On en sait un peu plus sur les soucis qui ont causé une évacuation d’urgence à bord de la Station spatiale internationale. Mike Fincke avait besoin de matériel d’imagerie qu’on ne trouve que sur Terre, et les expériences en cours de Sophie Adenot portent justement sur ces technologies.

Juste avant que l’astronaute française Sophie Adenot n’arrive dans la Station spatiale internationale, l’ambiance était quelque peu agitée, suite à un problème médical qui avait poussé l’équipage de Crew-11 à revenir prématurément sur Terre.

Désormais, suite à un communiqué publié par la Nasa, nous en savons un peu plus sur les circonstances de ce départ précipité. C’est le pilote, Mike Fincke, qui avait besoin de soins sur Terre. L’astronaute américain de 58 ans réalisait ici son quatrième séjour dans l’espace, cumulant ainsi plus de 500 jours en orbite, mais son état de santé nécessitait une prise en charge pour son dernier vol.

Un besoin d’imagerie médicale au sol

Dans le texte de la Nasa qu’il a lui-même signé, il précise avoir subi un problème médical d’abord pris en charge par les autres astronautes à bord. Il ajoute ensuite : « Après de plus amples examens, la Nasa a déterminé que le plus sûr était un retour anticipé de Crew-11. Pas pour une urgence, mais dans le cadre d’un plan soigneusement élaboré pour être capable de profiter de l’imagerie médicale plus élaborée que ce que nous avons à bord de l’ISS. »

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Sophie Adenot en train de tester EchoBones. Source : CNES/OLLIER Alexandre

Rassurant, l’astronaute indique ensuite être désormais en bonne santé, et suivre comme ses collègues les procédures qui suivent les vols de chaque astronaute pour étudier leur état de santé, toujours mis à rude épreuve durant ces voyages.

Environ un mois après cet événement, Sophie Adenot arrivait dans l’ISS où il ne restait alors qu’un seul équipage composé d’un astronaute américain et de deux Russes. Et il se trouve qu’elle emmenait dans ses bagages le genre d’instrument qui aurait pu aider Mike Fincke puisque parmi les expériences sur lesquelles elle travaille, dans le cadre de la mission Epsilon, il y en a quelques-unes qui s’intéressent à la santé des astronautes et aux manières de repérer d’éventuels problèmes grâce à l’imagerie médicale.

Une précision tout de même : ces appareils auraient sans doute pu être utiles à Mike Fincke, mais il s’agit encore d’outils expérimentaux, qui sont en orbite pour être testés en vue de futurs voyages spatiaux plus longs et plus lointains. S’ils avaient été là avant, l’astronaute américain aurait sûrement dû rentrer tout de même sur Terre.

Du matériel médical dans les valises de Sophie Adenot

Une de ces expériences se nomme EchoFinder. Il s’agit d’une échographie à pratiquer soi-même, qui repose sur une technologie mêlant l’intelligence artificielle et la réalité augmentée. Grâce à une sorte de joystick, l’astronaute peut déplacer une sonde et voir les organes sous la peau, même si ceux-ci ne sont pas exactement à leur place habituelle, ce qui est le cas en situation de microgravité, car ils « flottent » à l’intérieur du corps. C’est la première fois, avec Sophie Adenot, que ce dispositif est testé dans l’espace.

Dans le même esprit, l’astronaute française utilise EchoBones, une échographie qui est utilisée pour voir l’intérieur des os, une première. Ici, le but est avant tout de mieux comprendre la perte de densité osseuse ressentie par les astronautes durant un vol spatial. Ici, Sophie Adenot est le sujet d’étude puisque des échographies ont été réalisées avant son départ pour les comparer à d’autres lors de son retour, mais ce type de technologie devrait être utile pour de futurs vols.

Source : NASA
Source : NASA

Enfin, l’expérience PhysioTool aurait aussi sans doute pu servir pour Mike Fincke, puisqu’il s’agit d’un logiciel destiné à suivre l’état de santé des astronautes. Il suffit de porter deux petits boîtiers à sa ceinture pour transmettre toute une série d’informations allant du rythme cardiaque à l’oxygénation des tissus musculaires. Le but, encore une fois, est de mieux comprendre les dommages que provoque un vol spatial de longue durée chez les astronautes, mais il pourrait être utilisé pour mieux faire face à un souci médical.

En attendant que toutes ces technologies soient au point, il est sans doute préférable que Mike Fincke soit rentré sur Terre plus tôt. Même si les outils médicaux à bord de l’ISS sont nombreux et se perfectionnent sans cesse, les astronautes en orbite ont la chance de n’être qu’à 400 kilomètres de la surface, là où un retour n’est pas si contraignant. Mais les choses seront différentes pour les futures missions plus lointaines.

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