La date est notée : le 5 août 2026, un peu avant 9h du matin. C’est là qu’un débris d’une fusée SpaceX devrait s’écraser sur la Lune. L’alerte a été lancée par un site nommé Project Pluto qui surveille le positionnement de nombreux objets dans l’espace, depuis les astéroïdes et les comètes jusqu’aux satellites ou aux débris.
L’étage de fusée Falcon 9 en question a décollé le 15 janvier 2025. Il s’agissait d’un lancement en vue d’une mission lunaire de l’entreprise Firefly, Blue Ghost mission 1. L’atterrisseur devait se poser sur la Lune aux côtés d’un autre engin japonais, Hakuto-R. En mars, Blue Ghost a pu arriver à la surface lunaire, mais son compagnon n’a pas survécu à l’atterrissage. Il ne s’agissait que d’une charge utile secondaire, donc la mission a tout de même été considérée comme un succès.
Un objet très mal surveillé
En revanche, l’étage supérieur de la Falcon 9, qui a envoyé tout ce beau monde vers la Lune, n’est pas resté dans l’orbite terrestre où il aurait dû finir par revenir, comme l’a fait le cargo qui contenait les charges utiles. Au contraire, il était un peu plus haut et a fini par se diriger vers la Lune. Il s’agit d’un cylindre d’une douzaine de mètres de long et lourd d’environ 4 tonnes. Les autres déjà envoyés dans l’espace sont, pour la plupart, retournés dans l’atmosphère terrestre où ils ont brûlé. D’autres sont encore en orbite terrestre et redescendront prochainement. Enfin, certains orbitent autour du Soleil, notamment ceux qui ont permis l’envoi vers Mars de la mission Escapade.

Bill Gray, l’astronome qui gère Project Pluto, détaille : « Ce type d’objet est généralement très mal surveillé. L’armée américaine traque les débris en orbite basse, ils ont pu identifier même des gants ou des sacs d’outils que les astronautes ont perdus au cours des années. Mais la Lune, et les objets comme cet étage sont environ 400 fois plus loin. Les signaux radars sont alors 256 millions de fois plus faibles. »
Malgré ces difficultés, les moyens d’observation sont nombreux, entre les radars et les télescopes, et l’objet a pu être aperçu plus d’un millier de fois, ce qui est suffisant pour affiner les prédictions de trajectoire et découvrir qu’il finira bien sur la Lune. L’impact aura lieu dans l’hémisphère Nord, près d’un cratère nommé Einstein. L’objet devrait alors voyager à environ 8 700 kilomètres par heure.
Inquiétant ? Pas tout à fait, mais ça viendra
En revanche, si l’impact a bien lieu sur la face visible de la Lune, il paraît improbable que nous puissions le voir, même avec des télescopes perfectionnés, car il sera bien trop petit. En revanche, des sondes pourraient l’apercevoir, et peut-être même en retirer quelques données scientifiques dignes d’intérêt, même si cela restera marginal. Ensuite, il sera possible de déterminer quel nouveau cratère a été créé par l’impact, même si cela s’annonce difficile tant cette zone est déjà constellée d’impacts de météorites.

Pour Bill Gray, cet impact en lui-même n’est pas forcément inquiétant : « Sur ce sujet, je me sens bien plus concerné par la multitude d’objets similaires qui ne tombent pas sur la Lune, mais qui finissent dans l’atmosphère terrestre à la place. » Pour lui, il est même préférable que ces débris finissent sur la Lune et cessent de polluer l’orbite terrestre, en augmentant le risque de collision et en gâchant les observations depuis le sol.
En revanche, si ces lancements venaient à se multiplier, ce qui semble devoir être le cas si l’on en croit les futures missions prévues, cela pourrait devenir un véritable problème. Il est pour l’instant assez facile de faire en sorte que les débris évitent la Lune, mais faire en sorte qu’ils évitent la Terre est un peu plus compliqué. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’un tel phénomène se produit, un autre impact avait eu lieu en 2022. Le point commun, à chaque fois, est qu’il s’agit de chutes incontrôlées, ce qui pose question au moment de vouloir établir une présence humaine permanente.
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