On ignore toujours, à ce stade, qui était malade parmi l’équipage de Crew-11 et quelle était la nature de son dérangement. Mais une semaine après le retour sur Terre des quatre astronautes, une conférence de presse post-mission a été organisée par la Nasa, le 21 janvier 2026. L’occasion pour eux de revenir sur les péripéties récentes.
Car la mission Crew-11 n’était pas censée rentrer si tôt. Selon le calendrier initial, l’équipage, parti début août 2025, devait séjourner un peu plus de six mois à bord de la Station spatiale internationale (ISS), avec un retour attendu en février 2026. Sauf que l’un des quatre participants a été confronté à un souci de santé nécessitant un rapatriement précipité en janvier 2026.
Aurait-il été possible de traiter l’affection directement dans le laboratoire spatial, à 400 kilomètres en orbite ? L’incertitude demeure, faute de précision sur les symptômes rencontrés. Toujours est-il que les Américains Zena Cardman et Mike Fincke, le Japonais Kimiya Yui et le Russe Oleg Platonov sont rentrés à la mi-janvier 2026.
Une bonne preuve de la préparation de la Nasa aux situations anormales
Mais pour les quatre astronautes, cette mésaventure constitue malgré tout un bon enseignement sur la capacité de la Nasa, des agences spatiales partenaires et des opérateurs privés à faire face à un imprévu relativement sérieux. Et une preuve que les dispositions spéciales pour faire face à ce type d’évènement fonctionnent bien.
« C’est en fait une très, très bonne expérience pour l’avenir des vols habités », a ainsi déclaré Kimiya Yui, dans des propos rapportés par Space.com. À ses yeux, le fait que Crew-11 soit rentré sain et sauf dans un cas de figure inédit (jamais une évacuation de la sorte n’a eu lieu depuis l’existence de l’ISS) prouve que l’on peut « faire face à n’importe quel type de situation difficile ».
Mike Fincke n’a pas dit autre chose : « La façon dont nous avons tout géré du début à la fin — des opérations nominales à ces opérations imprévues — est de très bon augure pour l’exploration future. […] Nous sommes une machine bien huilée. »

Le satisfecit de l’équipage doit cependant être nuancé. La situation médicale en question a certes nécessité de raccourcir la mission de Crew-11, mais elle n’a visiblement pas nécessité un départ immédiat, en urgence, de l’ISS — quelques jours de battement ont en effet été observés entre l’annonce d’un astronaute malade et le rapatriement.
La tyrannie de la distance
Qui plus est, cette gestion de la crise repose sur un luxe que les futurs explorateurs n’auront pas, quand un incident similaire aura lieu sur la Lune, sur Mars ou durant un transit vers ou depuis ces deux destinations : la proximité. L’ISS évoluant en orbite basse, le filet de sécurité terrestre reste accessible en quelques heures.
Si cette même urgence médicale s’était déclarée à mi-chemin vers Mars, sans possibilité de demi-tour, ou même sur la surface lunaire dans le cadre du programme Artémis, le scénario aurait été tout autre. Il faudrait sans doute traiter le patient sur place, et donc prévoir des kits médicaux et des formations plus denses que ce qui est prévu pour l’ISS.

D’autant que plus on s’éloigne de la Terre, plus la communication prend du temps. Si le délai est insignifiant entre la Terre et la Lune (2,5 secondes aller-retour pour franchir les 385 000 km qui séparent les deux astres), il est handicapant entre la Terre et Mars (entre 6 et 44 minutes, pour une distance allant de 55 à 400 millions de km).
Dans ce deuxième cas, il faut faire une croix sur la télémédecine — ou, au mieux, une simple consultation avec un délai déjà très long (6 minutes) quand les deux planètes sont les plus proches l’une de l’autre. Pour tout le reste, les équipages seront pour ainsi dire livrés à eux-mêmes : impossible de rentrer sur Terre, en quelques heures, pour se faire soigner.
En ce sens, l’épisode Crew-11 est à la fois une bonne nouvelle et un rappel à la réalité. Certes, tout s’est bien passé durant cette évacuation, mais l’affaire souligne en creux que l’autonomie médicale totale reste un sacré défi pour l’exploration de l’espace profond. Y compris pour une destination aussi proche de la Terre que la Lune.
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