En fin d’année, Apple pourrait lancer une gamme d’iPhone plus différenciée : les modèles les moins chers n’embarqueraient pas les puces dernier cri. Est-ce une si mauvaise idée que ça ?

En fin d’année, Apple devrait lancer une nouvelle gamme d’iPhone. Dans une série de tweets publiés le 13 mars, l’analyste très bien renseigné Ming-Chi Kuo a partagé quelques indiscrétions sur les smartphones. L’une d’entre elles peut interpeller : la firme de Cupertino pourrait lancer des iPhone 14 équipés de la puce A15 — soit le processeur introduit avec les iPhone 13 un an plus tôt.

« Seuls les deux modèles Pro évolueraient vers la puce A16 », indique Ming-Chu Kuo. Aujourd’hui, les iPhone 13 Pro se distinguent des iPhone 13 par leur équipement photo plus évolué, un design plus premium et un écran OLED rafraîchi à 120 Hz. Avec un processeur plus puissant, les modèles Pro assumeraient encore plus leur statut… Pro.

Ce n’est pas la première fois qu’Apple lancerait, en même temps, des iPhone articulés autour d’un processeur différent : en 2013, le 5c devait se contenter d’une puce A6 quand le 5s misait sur une A7. Rappelons toutefois que l’iPhone 5c venait remplacer l’iPhone 5 en élargissant la compatibilité 4G, ce qui n’en faisait pas un produit de nouvelle génération comme le serait l’iPhone 14.

L'iPhone 13 mini d'Apple.
L’iPhone 13 mini d’Apple. // Source : Numerama/Louise Audry

Des iPhone 14 équipés de la puce A15 ? Ce serait en réalité très malin

Un iPhone 14 Max ?

Autre information de Ming-Chi Kuo : l’iPhone 14 pourrait être proposé en déclinaison Max, soit avec une diagonale de 6,7 pouces (comme l’iPhone 14 Pro Max). Quid de l’iPhone 14 mini ?

D’un point de vue purement commercial, il serait étonnant de voir Apple lancer un iPhone 14 privé d’un argument de puissance. Chaque année, la multinationale prend plaisir à mettre en avant les performances inouïes de sa dernière puce. Mais cette course à l’évolution technologique a ses limites : aujourd’hui, la puce d’un iPhone 13 est capable de tenir plusieurs années sans aucun problème. Du côté de l’utilisateur, rester sur la puce A15 ou passer sur la A16 ne se ressent pas vraiment quand on lance une application. En prime, Apple dispose d’une avance assez considérable sur la concurrence. Par conséquent, l’entreprise peut se permettre de recycler ses puces (d’ailleurs, elle le fait avec le dernier iPhone SE, équipé de la A15).

En matière de structure de gamme, réserver la puce A16 à l’iPhone 14 Pro et à l’iPhone 14 Pro Max aurait du sens. Ce serait un moyen de créer un peu plus la rupture avec les modèles plus grand public. Avec une puce plus puissante, les déclinaison Pro justifieraient davantage leur prix plus élevé. Cela répondrait aussi à une anomalie en termes d’usage : théoriquement, un produit Pro a besoin de plus de puissance pour offrir des fonctionnalités plus avancées. Ce qui revient à dire : aujourd’hui, l’iPhone 13 gâche peut-être le potentiel d’une puce A15 trop perfectionnée pour lui.

Apple prend quand même le risque de rendre l’iPhone 14 moins désirable, sauf à lui ajouter une fonctionnalité attractive (comme le rafraîchissement à 120 Hz ?) et/ou à repenser son design. En l’occurence, il ne faudrait pas qu’il ressemble trop à l’iPhone 13 non plus. Sinon, il faudrait baisser le prix — ce qui n’est pas dans les habitudes d’Apple.

Il y a enfin la réalité économique. Nous vivons actuellement une période sombre, entre la pénurie de composants liée à la pandémie de coronavirus et la guerre en Ukraine. Ces deux événements globaux ont un impact sur les industries et les entreprises doivent s’y adapter. Pour Apple, prolonger le cycle de vie de sa puce A15 d’un an supplémentaire permettrait de mieux répondre aux enjeux.