Le rendez-vous est pris : la fusée Falcon Heavy assurera l’envoi de la mission européenne ExoMars 2028 vers la planète rouge dans un peu plus de deux ans. SpaceX en a fait l’annonce sur X le 17 avril 2026 dans un tweet très concis : « Falcon Heavy lancera le rover Rosalind Franklin vers Mars fin 2028 », a écrit l’entreprise.

Quelques heures plus tôt, le 16 avril 2026, la NASA signalait le début de la mise en œuvre de son projet de soutien à la mission, marquant une étape décisive pour ce programme ambitieux de l’Agence spatiale européenne (ESA). En effet, comme le rappelle son homologue américaine, il s’agit ici de « rechercher des signes de vie passée ou présente sous la surface. »
C’est un vrai soulagement pour celles et ceux qui travaillent sur ExoMars, une mission que beaucoup finissaient par décrire comme « maudite ». Il faut dire que ce projet a enchaîné les coups du sort : initialement prévu en 2018, puis décalé à 2020 et enfin à 2022, ExoMars a enchaîné les rendez-vous manqués avec la planète rouge.
Les facteurs explicatifs étaient multiples : des fenêtres de tir vers Mars très contraignantes (celles-ci ne s’ouvrent que tous les 26 mois), une maturité technique insuffisante pour le jour J, et une réalité géopolitique qui a tout bouleversé début 2022. Après l’invasion de l’Ukraine, la poursuite du travail avec les Russes est devenue impossible.


Résultat, le rover Rosalind Franklin s’est retrouvé sans l’appui de l’agence Roscosmos, sans le lanceur Proton et sans la plateforme d’atterrissage pour débarquer l’astromobile. La situation était donc critique pour ExoMars, mais une nouvelle alliance a finalement été forgée avec la NASA en 2024 pour relancer la mission.
ROSA : le volet américain de la mission
C’est donc par le biais du projet ROSA (Rosalind Franklin Support and Augmentation), dont l’implémentation vient tout juste d’être approuvée, que la NASA épaule l’Europe. Si l’ESA garde la mainmise sur le rover, le module de transport, la plateforme d’atterrissage, les opérations en surface vont être fournis par l’agence américaine.
Indispensable pour concrétiser le voyage, ce soutien logistique et matériel couvre aussi les moteurs de freinage, vitaux pour assurer la phase délicate de la descente vers le sol martien. Par ailleurs, la NASA livrera des unités de chauffage à radio-isotopes pour préserver l’électronique de bord du froid glacial de la planète rouge.
Enfin, pour ce qui concerne la partie scientifique, la contribution américaine comprend des composants électroniques spécialisés et un spectromètre de masse de pointe destinés à l’instrument scientifique MOMA (Mars Organic Molecule Analyzer), l’instrument phare du rover. L’apport américain s’avère clairement décisif.

Le Falcon Heavy, un colosse qui se fait rare
Cela se reflète également sur le choix du lanceur. Ce sera donc le Falcon Heavy de SpaceX. Le décollage est prévu depuis le mythique complexe de lancement 39A du Centre spatial Kennedy, en Floride. Voir ce lanceur lourd s’envoler est un événement en soi, tant ses apparitions sur les pas de tir se font rares.
Il faut en effet noter que cette fusée n’a pas du tout volé en 2025 et n’a pas encore pris les airs cette année — des missions sont cependant attendues plus tard dans l’année. Historiquement, l’année la plus intense pour le Falcon Heavy remonte à 2022, avec un total de cinq tirs. C’est dire si ce lanceur sert peu.
À ce jour, sa dernière utilisation remonte à octobre 2024, date à laquelle le lanceur (qui rassemble en fait trois premiers étages de fusée Falcon 9) a expédié la sonde Europa Clipper vers Jupiter. Ce vol a marqué les esprits, car la sonde a été lancée à la vitesse record de 45 648 km/h, la vitesse la plus élevée jamais atteinte par une fusée SpaceX.
Objectif : forer à deux mètres sous la surface
Sauf énième coup de théâtre qui transformerait malheureusement ExoMars 2028 en ExoMars 2030 ou ExoMars 2032, Rosalind Franklin doit atteindre sa destination deux ans après son départ. La zone d’arrivée sur la planète rouge est déjà déterminée : il s’agit d’Oxia Planum, une plaine équatoriale martienne riche en dépôts argileux.
Dans ce bassin, le rover européen déploiera sa foreuse capable de percer le sol jusqu’à une profondeur de deux mètres — une faculté que n’ont pas des rovers américains comme Curiosity ou Perseverance. C’est dans ce sous-sol préservé des intenses radiations cosmiques depuis des milliards d’années que l’ESA espère faire de grandes découvertes.
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