Et si les GAFAM avaient déjà leur successeur ? Né sur X le 9 juin 2026, le mème « MANGOS » remplace les géants historiques par Meta, Anthropic, Nvidia, Google, OpenAI et SpaceX. Un acronyme rigolo, mais surtout révélateur d’un basculement de la tech.

Sur X, un utilisateur a proposé le 9 juin 2026 de remplacer les GAFAM par les « MANGOS » — Meta, Anthropic, Nvidia, Google, OpenAI et SpaceX (Louis Sarkozy a de quoi se réjouir !). Outre l’aspect rigolo de l’acronyme, il y a en réalité une intuition assez juste sur le moment que traverse le secteur : un basculement vers l’ère de l’IA, des infrastructures et de nouveaux centres de pouvoir.

À première vue, il s’agit surtout d’une blague en lien avec l’actualité. Les internautes adorent rebaptiser les géants du numérique : après les GAFAM — Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft, longtemps considérés comme les cinq grands piliers de la tech américaine — on a eu les FAANG, puis des variantes plus ou moins sérieuses.

« MANGOS » s’inscrit dans cette tradition, avec une différence notable : il ne se contente pas de renommer, il recompose. Surtout, il ne se limite plus aux géants cotés en Bourse (même s’ils le seront bientôt).

 Meta, Anthropic, Nvidia, Google, OpenAI et SpaceX // Source : @ChrissGPT sur X
Meta, Anthropic, Nvidia, Google, OpenAI et SpaceX. // Source : @ChrissGPT sur X

Les GAFAM se font vieux

Car dans cette liste, certains piliers historiques disparaissent. Apple et Amazon, pourtant toujours parmi les entreprises les plus valorisées au monde, sont évincées. Microsoft aussi, malgré son rôle important dans l’IA.

À l’inverse, de nouveaux acteurs émergent — ou plutôt s’imposent — comme incontournables. D’abord, OpenAI. La firme de Sam Altman incarne la rupture la plus visible. ChatGPT a transformé l’IA en réflexe quotidien : écrire, coder, résumer, chercher, créer. Puis Anthropic : avec Claude, l’entreprise est devenue l’un des noms qui comptent dans la course à l’IA générative, même si elle reste moins connue du grand public qu’OpenAI.

Nvidia, elle, raconte peut-être le mieux le changement d’époque. Avant, la marque parlait surtout aux gamers et aux ingénieurs. Aujourd’hui, ses puces sont devenues le nerf de la guerre. Tout le monde veut faire de l’IA, donc tout le monde a besoin de calcul.

Google reste le survivant naturel de l’ancien monde. Le groupe a été bousculé par ChatGPT à ses débuts, mais il s’est vite remis dans la course avec son IA Gemini. D’autant qu’il garde (via Alphabet) des armes énormes : Search, YouTube, Android, le cloud, DeepMind, et une capacité rare à pousser ses produits partout.

Le logo d'OpenAI et Gemini. // Source : Numerama / OpenAI / Google
Le logo d’OpenAI et celui de Gemini. // Source : Numerama / OpenAI / Google

Meta, de son côté, est probablement mentionné pour sa force de frappe. L’entreprise possède Instagram, WhatsApp, et Facebook : autrement dit, des portes d’entrée déjà installées dans la vie de milliards de personnes.

SpaceX est désormais un ensemble qui va bien au‑delà des fusées : lanceurs, vaisseaux, et surtout Starlink pour l’accès à Internet par satellite. Le groupe a d’ailleurs récemment avalé xAI (et son modèle Grok), qui avait lui‑même absorbé X début 2025. Pris ensemble, SpaceX, Starlink, xAI et X forment un écosystème cohérent, de l’infrastructure physique jusqu’à l’interface sociale, pensé pour être introduit en Bourse comme une seule et même activité.

Bon, évidemment, le terme MANGOS prête surtout à sourire. Microsoft manque à l’appel, alors qu’il est partout dans l’IA. Amazon aussi, malgré AWS. Apple disparaît, alors qu’elle contrôle encore une grande partie de nos usages. Dans les commentaires, certains ont d’ailleurs déjà proposé des variantes, en remplaçant Meta par Microsoft ou Micron.

Reste que ce mème soulève un constat de fond : le vieux récit des GAFAM n’est plus vraiment d’actualité. Les années 2010 étaient celles des plateformes — recherche, réseaux sociaux, smartphones, e-commerce, cloud. Les années 2020, elles, s’écrivent davantage autour des modèles, des puces, des data centers, des satellites et des chatbots. À voir si MANGOS, ou l’une de ses variantes, finira par s’installer dans les usages.

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