Jusqu’à preuve du contraire, et malgré des décennies de recherches sur les exoplanètes partout dans l’Univers, la Terre est la seule planète où l’on pratique le surf. Pourquoi ? Eh bien parce que nous n’avons pas trouvé d’êtres vivants ailleurs. Mais si c’était le cas, ils pourraient tout de même s’adonner à cette discipline sous certaines conditions.
Dans une étude de la revue scientifique JGR Planets, repérée par le site Nautilus, des scientifiques ont conçu un modèle pour étudier les vagues sur d’autres mondes. Ils ont tenté de déterminer comment elles se formaient avec des conditions drastiquement différentes de chez nous.
Mais avant tout, il faut saisir la façon dont les vagues se forment sur Terre.
Cette dynamique océanique est due aux vents qui remuent la masse d’eau et à la force de gravité. D’autres paramètres entrent aussi en ligne de compte, comme la densité atmosphérique, ainsi que la viscosité du liquide, puisque selon la planète où l’on se trouve, il ne s’agira pas forcément d’eau. Avec toutes ces informations en main, les auteurs de l’étude ont créé un modèle nommé PlanetWaves, et l’ont appliqué sur d’autres planètes.
Du surf dans le lac Jezero sur Mars
Commençons par Mars. Certes, même si nous avions le pouvoir d’emmener quelques millions de mètres cubes d’eau pour transformer le cratère Jezero en lac, le liquide se transformerait rapidement en glace ou s’évaporerait avec les conditions qui règnent aujourd’hui. Or, si la planète rouge présente peu d’intérêt pour les surfeurs, cela n’a pas toujours été le cas.

Trois milliards d’années plus tôt, on estime que se tenait ici un lac de près de 10 mètres de profondeur. Les auteurs ont calculé qu’avec un vent continu de 37 kilomètres par heure, les vagues pouvaient atteindre une cinquantaine de centimètres sur la côte est, suffisante pour des amateurs, et jusqu’à 1,5 m à l’ouest, ce qui bien plus intéressant pour des surfeurs confirmés.
En outre, la faible gravité martienne et la relative lenteur des vagues seraient deux facteurs autorisant des figures plutôt acrobatiques et spectaculaires.
Titan, vagues pour experts, mais en mode facile
Restons dans le Système solaire avec Titan, le plus grand satellite naturel de Saturne. Ici, pas d’eau à la surface mais des lacs et des rivières faits de méthane à l’état liquide. Dans l’hémisphère sud, on trouve le lac Ontario, de 235 kilomètres de long. Une belle étendue de méthane et d’azote avec une température approchant les -200 degrés, ce qui nécessite une bonne combi de surf. Imaginons malgré tout que cela soit possible.
Avec une gravité correspondant à environ 14 % de celle de la Terre, le liquide serait beaucoup plus facile à remuer, et il suffirait d’un vent de 17 km/h pour provoquer des vagues de près de cinq mètres de haut.

Sur Terre, ce serait un véritable défi réservé aux très bons surfeurs, mais ici, à cause de l’atmosphère extrêmement épaisse faite d’azote, les vagues avanceraient comme de la mélasse et seraient très lentes, ce qui vous laisserait davantage de temps pour des figures. Mieux : pas besoin de crème solaire puisque la luminosité sur Titan est si faible que ce serait comme surfer au clair de lune.
Et si on sortait du Système solaire ?
Pour aller plus loin, les auteurs de l’étude ont appliqué leurs modèles à quelques exoplanètes où il pourrait y avoir des étendues de liquide à la surface. Ainsi, on apprend que sur Kepler 1649-b, à 219 années-lumière de la Terre, les vagues pourraient être similaires à celles de la Terre avec un vent correct. La gravité et la pression atmosphérique sont à peu près les mêmes, la taille de la planète également, vous êtes donc en terrain connu. En revanche, protégez-vous puisque l’océan est composé d’acide sulfurique, et que la température dehors approche les 260 degrés.

Pour avoir de l’eau, de la vraie, LHS 1140-b et son potentiel océan global seraient un meilleur spot. En plus, comme la planète présente toujours la même face au Soleil, vous pourriez faire du ski sur l’autre côté. En revanche, la gravité est environ trois fois supérieure à celle de la Terre, ce qui nécessite un vent plus important pour déclencher les vagues. Sans compter le fait qu’elles pourraient vous écraser sous leur poids en retombant.
Enfin, si vous aimez les défis, pourquoi ne pas tenter une petite session de surf sur 55 Cancri-e ? Sa gravité deux fois supérieure à celle de la Terre, ses 2 200 degrés du côté jour, ses vents à 130 km/h, et surtout, son océan de lave. Pas sûr que ce spot devienne le plus populaire.
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