Hopium vient d’annoncer que le futur ancien ministre délégué aux transports, Jean-Baptiste Djebbari, allait être proposé comme administrateur de l’entreprise. Une nomination qui fait réagir autant sur le calendrier des annonces que sur les possibles conflits d’intérêts qui pourraient en découler.

En attendant le remaniement officiel, c’est une autre nomination qui a attiré l’attention sur les réseaux sociaux ce lundi 16 mai. Alors que la démission de Jean Castex et son gouvernement n’avait pas encore actée à ce moment-là, l’ancien ministre délégué aux transports, Jean-Baptiste Djebbari, avait apparemment déjà trouvé son prochain poste au sein d’une entreprise prometteuse de la filière hydrogène.

C’est au travers d’un communiqué de presse de l’entreprise Hopium que l’on a appris qu’un poste d’administrateur a été proposé à Jean-Baptiste Djebbari, et que cette nomination sera soumise au conseil d’administration de la société en juin. La société Hopium se définit comme le premier constructeur français de véhicules haut de gamme à hydrogène, même si leur premier véhicule ne devrait pas voir le jour avant 2025. Quand on sait que l’ancien ministre a souvent œuvré en faveur du développement de l’hydrogène en France, cela soulève quelques interrogations.

La Haute Autorité valide, mais fixe un cadre strict

La reconversion professionnelle de Jean-Baptiste Djebbari a été soumise par le principal intéressé à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique le 31 janvier 2022. Avec les éléments du dossier, La Haute Autorité a rendu son avis le 22 mars 2022 et ne s’oppose pas à la prise de fonction de Jean-Baptiste Djebbari au sein d’Hopium, mais rappelle qu’il doit respecter plusieurs règles.

Pendant 3 ans, il devra s’abstenir de toute démarche envers :

  • les anciens membres du gouvernement de la même période que lui,
  • d’anciens collaborateurs toujours en fonction au gouvernement,
  • des services dont il dispose en tant que ministre délégué chargé des transports,.

Il ne peut pas non plus faire usage ou divulguer des documents ou des renseignements non publics, dont il aurait eu connaissance pendant sa fonction de ministre.

La Haute Autorité précise que le respect de ces règles fera l’objet d’un suivi régulier, et a estimé que « le risque de prise illégale d’intérêts peut être écarté ».

L’hydrogène a toujours été cher à Jean-Baptiste Djebbari

Pendant ses fonctions de Ministre délégué aux Transports, l’hydrogène a souvent été valorisé par le gouvernement. Lors d’une interview sur BFM en octobre dernier, il disait même : « l’Hydrogène est un sujet sur lequel la France pourrait être parmi les leaders mondiaux. »

L’hydrogène a été de nombreuses fois mise en valeur comme un possible secteur d’excellence de la France. Trains, avions, poids lourds, bus et matériels agricoles fonctionnant à l’hydrogène ont été mis en lumière comme une solution d’avenir. Avec le plan France 2030, le gouvernement souhaite aussi faire de la France le leader de l’hydrogène vert.

Tous ces éléments font de Jean-Baptiste Djebbari un très bon candidat pour une entreprise souhaitant innover et s’imposer dans le secteur de l’hydrogène. Le calendrier des annonces restera lui un peu précipité, quoiqu’on en dise, puisque l’ancien ministre a été approché alors qu’il était encore en poste pour quelques mois…

Dans tous les cas, l’ex-ministre ne semble pas chamboulé par la polémique : à l’AFP, il s’est dit « parfaitement serein ». « Ça ne me met pas du tout mal à l’aise, c’est normal de retrouver une activité normale après la politique, il y a des règles, il faut les respecter