Alors que la France sort à peine d’une vague de chaleur historique pour un mois de mai, la planète doit déjà se préparer à un été probablement marqué par de nouveaux phénomènes météorologiques extrêmes. Ce 2 juin 2026, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a annoncé ses estimations : « La probabilité d’occurrence d’un épisode El Niño entre juin et août 2026 s’élève à 80 %, apprend-on dans un communiqué. Les probabilités que cet épisode se maintienne au moins jusqu’en novembre avoisinent ou dépassent les 90 %. »
El Niño est un phénomène climatique naturel, caractérisé par des anomalies de températures de surface de la mer dans l’océan Pacifique équatorial. Ces températures, plus chaudes que la normale, sont à l’origine de divers effets secondaires en cascade, à l’échelle planétaire.
« Les conditions El Niño jetteront de l’huile sur le feu d’une planète qui se réchauffe »
« El Niño devrait frapper à notre porte dans les mois à venir, avec une probabilité de 90 %, commente sur X António Guterres, le secrétaire général des Nations unies. Le monde doit considérer ce phénomène comme l’alerte climatique urgente qu’il est. » Dans une allocution vidéo, il a complété : « Les conditions El Niño jetteront de l’huile sur le feu d’une planète qui se réchauffe. Les impacts seront encore plus forts et ressentis encore plus loin. Ils traverseront les frontières à une vitesse dévastatrice. »

L’OMM estime qu’il faut dès maintenant se préparer à un épisode puissant du phénomène, qui pourrait provoquer des pluies intenses et des risques de vagues de chaleur à la fois sur terre et dans les océans. Le dernier épisode El Niño était survenu en 2023-2024, et avait alors joué un rôle dans les hausses de températures record mondiales alors observées.
Des impacts perceptibles en France ?
En France, pourrions-nous vivre des effets particuliers liés à ce phénomène ? Attention aux raccourcis un peu trop rapides et alarmistes ; El Niño ne joue pas un rôle de « chef d’orchestre » de la météo quotidienne en France.
En avril 2026, le climatologue Christophe Cassou avait déjà indiqué qu’ « il n’y a pas de téléconnexions [ndlr : de réactions en chaine à haute altitude] statistiquement robustes entre les événements El Nino et la variabilité climatique sur la France métropolitaine, mais fortes dans les territoires ultra-marins dans les tropiques ».
Il ne faut donc pas en déduire qu’El Niño sera responsable de tous les événements qui pourraient advenir en France métropolitaine ces prochains mois. El Niño réchauffe la planète entière. En s’ajoutant au dérèglement climatique, il augmente indirectement le risque de vagues de chaleur et de douceur anormale en France.
El Niño est un état ou une phase de l’ENSO : « El Niño – Southern Oscillation », soit « El Niño – Oscillation australe » en français. En résumé très rapide : El Niño caractérise une température élevée des eaux (au contraire de La Niña qui est associée à un refroidissement).
« Sur l’Europe dans son ensemble, le principal booster des événements extrêmes n’est pas l’ENSO mais l’accumulation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère qui induit le réchauffement climatique », estime Christophe Cassou.
L’OMM indique qu’il n’est pas démontré que le changement climatique ait un impact sur la fréquence ou l’intensité de ce phénomène. Cependant, « El Niño peut amplifier les impacts associés, car le réchauffement de l’océan et de l’atmosphère augmente la disponibilité d’énergie et d’humidité pour des phénomènes météorologiques extrêmes tels que les vagues de chaleur et les fortes pluies ». D’où l’appel de l’OMM à « se préparer » toutefois à ce nouveau développement d’El Niño dans le monde, qui n’augure rien de bon.
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