a de nouveau été sous les feux des projecteurs lorsque l’ancien ministre en charge des transports a rejoint l’entreprise (il était d’ailleurs présent lors de la journée presse du salon). Peu avant le Mondial de Paris, Hopium a annoncé que son usine allait voir le jour en Normandie. Olivier Lombard indiquait aux journalistes présents sur le salon qu’il avait désormais hâte de poser la première pierre de l’usine pour concrétiser cette nouvelle étape clé du projet.

NamX et ses recharges d’hydrogène à la façon de certains scooters électriques

NamX adopte une approche différente d’Hopium. Le SUV à hydrogène de Namx a été dévoilé en mai 2022. Derrière un design signé Pininfarina, NamX mise beaucoup sur son innovation de capsules de recharge à hydrogène pour conquérir le marché.

NamX et son HUV hydrogène // Source : Raphaelle Baut
NamX et son HUV hydrogène. // Source : Raphaelle Baut

Avec ce système de capsules, NamX cherche une solution pour pallier le manque de stations à hydrogène en France, tout en promettant une recharge très rapide à ses futurs clients. Les 6 capsules viennent compléter le réservoir principal d’hydrogène, et offrent donc jusqu’à 800 km d’autonomie théorique à ce concept dans cette configuration.

On retrouve ce système de recharge amovible sur certains véhicules électriques comme les scooters, ou bien encore sur la microcar XEV Yoyo. Cependant, ici, il ne s’agit pas de stocker de simples batteries, mais des réservoirs secondaires d’hydrogène, ce qui implique une logistique beaucoup plus poussée pour remplir ces murs de capsules. Le NamX HUV transforme l’hydrogène des capsules en électricité par une pile à combustible. Il devrait d’ici à 2025 être proposé en deux motorisations de 300 ou 550 ch, pour un tarif compris entre 65 000 et 95 000 €.

Mur de capsules NamX au Mondial de Paris // Source : Raphaelle Baut
Mur de capsules NamX au Mondial de Paris. // Source : Raphaelle Baut

Le Mondial de Paris était l’occasion pour la marque de présenter au public simultanément le véhicule aux allures de SUV coupé assez racé, mais également les banques de stockage des capsules à hydrogène NamX. C’est finalement ce deuxième élément, très visuel, qui attire le regard des visiteurs sur le stand du constructeur. Toutefois, nous ne sommes pas certains que le message soit très clair pour les visiteurs qui passent sur le stand.

Malgré un positionnement au fond du hall 6, on a pu remarquer que les visiteurs s’attardaient autour du véhicule et de son mur de capsules. De quoi offrir un peu de visibilité à ce projet français, assez audacieux.

Système de capsules amovibles hydrogène NamX // Source : Raphaelle Baut
Système de capsules amovibles hydrogène NamX. // Source : Raphaelle Baut

L’hydrogène reste un sujet complexe, peut-être même plus sensible que la voiture électrique. Il est difficile de savoir si ce carburant va réussir à se démocratiser face au rouleau compresseur que représente la voiture électrique à batterie. Ces deux concepts, Hopium et NamX, verront-ils réellement le jour en 2025 ? Il est pour le moment délicat d’en être certain. Entre les questions de rendement, de coût et les polémiques autour de la production de l’hydrogène, c’est un sujet à la fois intéressant et épineux à suivre.