« Pourquoi n’y a-t-il aucune femme nommée pour la mission Artémis III ? » À l’annonce de l’équipage de la prochaine échéance du programme lunaire américain, le 9 juin 2026, cette question était sur toutes les lèvres. Il faut dire que, depuis quelques années, la Nasa nous a habitués à des équipages mixtes, que ce soit avec Artémis II dernièrement, ou la plupart des vols habités à bord de la Station spatiale internationale.
Dans ce contexte, la photo des quatre hommes prêts à embarquer pour Artémis III semble donner une impression de retour en arrière, et les commentaires à ce sujet ont été nombreux. Parmi eux, celui d’Emily Calandrelli, vulgarisatrice qui a déjà volé à bord d’une fusée New Glenn, et qui ironise dans une publication Instagram : « Dans la mythologie, Artémis était la soeur JUMELLE d’Apollon ! ». Sur BlueSky, l’astrophysicienne Katie Mack en profite pour rappeler les efforts de Donald Trump pour supprimer toutes les mesures en lien avec la défense de la diversité et de l’inclusivité.
« Célébrons les astronautes sélectionnés » par la Nasa
Face à ces réactions, Jared Isaacman a pris la parole sur X, le 10 juin 2026. Dans un long tweet, l’administrateur de la Nasa dit avoir vu « de nombreux retours allant de la déception jusqu’à l’outrage ». Il rappelle avoir déjà volé avec des équipages à 50 % féminins et que femmes font partie de son équipe d’ingénieurs et de conseillers. Sans compter le centre de direction des missions, dirigé à moitié par des femmes, d’après lui.
Il ajoute : « Dans un monde avec tellement de controverses, j’espère que ceci pourrait être un moment où nous célébrons les astronautes sélectionnés, respectons l’intégrité du recrutement et reconnaissons l’extraordinaire talent de l’ensemble des astronautes. » D’après lui, la sélection des astronautes n’a rien de politique, et repose uniquement sur le talent des personnes sélectionnées, censées être les meilleures pour la mission en question.

Jared Isaacman assure également que les personnes qui dénoncent la composition de ce équipage « ne sont pas conscientes des sélections d’équipages déjà en train de se préparer pour partir à bord de l’ISS, ou ceux qui ont subi des entraînements spécifiques liés à la Lune et qui conviendraient pour de futures missions à sa surface ».
Enfin, il rappelle qu’Artémis III n’est pas la fin du voyage, mais seulement une partie d’un ensemble plus large, avec comme ambition « de ramener l’Amérique sur la Lune et construire le futur dont nous avons tous rêvé quand nous étions enfants ».
Aucune femme à bord d’Artémis III : un choix politique malgré tout
Il est vrai que, même si la Nasa ne l’admet pas directement, Artémis III est une mission secondaire par rapport aux voyages précédents et suivants. Bien qu’essentielle au programme lunaire, elle reste moins spectaculaire et intéressante qu’un séjour autour, ou sur la Lune — l’intégralité de la mission se déroulera en orbite terrestre. Il est donc extrêmement probable que la mission Artémis IV, plus décisive avec un alunissage, implique au moins une, voire plusieurs femmes.

En revanche, il est difficile de voir un bon signal envoyé par le choix de cet équipage d’Artémis III entièrement masculin. Tout d’abord, parce que même si Artémis IV venait à compter deux femmes et deux hommes, le score final de l’ensemble des missions du programme serait alors d’à peine trois femmes pour neuf hommes.
On se rappelle aussi que la Nasa avait promis que le programme Artémis verrait une personne racisée et une femme sur la Lune. Une déclaration remise en cause par Donald Trump et qui est désormais absente de la page d’accueil de la mission, alors qu’on la retrouve en utilisant la Wayback machine.
Sur 37 astronautes actuellement en service à la Nasa, 15 sont des femmes. De son côté, l’ESA compte 3 femmes parmi ses 13 astronautes en activité. Ce qui est encore loin de la parité, mais suffisant pour trouver de quoi créer des équipages mixtes.
Officiellement, rien ne dit que toute la suite du programme Artémis, et notamment les parties les plus importantes, seront réservées aux hommes, malgré les fréquentes attaques de Donald Trump contre la promotion de la diversité. Mais en attendant, les femmes sont bien exclues, de fait, d’une partie de cette aventure, alors que la profession des astronautes est de plus en plus féminisée.
+ rapide, + pratique, + exclusif
Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.
Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.
Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci
Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.
Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :
- 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
- 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
- 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.
Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.
Toute l'actu tech en un clin d'œil
Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !
Tous nos articles sont aussi sur notre profil Google : suivez-nous pour ne rien manquer !











