Elon Musk a annoncé sur Twitter que 100 000 kits Starlink ont trouvé preneur. Le service est déployé dans 14 pays, dont la France.

Un tweet et un nombre. Lundi 23 août, Elon Musk a dévoilé l’expédition de 100 000 kits de connexion aux satellites Starlink, qui gravitent par centaines autour de la Terre. C’est la première fois que l’entrepreneur américain donne un aperçu chiffré de l’attrait commercial de son projet, qui consiste à apporter une connexion Internet par l’espace dans des lieux qui ne sont pas bien desservis par des infrastructures terrestres.

Dans la foulée, le fondateur de SpaceX — l’entreprise d’astronautique qui pilote Starlink — a indiqué la liste des pays dans lesquels le service est au moins en partie ouvert : outre les États-Unis figurent les nations anglo-saxonnes (Canada, Royaume-Uni, Australie, Nouvelle-Zélande, Irlande) ainsi que les pays de l’Europe de l’ouest (Allemagne, France, Autriche, Pays-Bas, Suisse, Belgique, Danemark et Portugal).

Starlink SpaceX
Trois photos montrant différentes séquences d’un décollage d’une fusée Falcon 9, avec à son bord des satellites Starlink. // Source : SpaceX

Couvrir les régions reculées

Elon Musk ne détaille pas la distribution de ces 100 000 kits de connexion parmi ces 14 pays. Le programme Starlink s’adresse en principe avant tout aux individus qui sont situés dans des endroits reculés, ruraux ou difficiles d’accès. Or, le déploiement de Starlink en Europe de l’ouest par exemple, interroge, car le (très) haut débit fixe et mobile est déjà largement répandu.

L’installation du programme Starlink en France interpelle aussi, compte tenu de la réalité de la couverture du territoire en 4G et en ADSL et fibre optique. Mais si la métropole ne semble pas un marché facile à conquérir, peut-être est-ce dans la France d’outre-mer que le service pourrait faire son trou — si la tarification imaginée par SpaceX ne s’avère pas un repoussoir pour les internautes dans les Dom-Tom.

Actuellement, l’acquisition du kit Starlink coûte 499 euros. À cela s’ajoutent 59 euros pour les frais d’envoi et de mise en service. Enfin, l’abonnement lui-même atteint les 99 euros par mois. En échange de toutes ces dépenses, Starlink promet des débits significatifs et une latence faible, de façon à rivaliser avec certaines offres en fibre optique. Starlink annonce 300 Mbit/s pour 2021.

Starlink
Si Starlink apparaît très intéressant pour couvrir des régions très reculées, il s’avère que le service se lance pour le moment avant tout dans des pays occidentaux dont un grand nombre dispose déjà d’un bon accès à Internet. // Source : Starlink

Précédemment, SpaceX expliquait, dans un document transmis à la commission fédérale des communications, que 700 000 Américains seraient intéressés par un abonnement à son service d’accès à Internet par satellite. Un nombre important, qui ne se reflète pas (encore ?) dans celui dévoilé par Elon Musk. En février 2021, SpaceX revendiquait 10 000 clients à son programme.

De tous les pays dans lesquels SpaceX est aujourd’hui présent, c’est peut-être aux USA que la compagnie a la meilleure carte à jouer : le pays est très vaste, le déploiement du haut et du très haut débit n’est pas satisfaisant et la concurrence peu dynamique, ce qui n’a pas d’incidence favorable sur les prix des abonnements. Potentiellement, SpaceX pourrait venir perturber les activités des opérateurs plus traditionnels.

Outre les particuliers, SpaceX compte aussi proposer son service aux collectivités — par exemple pour connecter une école ou une bibliothèque — et pour certains transports. Des antennes mobiles dans des camions, des bateaux ou des avions sont envisagées. Le secteur aérien paraît intéresser particulièrement la société, afin de délivrer du Wi-Fi à bord des aéronefs, service qui existe déjà sur divers vols.

Des dizaines de milliers de satellites prévus

Le programme Starlink a commencé au cours des années 2010, avec l’envoi en 2018 des premiers satellites expérimentaux ainsi que la réception des premières autorisations du régulateur. Le déploiement des premiers satellites opérationnels a commencé un an plus tard, tandis que le lancement du service en version bêta est survenu l’année suivante. Depuis, des dizaines de tirs ont eu lieu.

Les satellites, qui sont envoyés par grappe de soixante, sont aujourd’hui plus de 1 700 en orbite. À long terme, SpaceX, qui les déploie sur une orbite terrestre basse, souhaite avoir une constellation de quelques dizaines de milliers d’engins — il est évoqué une flotte dotée de 42 000 satellites, ce qui est considérable. Il faudra des années à SpaceX pour mettre en orbite autant d’engins.

Tous ces satellites en orbite basse posent évidemment des défis majeurs, à la fois pour ce qui relève de la pollution visuelle pour les astronomes et pour la gestion d’un tel trafic tout autour de la Terre, afin d’éviter les collisions. Selon Elon Musk, la majorité du globe sera couverte d’ici la fin de l’année. Toute la Terre sera desservie l’année suivante. Ensuite, l’enjeu sera de resserrer le maillage.

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