Ce qui n’était qu’une pique de Donald Trump contre Barack Obama en février dernier vient de se transformer en séisme d’État. Ce 8 mai 2026, le Département de la Guerre a lancé le portail War.gov/UFO, livrant au public les premières pièces d’un puzzle de 161 archives déclassifiées sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés.

« Trois lumières au-dessus du relief lunaire ». « Un phénomène aérien non identifié ressemblant à un objet en forme de ballon de football près du Japon ». Un rendu graphique « d’un objet métallique de couleur bronze, de forme apparemment ellipsoïdale, serait apparu à partir d’une lumière vive dans le ciel, mesurant entre 40 et 60 mètres de long, avant de disparaître instantanément. »

Voici quelques-unes des légendes qui accompagnent la publication, ce 8 mai 2026, de plusieurs dizaines de documents classifiés au sujet des objets volants non identifiés (OVNI). Disponibles dans une rubrique dédiée du site du Département de la Guerre (War.gov/UFO), ces archives sont aujourd’hui au nombre de 161. Outre des photographies, on trouve aussi des vidéos et des documents PDF, dont des témoignages.

Les lueurs. // Source : NASA
Les lueurs. // Source : NASA

D’un bête podcast avec Obama, à l’initiative PURSUE

Cette mise en ligne massive, qui n’est que le tout premier volet d’une série d’autres déclassifications à venir (cette première vague de dossiers est regroupée sous l’appellation « Release 01 »), n’est pas tout à fait le fruit du hasard. C’est la traduction d’une séquence politique surprenante ouverte il y a trois mois.

En février dernier, Donald Trump avait stupéfait l’Amérique en accusant son prédécesseur, Barack Obama, d’avoir révélé des « informations classifiées » lors d’un simple podcast. Il est vrai que l’ex-président démocrate avait été malhabile dans ses propos, en ratant une plaisanterie sur l’existence des aliens. Comprise de travers, son intervention avait fini par remonter jusqu’aux oreilles de Donald Trump, avec la suite que l’on connait.

Source : Montage Numerama
Source : Montage Numerama

Malgré tout, entre deux piques lancées contre Barack Obama, l’actuel occupant de la Maison-Blanche avait cependant promis de « sortir son prédécesseur de ce mauvais pas » en déclassifiant lui-même les dossiers secrets du Pentagone. C’est ce qui a donné lieu à l’initiative PURSUE (Presidential Unsealing and Reporting System for UAP Encounters).

Cette première série de documents provient de plusieurs grandes sources de l’État : l’agence spatiale américaine (NASA), bien entendu, mais aussi de la police fédérale (FBI), du Pentagone ainsi que du département d’Etat, en charge des affaires étrangères. Pour les documents datés, cela remonte jusque dans les années 1950 à aujourd’hui — les plus récents sont datés de fin 2025. Il y a aussi beaucoup de dossiers non datés.

Pas de révélations extraordinaires

Le portail War.gov/UFO ne contient pas de révélation renversante sur les aliens. On note que plusieurs archives sont des « signalements non résolus de phénomène aérien inexpliqué ». Une mention qui ne signifie pas que le cas est forcément surnaturel ou venu d’ailleurs, mais qu’il a été impossible de le résoudre. Il faut plutôt voir ça comme un « cold case », c’est-à-dire une affaire non élucidée.

C’est ce que pointe la Maison-Blanche, d’ailleurs : « Les documents archivés ici concernent des cas non résolus, ce qui signifie que le gouvernement n’est pas en mesure de se prononcer de manière définitive sur la nature des phénomènes observés. Cela peut s’expliquer par diverses raisons, notamment un manque de données suffisantes. »

Source : Département de la Défense
Source : Département de la Défense

Cela étant, Washington dit « encourager le recours aux analyses, aux informations et à l’expertise du secteur privé » si cela permet de résoudre certaines de ces affaires. D’ores et déjà, sous l’égide de la directrice du renseignement national, il est prévu de publier de nouvelles tranches de documents, par intervalles de quelques semaines. Il n’est pas précisé à quelle date sortira l’archive « Release 02 ».

Évidemment, la publication par le Département de la Guerre des États-Unis de cet ensemble de documents offre aussi une vue inédite sur des archives historiques. C’est le cas par exemple de cette photographie liée à la mission Apollo 17 sur la Lune, en décembre 1972. Le visuel contient un encart qui met en évidence une partie agrandie de la photo originale sur laquelle on distingue trois lumières au-dessus du relief lunaire.

On trouve également des dossiers d’OVNI concernant la Terre, avec des rapports provenant du Moyen-Orient, du Japon, de Grèce, d’Afrique, des États-Unis ou encore des Émirats arabes unis. Beaucoup ont été ouverts par des membres des forces armées américaines

Le visuel le plus marquant, sans doute, reste cette composition mêlant une vraie photographie sur laquelle a été ajoutée en image de synthèse. Le but ? Traduire visuellement « les témoignages oculaires concordants datant de septembre 2023 » concernant l’objet métallique décrit en introduction de l’article. Ce rendu a été produit par un laboratoire du FBI. Et ce sera peut-être l’un des sujets les plus discutés, en attendant la suite.

Source : FBI
Source : FBI

La transparence comme arme de distraction ?

L’ampleur de la tâche est rappelée dès l’ouverture du portail par une directive solennelle. D’après le Département de la Guerre, il s’agit là d’une « entreprise historique sans précédent », exigeant la coordination de dizaines d’agences pour passer au crible des « dizaines de millions de dossiers », dont beaucoup n’existent encore que sur papier. Cela explique sans doute pourquoi l’administration ne publie pas tout d’un coup.

Reste cependant une question inévitable : si l’administration Trump joue la carte de la transparence, d’aucuns pourraient aussi voir là-dedans une petite manœuvre de distraction. Car pendant que l’on se plonge dans ces archives, l’attention n’est plus focalisée sur d’autres sujets éminemment sensibles aux USA, de la conduite actuelle de la guerre des USA en Iran à l’affaire Jeffrey Epstein, en passant par ICE ou la hausse des prix.

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