L'accord de Paris a fixé pour objectif de limiter la hausse des températures. Mais selon 91 scientifiques, il n'est pas suffisamment ambitieux.

Contre le changement climatique, il va falloir agir, et vite. C’est du moins ce qu’ont expliqué des scientifiques membres du GIEC, un groupe d’experts intergouvernemental regroupant des pays membres de l’ONU, dans un rapport de 400 pages publié lundi 8 octobre.

Selon eux, nous aurions seulement une douzaine d’années devant nous pour limiter le réchauffement à un 1,5°C par rapport à la période pré-industrielle. L’accord de Paris, signé fin 2015, prévoit de le maintenir à moins de 2°C. Mais certains pays, notamment ceux qui sont directement menacés par la montée des océans, militent pour changer ce chiffre et passer à 1,5. Un avis que partage le GIEC : d’après lui, si l’on venait à dépasser les 1,5°C, ne serait-ce que d’un demi-degré, les risques liés au changement climatique augmenteraient de manière considérables.

Les effets du réchauffement climatique se font déjà sentir

Ces risques sont d’abord des sécheresses, des inondations, ou encore de très fortes chaleurs. Mais il existe également des risques sociaux, comme la famine dans certaines régions du monde, ou de la pauvreté induite par une modification du climat.

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Force Ouvrière

Panmao Zhai, l’homme à la tête du groupe de 91 scientifiques venus de 40 pays différents, met en garde : « Nous voyons déjà les conséquences d’un réchauffement climatique de 1°C  à travers des climats plus extrêmes, les niveaux des mers qui augmentent et la fonte des glaces en Arctique, par exemple. »

En 2100, le rapport indique que le niveau de la mer augmenterait de 10 centimètres de plus si le réchauffement est de 2°C au lieu de 1,5°C. La fonte des glaces serait fortement accélérée et les barrières de corail elles, seraient détruites à hauteur de 70 à 90 % avec 1,5°C de plus, et jusqu’à 99 % avec 2°C.

« Chaque petit réchauffement supplémentaire est important, surtout parce qu’un réchauffement de 1,5°C ou plus augmente le risque de modifications de longue-durée ou irréversibles, comme la perte de certains écosystèmes », craint Hans-Otto Pörtner, co-président de l’équipe à l’origine du rapport. Les insectes et les plantes perdraient ainsi leur habitat, et seraient pour certains menacés.

Pour le GIEC, il est temps d’accélérer la transition

Valerie Masson-Delmotte, qui co-dirige l’un des groupes de travail du GIEC, a salué le fait que des « actions nécessaires pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C sont déjà en cours dans le monde ». « Mais il faudrait les accélérer », a-t-elle nuancé.

« Limiter le réchauffement à 1,5°C est possible »

« Limiter le réchauffement à 1,5°C est possible selon les lois de la physique et de la chimie mais le faire demanderait des évolutions sans précédent », a ajouté Jim Skea, d’un autre groupe de travail.

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Le rapport préconise ainsi des transitions « d’ampleur et rapides » dans le domaine de l’agriculture, de l’énergie, de l’industrie, de la construction et des transports, mais également dans la gestion des villes. Les émissions de dioxyde de carbone (CO2) globales doivent baisser d’environ 45 % d’ici 2030, par rapport aux niveaux observés en 2010. En 2050, il faudra que les émissions soient tout à fait compensées par les suppressions de CO2 dans l’air.

Actuellement, les températures sont plus élevées que celles observés à l’époque pré-industrielle d’un degré.

Crédit photo de la une : Pink Floyd

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