Personnalisation de la couleur de l’icône, modification des onglets de navigation, NFT en photo de profil… En l’état, l’abonnement Twitter Blue ne sert pas à grand-chose, à part faire plaisir à Elon Musk.

Mise à jour du 10 février :

Une semaine après la parution de cet article, Twitter a enfin accordé la certification au compte utilisé pour notre test de l’abonnement Twitter Blue. Un délai d’une semaine anormalement long, sans doute dû à un sous-effectif en charge de la vérification des identités. N’achetez donc pas Twitter Blue si vous souhaitez un badge bleu rapidement.

Article original, publié le 3 février :

Depuis le 3 février 2023, l’abonnement Twitter Blue est disponible en France. Pour 9,60 euros par mois (avec TVA, puisque Twitter ne respecte pas la loi française et affiche un prix hors-taxes), il est possible de souscrire à la version payante Twitter, sur laquelle Elon Musk mise beaucoup pour rentabiliser son investissement de 44 milliards de dollars. À terme, Twitter Blue est censé créer un Twitter à deux vitesses. Elon Musk veut que les comptes payants apparaissent avant ceux qui ne payent pas, quitte à invisibiliser des millions de personnes. Mais aucun calendrier n’a été communiqué pour ce changement.

Comme nous sommes de nature curieuse, Numerama s’est abonné à Twitter Blue, qui permet aussi d’obtenir un badge bleu de certification. Nous avons utilisé le compte de Nino Barbey, motion designeuse et journaliste vidéo au sein de notre rédaction, pour voir en combien de temps elle recevrait le fameux Graal. Après quelques heures avec Twitter Blue, notre conclusion est la suivante : pour l’instant, ça ne sert à rien.

Une interface à revoir

Pour s’abonner à Twitter Blue, il y a deux possibilités : le site Twitter.com (9,60 euros par mois) ou l’application Twitter (11 euros sur Android, 12 euros sur iOS). La procédure d’abonnement est très rapide, il suffit de rentrer ses coordonnées bancaires ou d’utiliser Apple Pay pour initier un premier paiement. En quelques secondes, un message de bienvenue apparaît. « Vous voulez voir les avantages dont vous profitez en tant que membre ? » demande Twitter, qui redirige alors l’utilisateur vers la page d’accueil de Twitter Blue, accessible en permanence dans la barre latérale du site ou de l’application.

Pour les paiements sur son site, Twitter utilise le moteur de Stripe. Apple Pay est accepté. // Source : Capture Numerama
Pour les paiements sur son site, Twitter utilise le moteur de Stripe. Apple Pay est accepté. // Source : Capture Numerama

Premier constat : l’interface de Twitter Blue est à revoir. Particulièrement sur ordinateur, où elle est tout bonnement affreuse.

Twitter se contente d’empiler les informations sous forme de liste, sans rendre toutes les options interactives. On peut par exemple cliquer sur le menu « Annulation de Tweets », mais pas sur celui sur les signets ou la modification des tweets. On constate aussi que les options mises en avant ne sont pas les mêmes dans l’application et sur le site, ce qui est extrêmement trompeur. Difficile de comprendre à quoi l’on a vraiment droit avec Twitter Blue, puisque l’interface de Twitter ne bouge pas du tout.

Voilà le menu Twitter Blue, où sont regroupées toutes les nouveautés. // Source : Captures Numerama
Voilà le menu Twitter Blue, où sont regroupées toutes les nouveautés. // Source : Captures Numerama

La certification se fait attendre

Lorsque Twitter Blue a été lancé aux États-Unis, l’inévitable s’est produit. Les identités de personnalités importantes ont été usurpées, ce qui a contraint Elon Musk à changer sa stratégie. Il faut maintenant attendre que les équipes de Twitter vérifient l’identité d’un nouvel abonné pour voir apparaître le badge bleu, qui disparaît provisoirement à chaque changement de nom ou de photo de profil.

Une heure après notre souscription, le compte de Nino n’avait toujours pas de badge bleu. Il a fallu attendre une semaine pour obtenir la certification, ce qui nous semble très long. Aucune carte d’identité n’est requise, Twitter vérifie juste que le compte n’a pas l’air parodique.

