Face au fléau des moustiques, un ingénieur a troqué la traditionnelle tapette contre un projet étonnant : une tourelle laser automatisée et guidée par une intelligence artificielle pour pulvériser les insectes en plein vol. Une arme digne de la science-fiction, mais bien réelle.

L’été s’approche petit à petit, et avec lui les moustiques. Comme chaque année, chacun ira de sa technique : la méthode traditionnelle avec une tapette pour les dégommer à la volée, la solution chimique radicale avec l’emploi d’un pesticide ou bien carrément la barrière physique, avec l’emploi d’une moustiquaire. Ce ne sont pas les parades et les défenses qui manquent.

Et puis il y a la voie nerd : celle empruntée par Steven Cheng, un ingénieur qui a présenté le 28 mai 2026 sa propre riposte. Dans une vidéo partagée sur X et devenue virale, il dévoile sa création, non sans fierté : « Après quatre mois de travail, j’ai enfin réussi l’exploit d’utiliser un canon d’artillerie pour écraser des moustiques ». Rien que ça.

En fait, il ne s’agit pas tout à fait d’un canon d’artillerie tirant des projectiles sur les insectes se trouvant à portée. Il s’agit en fait d’une arme laser qui est liée à une intelligence artificielle, spécialement entraînement pour ce travail. Son rôle : détecter ces pénibles pompeurs de sang pour les griller en plein vol ou quand ils sont posés contre une surface.

La vision, le cerveau, le ciblage et l’arme

Envie de reproduire ce système de défense à la maison ? Accrochez-vous, car le matériel requis pour carboniser les moustiques implique de nombreux et coûteux dispositifs informatiques et robotiques.

D’abord, le système a besoin d’un œil affûté pour voir les moustiques : c’est l’appareil photo reflex. L’ingénieur explique dans sa vidéo qu’en matière de détection, « l’équipement d’acquisition visuelle est d’une importance cruciale ». C’est d’autant plus vrai quand il s’agit de repérer une cible aussi petite et qui se déplace rapidement et erratiquement.

moustique laser système
Source : Steven Cheng

Après avoir testé divers appareils de capture d’image, il a constaté qu’un boîtier reflex associé à un objectif zoom à fort grossissement était « l’option la plus adaptée » pour repérer les insectes.

Mais la vision ne suffit pas. Il faut aussi un cerveau pour commander l’arme et déterminer quand agir. C’est là qu’entre en scène le modèle d’intelligence artificielle. « En exploitant la vision par ordinateur et l’apprentissage profond [un procédé d’apprentissage pour l’IA, NDLR], j’ai entraîné un modèle taillé pour détecter et se caler sur les moustiques », a-t-il ajouté.

Et enfin, il faut l’arme à proprement parler ainsi qu’une tourelle rotative qui permette de braquer le rayon fatal dans toutes les directions. Et ça marche, avec un effet immédiat. L’inventeur s’en est d’ailleurs amusé : « En ajustant la puissance de sortie du laser, nous pouvions instantanément transformer les moustiques en moustiques grillés. »

Un entraînement qui a demandé quelques « sacrifices » et pas mal de calculs

Steven Cheng raconte qu’il n’a pas été si facile que ça de concevoir une IA capable de reconnaître un moustique. Pour que son algorithme soit efficace, l’ingénieur a dû l’entraîner avec des milliers d’images. Un processus qui a par ailleurs demandé qu’il donne aussi de sa personne, littéralement, car il a aussi été piqué bien des fois.

« J’ai collecté un grand ensemble de données d’images de moustiques pour l’entraînement du modèle, ce qui a inévitablement entraîné d’innombrables piqûres de moustiques sur tout mon corps », a-t-il affirmé.

entrainement ia moustique
La phase d’annotation pour l’entrainement. // Source : Steven Cheng

Une fois ce calvaire terminé est venue ensuite « la longue et fastidieuse tâche de l’annotation », consistant à détourer manuellement chaque insecte sur les photos pour les indiquer à la machine. Un procédé qui entre dans le cadre de l’apprentissage profond, en donnant à la machine des références en nombre pour qu’elle puisse ensuite se débrouiller seule.

« 2 000 ans plus tard », raconte-t-il en plaisantant, l’intéressé est passé à la phase de l’entraînement pur et dur de l’IA, qui a nécessité de gros calculs informatiques, ce qui n’a pas été de tout repos pour le matériel. Steven Cheng précise ainsi que « le grondement des ventilateurs de refroidissement a vraiment mis [sa] carte graphique à rude épreuve ».

Mais le jeu en valait la chandelle, à l’entendre, puisque les performances globales de détection de son modèle se sont révélées vraiment bonnes.

Un système de sécurité pour éviter de rôtir le chat

Évidemment, installer un canon laser autonome dans le salon a de quoi faire relever quelques sourcils circonspects. Même à faible puissance, le laser est susceptible de viser un animal de compagnie, un individu ou de déclencher un départ de feu s’il se fixe sur un matériau inflammable. Des enjeux que l’ingénieur dit avoir pris en compte dans son système.

Chat roux  // Source : Pixabay- Alexas_fotos
Il s’agirait de ne pas se tromper de cible. // Source : Pixabay- Alexas_fotos

« Pour la sécurité, j’ai ajouté une caméra grand angle pour détecter les humains et les matériaux inflammables ». Cette autre caméra cartographie la pièce en permanence et le programme est codé de sorte que si le moindre chevauchement est détecté entre ces objets sensibles et la zone de visée de l’émetteur, « le système coupe automatiquement l’alimentation du laser. »

Après des simulations virtuelles, l’appareil a été déployé pour un véritable test en conditions réelles. Bilan ? « Après les efforts d’une nuit, j’ai éliminé avec succès tous les moustiques trouvés dans ma résidence », conclut l’ingénieur.

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