Oxia Planum. C'est le nom du site qui a été retenu pour la mission d'exploration ExoMars 2020. Arrivée prévue en 2021.

L’Europe sait désormais où se posera le rover ExoMars 2020 : ce sera sur le site Oxia Planum, un bassin martien situé un peu au nord de l’équateur. La décision d’y faire atterrir l’astromobile a été annoncée en France par le Centre national d’études spatiales (CNES). L’autre emplacement qui était en lice s’appelle Mawrth Vallis. Les deux zones avaient été présélectionnées en 2017.

C’est la sécurité de la mission qui a fini par départager les deux sites candidats. Dans un communiqué publié le 20 novembre, l’agence spatiale française explique qu’Oxia Planum « offre davantage de marges de sécurité pour l’étape cruciale de l’atterrissage ainsi que pour la mobilité du véhicule ». Après l’échec partiel de la mission ExoMars 2016, avec le crash du rover, l’Europe joue la carte de la prudence.

ExoMars 2020 Oxia Planum
Carte montrant les ellipses d’incertitude d’atterrissage du début et de la fin de la fenêtre de tir. // Source : CNES

Un site scientifiquement pertinent

Mais si la réduction des risques a été un paramètre-clé dans cette sélection, le site reste tout à fait pertinent d’un point de vue scientifique.Le site est « riche en argiles, minéraux contenants de l’eau dans leur structure et jouant un catalyseur très efficace pour de nombreuses réactions organiques », explique le laboratoire de Géologie de Lyon, qui a défendu Oxia Planum.

Le rover disposera d’une foreuse capable d’atteindre une profondeur de 2 mètres, afin de conduire des analyses sur des échantillons sinon inaccessibles. Idéal pour accéder à des  couches préservées des aléas cosmiques. « Par endroits, des roches très vieilles ont été protégées du rayonnement cosmique par une couche de lave plus récente et qui les a mis à l’abri jusqu’à aujourd’hui », explique le laboratoire.

Objectif : détecter d’éventuelles traces de vie

Le CNES ne dit pas autre chose : une analyse à la surface ne donnerait a priori pas grand chose, car le bombardement cosmique est «  destructeur pour la matière organique ». C’est donc dans le sol qu’il faut chercher. Les dépôts sédimentaires argileux et leur composition « pourraient correspondre à des dépôts lagunaires ou marins, témoignant peut-être de l’existence d’un océan ancestral martien. »

Datant de plus de quatre milliards d’années et présents ailleurs sur Mars, ces dépôts sont des indices d’un potentiel «  d’un processus de formation dû à l’action de l’eau à l’échelle planétaire », ajoute l’agence spatiale française. Et l’on sait que l’eau est un incubateur pour la vie. L’histoire de la Terre en est la preuve. Il reste maintenant à aller voir sur place (les Américains ont un projet similaire avec Mars 2020).

La mission ExoMars 2020 sera lancée en juillet 2020 pour atterrir sur la planète rouge en mars 2021. Elle décollera de Baïkonour, au Kazakhstan depuis une fusée Proton. Celle-ci embarquera non seulement le rover, mais aussi une plateforme de surface, de conception russe. De nombreux autres instruments scientifiques accompagneront ces deux matériels afin d’analyser le sol et les environs.

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