Une équipe de recherche a mis en place une « horloge climatique » pour observer les effets des politiques environnementales et le respect des objectifs fixés. Cet outil montre qu’il nous reste 10 ans avant que la planète se soit réchauffée de 1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle.

À force d’avertir sur les seuils climatiques qui restent d’être franchis, mais sans que les objectifs ne soient suffisants pour éviter cela, viendra un moment où ces seuils seront bel et bien franchis. L’Accord de Paris, adopté lors de la COP21 en 2015, visait à limiter le réchauffement de la planète au-dessous de 2°C, si possible à 1,5°C, par rapport aux températures de l’ère préindustrielle. Mais l’accord restait bien insuffisant, sans compter qu’un seul pays a réellement respecté ses promesses.

Dans combien de temps pourrait-on franchir le stade de 1,5°C à cause du changement climatique ? Pour investiguer la question, une équipe de recherche a mis en place, depuis 2015, une « horloge climatique ». Si ce décompte peut faire paniquer (correction : il fait paniquer), les auteurs expliquent qu’il s’agit surtout d’un outil de suivi : « L’horloge climatique est une façon de visualiser et de mesurer le progrès des objectifs climatiques mondiaux. » Il s’agit donc d’une approche un peu plus intéressante et moins gratuitement alarmiste que la fameuse horloge de l’apocalypse.

« Beaucoup de choses peuvent se passer en une décennie »

Dans un article publié dans The Conversation le 4 novembre 2021, les créateurs rappellent que leur horloge climatique montre qu’il reste, à ce jour, environ une décennie avant d’atteindre les 1,5°C de réchauffement.

À l'heure actuelle, l'horloge climatique nous laisse 10 ans avant d'atteindre 1,5 degré de réchauffement. // Source : climateclock.net

À l'heure actuelle, l'horloge climatique nous laisse 10 ans avant d'atteindre 1,5 degré de réchauffement.

Source : climateclock.net

L’année 2021 a retiré une année à l’horloge, car, après une baisse drastique des émissions en 2020 en raison des confinements sur une grande partie de la planète, les émissions sont reparties de plus belle en 2021. C’est ce que montre le dernier rapport Global Carbon Budget : les émissions de charbon et de gaz naturel ont continué à croître. Or, plutôt que d’augmenter, les émissions « devraient diminuer rapidement si nous voulons atteindre l’objectif de limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels », expliquent les créateurs de l’horloge.

En plus du rapport du GIEC 2021 qui fait le constat le plus actuel sur l’état climatique actuel, ainsi que du Global Carbon Budget que nous avons déjà cité, cette horloge repose aussi sur les politiques actuelles. Les données rassemblées entre 2016 et 2021 montrent qu’en l’absence « de politiques d’intervention additionnelles », les émissions de dioxyde de carbone vont continuer d’augmenter d’environ 0,2 milliard de tonnes (soit une hausse de 0,5 %) par an.

La solution invoquée par les créateurs de l’horloge pour repousser l’aiguille des 1,5 degré un peu plus loin ? Elle est évidente : freiner bien davantage les émissions de gaz à effet de serre. « Beaucoup de choses peuvent se passer en une décennie », rappellent ces scientifiques. Car chaque petite portion de CO2 compte. L’image de l’horloge permet de bien le comprendre : « chaque émission de dioxyde de carbone évitée est une unité de temps que nous pouvons ajouter à l’horloge ».

S’attaquer à d’autres gaz à effet de serre peut aussi aider. Le méthane, en particulier, est un enjeu à court terme déterminant : il reste moins longtemps dans l’atmosphère, mais s’avère des dizaines de fois plus puissant, ce qui signifie qu’en freiner les émissions permettrait de gagner, dès maintenant, beaucoup de temps pour enclencher la transition vers des énergies neutres.

Découvrez les bonus

+ rapide, + pratique, + exclusif

Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.

Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.

S'abonner à Numerama+

Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci

Il y a une bonne raison de ne pas s'abonner à

Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.

Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :

  • 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
  • 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
  • 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.

Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.

S'abonner à Numerama+

Si vous avez aimé cet article, vous aimerez les suivants : ne les manquez pas en vous abonnant à Numerama sur Google News.