Les récents échanges de tirs entre les États-Unis et l’Iran sont-ils le prélude à une vive reprise de la guerre au Moyen-Orient ? L’incertitude régnait dans la journée du 11 juin 2026, après les annonces fluctuantes de Donald Trump sur ses intentions. Le président américain avait, en effet, promis des frappes très puissantes, avant de les annuler finalement.
Cette montée de fièvre fait suite à une vive escalade militaire en début de semaine. Après qu’un hélicoptère américain a été abattu au-dessus du détroit d’Hormuz, Donald Trump a affirmé avoir répliqué massivement en larguant pour 250 millions de dollars (environ 230 millions d’euros) de bombes sur l’Iran, menaçant au passage de s’emparer de l’île de Kharg, le poumon pétrolier du pays.

Dans le même temps, l’hypothèse d’un accord entre Téhéran et Washington a émergé une nouvelle fois, à en croire le locataire de la Maison-Blanche. Un deal pourrait même être signé dès ce week-end, peut-être dans un pays en Europe. En attendant, les mises en garde et les avertissements circulent de part et d’autre sur une reprise accrue des hostilités.
C’est ce que montre une récente information relayée par l’agence de presse Fars, considérée comme proche des gardiens de la révolution. Téhéran a fait savoir qu’un nouvel embrasement de la région entraînerait une riposte sur diverses cibles dispersées au Moyen-Orient, dont des « actifs économiques gérés par Elon Musk ».
Starshield et drones de combat : SpaceX au cœur de l’arsenal militaire
En particulier, l’Iran se réserve la possibilité de frapper Starlink, puisque, selon Fars, « les armées américaine et israélienne ont utilisé [ces] infrastructures gérées par Elon Musk ». Le réseau social X a été mentionné aussi, mais sans précision sur son rôle dans ces opérations militaires — peut-être est-il fait référence ici à des actions d’influence, mais X est généralement bloqué dans le pays.
« La coopération militaire d’Elon Musk avec l’armée américaine avait déjà été révélée », continue Fars. Pour justifier le ciblage de Starlink, l’agence cite le projet militaire Starshield, les lancements de satellites de renseignement, les communications chiffrées et la transmission sécurisée de données. Il est aussi fait mention de « crimes de guerre » impliquant ce réseau.
Pour le régime iranien, Starlink n’est pas seulement une menace militaire extérieure ; c’est aussi un puissant outil de subversion interne. Selon des informations du Wall Street Journal, le Département d’État américain a financé l’introduction clandestine de près de 6 000 terminaux Starlink en Iran au début de l’année.

L’objectif : aider les militants anti-régime à contourner les coupures d’accès à Internet imposées par le gouvernement. Une cyber-guerre que Téhéran prend très au sérieux : dans le pays, l’utilisation d’une parabole SpaceX ou le simple fait de se connecter à son signal Wi-Fi est désormais passible de deux ans de prison.
Starlink est aujourd’hui le principal service d’accès à Internet par l’espace, via une constellation satellitaire qui compte des milliers d’engins en orbite terrestre basse. S’il n’offre pas encore une couverture complète de la Terre, il est accessible depuis la quasi-totalité des endroits habités. Et s’il a un usage civil évident, il a aussi une dimension militaire — on le voit en Ukraine.
Viser le sol plutôt que l’espace : la vulnérabilité des stations terrestres
À supposer que le scénario d’une frappe iranienne sur Starlink se concrétise, ce ne sont sans doute pas les satellites qui seraient visés. Leur grand nombre confère à ce réseau une forte résilience, même en cas de perte de quelques unités. En outre, ils ne sont pas évidents à viser puisqu’ils ne sont pas fixes. Enfin, les débris générés ennuieraient tout le monde.
Ce sont vraisemblablement plutôt les stations au sol qui seraient attaquées. Le réseau Starlink a effectivement besoin de relais un peu partout autour du monde pour raccorder sa constellation satellitaire avec l’Internet de la Terre. D’après Fars, les cibles privilégiées se trouvent en Israël, au Qatar, à Oman, aux Émirats arabes unis et en Jordanie.
Le ciblage de SpaceX s’inscrit plus largement dans un durcissement de l’Iran face à la supériorité numérique américaine. Par le passé, Téhéran a déjà placé d’autres géants de la Silicon Valley, comme Apple, Google, Microsoft et Nvidia, sur sa liste de menaces potentielles, en les désignant comme des cibles militaires légitimes au motif de leur proximité avec Washington.
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