Avec le succès du bitcoin et de l'ether, de plus en plus de projets de cryptomonnaie font leur apparition. Il faut cependant se méfier avant d'investir : il existe de nombreuses arnaques, et tous les projets ne sont pas viables.

Depuis des mois, les cryptomonnaies sont sorties de l’ombre et se sont imposées comme un sujet majeur dans l’actualité. Et c’est logique : des projets novateurs liés aux blockchains sont créés tous les jours, le cours du bitcoin reste très volatil, l’ethereum est en passe de changer radicalement sa manière de miner des blocks, et les stable coins alimentent les controverses.

Mais la popularité des cryptomonnaies est accompagnée de son lot d’arnaques et de tentatives d’escroqueries. En juin, une dizaine de millions d’euros disparaissaient dans la nature, en avril, c’était plus de 2 milliards de dollars, et de nombreux investisseurs malheureux ont perdu leurs économies. Au total, l’autorité des marchés américaine estime que les arnaques ont bondi de plus de 1 000 % depuis le mois d’octobre 2020.

La raison est simple :  il n’y a jamais eu autant de nouveaux projets, et parmi toutes ces informations, il est difficile d’y voir clair. Différencier un projet viable d’une tentative d’arnaque peut être un vrai défi : voici quelques clés pour les éviter.

Utiliser une plateforme reconnue

Pour Stanislas Barthelemi, un consultant spécialisé dans la blockchain au sein du cabinet d’audit KPGM, avant de décider de faire confiance à un projet, il faut vérifier un certain nombre de choses.

Tout d’abord, «  il vaut mieux utiliser une plateforme régulée, indique-t-il. Il faut avoir le statut de prestataire de services sur actifs numériques, attribué par l’AMF (l’autorité des marchés financiers, ndlr), c’est vraiment l’assurance d’être une plateforme sérieuse. On peut se référer à la liste blanche de l’AMF, ou bien faire confiance à de grands acteurs, comme Coinbase ou Kraken ».

Pour acheter des cryptomonnaies, il vaut mieux avoir recours à des plateformes connues // Source : Bermix Studio / Unsplash

Il incite cependant à la prudence pour Binance, la plus importante plateforme d’échange de cryptos au monde, qui connait ces derniers mois beaucoup de problèmes judiciaires à cause de ses activités. « Binance est allée très loin dans la prise de risque en matière réglementaire. Ils font cependant beaucoup d’efforts de respectabilité ces derniers temps. Le problème reste qu’on ne sait pas encore comment toutes les enquêtes à son sujet vont se terminer, il vaut mieux donc ne pas prendre de risques », conseille-t-il.

Se méfier des promesses grandiloquentes

Il faut également éviter de se laisser convaincre par des publicités pour des sites d’achat et d’échanges de cryptomonnaies peu connus, ou pour les nouvelles cryptomonnaies. Les annonces sur les réseaux sociaux ne sont pas toujours recommandables. « Le premier écueil à éviter, c’est le site étrange, qui renvoie à une entreprise domiciliée dans un paradis fiscal, ou qui promet un rendement incroyable, des retours sur investissement de 20 %, ce genre de promesses. »

De manière générale, Stanislas Barthelemi conseille de s’en tenir aux projets les plus connus, qui ont le plus de stabilité et de vision sur le long terme. «  Les deux plus grosses cryptomonnaies, le bitcoin et l’ethereum, ce sont des valeurs sures. » Et sur les autres projets, moins connus, «  il faut être dans une démarche différente. Il faut vraiment faire ses recherches dans ce cas-là, vérifier le parcours des créateurs, voir si des entreprises ont déjà investi dans le projet ».

Il vaut mieux investir dans des projets qui ont du sens, et un plan défini pour le futur, précise-t-il. De manière générale, il vaut mieux éviter les toutes nouvelles cryptomonnaies, qui n’ont pas encore eu de certifications ou dans lesquelles il n’y a pas eu d’investissements au préalable. «  Quand on sort des grosses cryptos qui ont une utilité manifeste, c’est parfois dur de dire si ce sont projets qui ont du sens, et s’il y a de fortes probabilités pour qu’ils échouent.  » Il est important de se souvenir qu’une grande partie des projets crypto sont des échecs, et que peu d’entre eux survivent au-delà de leur première année d’existence.

Comment vérifier les projets et les cryptomonnaies ?

Néanmoins, il existe de nombreux projets en finance décentralisée (DeFi) prometteurs, même s’ils restent plus risqués. « Si un projet est financé par des groupes ou des pontes du secteur des cryptomonnaies, on peut parfois se permettre de prendre le risque. » Il vaudra cependant toujours mieux privilégier d’investir des petites sommes, prévient Stanislas Barthelemi. « Mais si c’est un petit projet lancé par des inconnus, il faut prendre des précautions. »

Il faut tout d’abord commencer par regarder le site du projet, ses réseaux sociaux, et voir si les contacts sont clairement affichés. Le fait de ne pas avoir de site dédié (ou qu’il soit mal codé, avec des fautes d’orthographe), ou bien le fait d’avoir très peu d’abonnés sur les réseaux sociaux et de ne pas avoir de pages de contact peuvent être des indicateurs.

Une autre action à prendre peut également être de regarder le code source du projet sur Github — si un projet n’en a pas, ce manque de transparence est déjà un mauvais point. Vérifier le code demande certaines connaissances techniques, mais on peut aussi examiner l’activité sur le compte, et voir si les développeurs sont actifs.

Il faut également vérifier si les projets ont été audités. La pratique, de plus en plus courante, permet aux créateurs du projet de certifier du sérieux de leur idée. Les principaux auditeurs sont entre autres Certik, Consensys Diligence, et OpenZeppelin.

Utiliser ces outils n’offre cependant pas une garantie à 100 %. « Il faut toujours se méfier, et surtout ne pas faire d’achats impulsifs », conseille Stanislas Barthelemi.

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