C’est officiel depuis le 9 juin 2026. Luca Parmitano rejoint l’équipage de la mission Artémis III, qui aura lieu en 2027, sauf coup de théâtre. Il volera à bord de la capsule Orion pour une durée de deux semaines, aux côtés de trois Américains : Randolph Bresnik, Andre Douglas et Francisco Rubio — et Bob Hines officiant comme astronaute réserviste.
L’inclusion de l’Italien, aujourd’hui âgé de 49 ans, permet à l’Agence spatiale européenne d’avoir une visibilité beaucoup plus grande dans le programme Artémis — même si elle participe déjà à l’aventure, avec la conception du module de service Orion. Et, bien sûr, la présence de l’astronaute est une bonne opportunité pour revenir sur son parcours.

On sait, par exemple, qu’il a risqué une noyade dans l’espace, alors qu’il était en train de boucler une sortie extravéhiculaire. On sait aussi qu’il a été un camarade de promotion de Thomas Pesquet, lors d’un recrutement en 2008 pour étoffer les rangs du corps européen des astronautes. Avec eux, on trouve une autre Italienne, mais aussi un Allemand, un Anglais et un Danois.
Quand soudain, Thomas Pesquet est arrivé
Longtemps, d’ailleurs, Luca Parmitano a eu des airs de mètre-étalon du vol spatial européen. À son actif, on compte deux missions de longue durée à bord de la Station spatiale internationale (ISS) et six sorties en combinaison (dont celle qui ne s’est pas bien passée). Et il a eu l’honneur de commander l’ISS. Au point d’établir des records pour le Vieux Continent.
Et puis Thomas Pesquet est parti dans l’espace, une deuxième fois.
Le Français, qui avait déjà acquis une sacrée notoriété à l’occasion de son tout premier séjour spatial (mission Proxima, de novembre 2016 à juin 2017), retournait donc dans l’ISS avec déjà une solide expérience. Et son deuxième voyage (mission Alpha, d’avril 2021 à novembre 2021) a été l’occasion de grignoter le palmarès européen de Luca Parmitano.

Le plus visible est celui du temps cumulé passé dans l’espace. Après ses deux vols, Thomas Pesquet totalise 396 jours en orbite. Luca Parmitano, lui, en compte « à peine » 367. Cela, malgré un nombre identique de visites dans l’ISS. L’écart n’est pas énorme, surtout à l’échelle d’une carrière spatiale, mais il a été suffisant pour renverser le classement.
Même scénario, ou presque, du côté des sorties extravéhiculaires. Thomas Pesquet l’a dépassé lors de la mission Alpha. Le Français compte désormais 39 heures et 54 minutes en sortie extravéhiculaire, contre 33 heures et 9 minutes pour l’Italien. Sur ce critère, le Français est aussi devenu le premier Européen du classement de l’ESA.
Un record tient encore, et Luca change de dimension
En nombre de sorties, en revanche, la nuance est importante : Thomas Pesquet n’a pas battu Luca Parmitano, il l’a rejoint. Les deux hommes comptent six EVA chacun. Si le Français a effectivement été le bourreau d’une partie des records de l’Italien, il n’a pas non plus tout raflé, même s’il a pas mal bousculé la hiérarchie.
D’autant que Luca Parmitano conserve encore un record important : celui du plus long séjour européen en une seule mission. Sa mission Beyond, achevée en février 2020, reste devant les séjours les plus longs de Thomas Pesquet, Samantha Cristoforetti ou Andreas Mogensen. Dans le match des chiffres, l’Italien n’a donc pas disparu.
D’autant que si Thomas Pesquet a repris l’avantage dans les tops, Artémis III offre un nouveau cadre au récit de Luca Parmitano. Lui qui a été recordman européen de l’ISS devient désormais l’un des visages du Vieux Continent au sein du programme lunaire américain. Et cela, même si la portée de la mission Artémis III est moindre qu’envisagé au départ.

La situation est donc assez cocasse : tandis que Thomas Pesquet a pris à son collègue plusieurs records européens construits autour de l’ISS, Luca Parmitano, lui, s’apprête à quitter ce terrain statistique pour entrer dans une autre catégorie : celle des astronautes européens associés aux premières grandes missions habitées du retour vers la Lune.
La mission Artémis III devrait permettre à Luca Parmitano d’ajouter à son compteur personnel deux semaines de plus en temps cumulé dans l’espace. Une durée que Thomas Pesquet va également pouvoir allonger à l’occasion de sa propre mission Vast, prévue en 2027 également, et à destination de la Station spatiale internationale.
La bataille des compteurs ne devrait donc pas radicalement changer à court et moyen terme. Les choses pourraient toutefois évoluer avec, peut-être, la présence de Thomas Pesquet dans une mission Artémis plus ambitieuse, avec un alunissage. D’ici là, une autre figure devrait rapidement s’imposer en haut du podium : une certaine Sophie Adenot.
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