Il suffit de payer pour être en attente de certification, mais ce n'est pas instantané.  // Source : Capture Numerama
Il suffit de payer pour être en attente de certification, mais ce n’est pas instantané. // Source : Capture Numerama

Modifier les tweets, une fonction trop limitée

Une des fonctions les plus intéressantes de Twitter Blue est la modification des tweets. Pendant 30 minutes après la publication d’un message, l’utilisateur a la possibilité de corriger une faute d’orthographe ou de rajouter du contexte (comme une image par exemple). Quiconque utilise beaucoup Twitter sait qu’il n’y a rien de pire qu’un tweet faux qu’on ne peut plus retirer sans casser une discussion.

Voilà à quoi ressemble la modification d'un tweet avec Twitter Blue. // Source : Captures Numerama
Voilà à quoi ressemble la modification d’un tweet avec Twitter Blue. Il y a bien un historique. // Source : Captures Numerama

Malheureusement, cette fonction n’est pas du tout convaincante. Son comportement est aléatoire et ne règle pas le problème principal de Twitter, à savoir les « threads » cassés (une faute dans le troisième message d’une série de dix, par exemple).

En l’état, seul le premier tweet d’une discussion peut être modifié. Les réponses ne peuvent pas être corrigées, ce qui tue complètement le concept. Ensuite, seuls Twitter.com et l’application mobile permettent de tweeter des messages modifiables. Avec Twitter for Mac ou le site Tweetdeck, impossible d’accéder à la modification d’un tweet, y compris sur Twitter.com.

Le logo en forme de stylo indique que ce tweet a été modifié.

Autre fonction anecdotique : le minuteur. Lorsqu’on envoie un message avec Twitter Blue, on peut programmer l’application pour se laisser quelques secondes de relecture. Ça ne sert à rien, mais pourquoi pas.

Lors de l'envoi d'un tweet, un minuteur permet de se relire. Ça ne sert à rien de payer pour ça.  // Source : Capture Numerama
Lors de l’envoi d’un tweet, un minuteur permet de se relire. // Source : Capture Numerama

Thème, icône, NFT, articles populaires… La fête aux gadgets

En attendant l’arrivée des fonctions promises par Elon Musk (division par deux du nombre de publicités, priorité d’affichage dans les réponses…), que peut-on faire d’autre avec Twitter Blue ?

Dans l’application mobile, on trouve plusieurs options de personnalisation réservées aux abonnés de l’application. On peut par exemple personnaliser l’ordre des onglets de navigation dans la barre de l’écran, changer la couleur d’accentuation de l’application ou choisir une icône d’une couleur différente. C’est cool, mais est-ce que ça vaut vraiment 9,60 euros ?

Twitter Blue permet de personnaliser l'application, mais pas le site. // Source : Captures Numerama
Twitter Blue permet de personnaliser l’application, mais pas le site. // Source : Captures Numerama

Dans la catégorie fonctions expérimentales, on trouve aussi plusieurs sous-menus inédits comme :

  • Articles populaires, qui identifie les articles les plus partagés par les personnes qu’on suit. Il s’agit d’une sorte de lecteur RSS semi-automatisé. Là encore, on se demande pourquoi une telle fonction est payante.
  • Les signets, que l’on peut trier sous la forme de dossiers si l’on est abonné à Twitter Blue.
  • Les photos de profil NFT, pour montrer aux gens que l’on possède un NFT. Elles sont hexagonales plutôt que rondes.
A // Source : Captures Numerama
Les articles populaires peuvent être intéressants, mais pourquoi en faire une fonction d’un service payant ? // Source : Captures Numerama

Conclusion : économisez 9,60 euros

Notre premier essai de Twitter Blue est formel : fuyez. À moins de vouloir le badge bleu à tout prix (certains sont prêts à payer juste pour ce gage de notoriété), on ne voit pas ce qui peut justifier de dépenser 9,60 euros ou plus pour un tel service. Les fans d’Elon Musk y verront sans doute un moyen de soutenir leur chef d’entreprise préféré, mais il va falloir faire beaucoup mieux pour rendre l’abonnement payant à Twitter incontournable.

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