Un signal radio découvert il y a une vingtaine d’années dans l’univers a enfin pu être identifié. Il s’agissait d’un couple d’étoiles proches l’une de l’autre, avec la plus massive qui « dévorait » sa voisine.

Les signaux radio semblent être quasiment omniprésents à travers l’univers, mais ils sont rarement étudiés. En cause : leur durée extrêmement courte qui empêche une analyse précise de la part de nombreux instruments.

En revanche, la situation est un peu différente pour les signaux dits « à longue période ». Surnommés LPT pour Long period radio transients. Leur particularité : ils se répètent sur des temps longs, et sont donc plus faciles à surveiller et à étudier. Il en existe une douzaine à peine dont l’origine est connue, et une nouvelle étude parue dans Nature Astronomy rajoute un dernier nom au bas de cette courte liste.

Un système binaire caché depuis 20 ans

Il s’agit d’un signal détecté pour la première fois en 2005 et qui vient enfin de voir une avancée majeure dans sa caractérisation. Il est désormais baptisé ASKAP J1745-5051. Les radioastronomes se penchaient sur la question depuis deux décennies, et pensaient qu’il pourrait être originaire d’un pulsar ou d’un magnétar. Pour trouver une réponse, ils ont utilisé le radiotélescope ASKAP, un télescope géant de plusieurs kilomètres de diamètre (avec une surface collectrice réelle de 4 000 mètres carrés).

Cela a permis de remonter à l’origine de ce signal, et il s’agissait finalement, non pas d’un pulsar, mais d’un système binaire. Deux étoiles qui se tournent autour et provoquent la création d’importants champs magnétiques, y compris de signaux visibles dans les ondes radio.

Plus précisément, nous avons ici une naine blanche, le résultat d’une étoile en « fin de vie » qui ne provoque plus de réaction nucléaire mais qui maintient une température de surface très élevée. Ces astres sont aussi extrêmement denses, comme celle-ci qui possède une taille comparable à celle de la Terre, mais une masse aussi importante que celle de notre Soleil !

Avec elle, on trouve une naine rouge, un type d’étoile peu massive et peu lumineuse extrêmement fréquente à travers l’Univers. Dans ce cas, celle-ci aurait une masse comparable à un dixième de celle du Soleil.

Un ballet cosmique destructeur

Seuls, ces astres auraient été difficiles, voire impossibles à détecter en raison de leur faible masse et de leur taille limitée. Mais ici, l’interaction entre les deux produisait des signaux radio, ainsi que des émissions dans les rayons X.

Tout d’abord, le flux de matière aspiré s’écrase à une vitesse phénoménale sur la naine blanche, provoquant une augmentation brutale de la température, jusqu’à plusieurs millions de degrés, suffisante pour émettre des rayons X. Ensuite, toutes les 85 minutes environ, l’orbite elliptique des étoiles entraînait une collision de leurs champs magnétiques, avec comme conséquence, l’apparition d’ondes radio.

CSIRO_ScienceImage_11438_The_first_antenna_to_be_assembled_as_part_of_the_Australia_Square_Kilometre_Array_Pathfinder_ASKAP_telescope
Une antenne du radiotélescope SKA en Australie. Source : CSIRO

Dans cet incessant ballet, la naine blanche plus massive aspire la matière provenant de son compagnon stellaire, la dévorant lentement.

Cela explique ainsi la régularité de ce signal qui apparaissait sous nos yeux depuis 20 ans, et qui avait fait penser à la périodicité d’un pulsar, souvent source privilégiée pour ce type de signal. Désormais, l’ambition des chercheurs est de pouvoir se servir de ces données pour décoder les futurs signaux, et savoir si, d’après leurs caractéristiques, il est possible de deviner la nature de leur source.

Découvrez les bonus

+ rapide, + pratique, + exclusif

Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.

Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.

S'abonner à Numerama+

Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci

Il y a une bonne raison de ne pas s'abonner à

Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.

Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :

  • 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
  • 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
  • 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.

Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.

S'abonner à Numerama+
Toute l'actu tech en un clien d'oeil

Toute l'actu tech en un clin d'œil

Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !


Pour ne rien manquer de l’actualité, suivez Numerama sur Google !